‹ Les Patriotes de 1837-1838Chapitre 43 sur 49 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

L'ŒUYEE DE LA EÉPAEATION

La voix publique demandait non-seulement qu'on amnistiât les patriotes, mais qu'on réparât en partie les pertes causées à la population par l'insm-rection. En 1843 et en 1845, sous le ministère Yiger-Draper on s'était occupé de cette question, et une commission avait été nommée pour faire rapport sur la nature et l'étendue des pertes, la justice des réclamations.

Ce rapport fait, M. Lafontaine prépara un projet qu'il proposa pendant l'orageuse session de 1849. Ce projet ministériel accordait £100,000 destinés au paiement des dommages causés par la destruction injuste, inutile ou malicieuse des habitations, édifices et propriétés des habitants et par la saisie, le vol ou l'enlèvement de leurs biens et effets.

Quoique les torys eussent approuvé la nomination de la commission, ils attaquèrent avec fureui- les propositions de M. Lafontaine. Le rapport de la commission était trop favorable aux patriotes, malgré les efforts faits poui* les priver autant que possible des avantages de la loi d'indemnité au profit des bureaucrates. D'ailleui's, c'était une excellente occasion do

soulever contre le nouveau ministère les flots du fanatisme.

La tempête éclata furieuse, menaçante ; le spectacle fut émouvant, dramatique.

On vit aux prises, dans la mêlée, les anciens bureaucrates et patriotes de 1837-1838, heureux enfin de se trouver face à face, poui' se demander compte réciproquement de leur conduite, et plaider la cause pour laquelle ils avaient combattu et souffert. C'était la lutte commencée sui- les champs de bataille de 1837- 1838, qui se terminait dans l'arène parlementaire par un combat moins dangereux mais aussi acharné !

Aux Canadiens-français qui ne voient dans les patriotes que des rebelles indignes d'estime et de sympathie, rappelons, poui' les faire rentrer en eux-mêmes, les témoignages rendus en leur faveur par des Anglais.

Le Dr Wolfred Nelson était là.

Quand il entendit hurler à ses oreilles les cris de traître et de rebelle, il se leva comme un lion en furie, et lança à ses adversaires, d'une voix tremblante de colère et d'émotion, l'apostrophe suivante :

" Je déclare à ceux qui nous appellent, moi et mes amis des traîtres, qu'ils en ont menti par la gorge et jd suis prêt à prendre ici ou ailleurs la responsabilité de ce que je dis. Mais, M. l'Orateur, si l'amoui* que je porte à mon pays, si l'attachement que j'ai pom- la couronne anglaise et notre glorieuse souveraine, constituent le crime de haute trahison, oh ! alors, vi-aiment je suis un rebelle. Mais je dis à ces messieurs en pleine figure que ce sont eux et leurs pareils qui font les révolutions, renversent les trônes, foulent aux pieds dans la poussière les couronnes et brisent les dynasties. Ce sont leui'S iniquités qui soulèvent les peuples et les jettent dans le désespoir. Je renonce volontiers à toute réclamation poui" les pertes considérables qu'on m'a si cruellement infligées, car j'espère, avec la grâce de la

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