‹ Les Patriotes de 1837-1838Chapitre 5 sur 49 · LES PEEMIEES COUPS DE FEU · texte numérisé non relu

LES PEEMIEES COUPS DE FEU

Le 22 novembre 1837, le capitaine Vincent de Longueuil faisait savoir à Bonaventui-e Yiger, qui demeurait à Boucherville, que des officiers de police accompagnés d'un détachement de cavalerie étaient passés sm* le chemin de Chambly.

Yiger se rendit en toute hâte chez le capitaine Vincent, où il trouva vingt à trente hommes armés.

Vincent lui raconta ce qui s'était passé. Voyez, dit-il, comme je suis couvert de boue ; si je ne m'étais pas caché dans un fossé, la troupe m'aurait arrêté.

S'adressant ensuite aux gens réunis dans sa maison, Vincent leur conseilla de se prépai'er à faire le coup de feu et à passer le reste de la nuit à fondre des balles.

A la pointe du jour, un homme arrive à toute bride,

et annonce que Demaray et Davignon avaient été ai'iêtés.

— Qu'y art-il à faire ? dit Vincent.

— Délivrer les prisonniers, dit Viger, et aller du côté du village attendi*e la troupe.

— Qui a un bon cheval ? dit Vincent.

— Moi, répondit Viger.

— Eh bien ! en avant ! arrangez les choses comme vous l'entendrez.

On c<e mit en marche, Viger en tête, recrutant tous ceux qu'on pouvait rencontrer sur la route.

Au village, Viger apprend qu'un détachement de réguliers était arrivé poui* prêter main forte à la cavalerie, et on lui dit que le village serait mis à feu et à sang si la lutte avait lieu là,

— Eh bien I retournons sur nos pas, dit Viger.

Ils se remirent en marche et s'arrêtèrent à deux ou trois milles de là, vis-à-vis de la ferme d'un nommé Jos. Ti'udeau. Ils entrèrent dans le champ, et résolui-ent d'attendi-e la troupe en cet endroit.

Viger disposa sa petite troupe de manière à produire le plus d'effet possible ; mais les préparatifs ne fm-ent pas longs, car un nuage de poussière et un bruit de voitui-e et de pas de chevaux apprii-ent que la cavalerie arrivait.

— Suivez-moi, dit Viger à ses hommes ! La cavalerie n'était qu'à quelques pas.

— Halte I cria-t-il en même temps à la troupe ; livi-eznous les prisonniers au nom du peuple.

— Attentionl dit Ermatinger enjui'aut, Go on ! make ready ! fire I

— Halte I reprend Viger, livi*ez-nous les prisonnière. Poui* toute réponse, la troupe tire sept ou huit coups

de fusil. Viger est atteint par deux balles ; l'une lui effleui-e la jambe, et l'autre lui coupe l'extrémité du petit doigt. Viger n'avait alors autoui' de lui qu'une

dizaine d'hommes ; il ordonne de tirer, et lui-même, ajustant celui qui était à la tête de la cavalerie, lui envoie une balle qui le frappe au genou.

Les chevaux effrayés par les coups de fusil se cabrent et s'emportent ; les bureaucrates sont convaincus qu'ils ont affaire à une centaine d'hommes déterminés. Viger profite de la confusion de l'ennemi. Debout sur la clôture, il parle, crie, commande comme si partout des hommes cachés attendaient ses ordres.

En avant 1 dit-il, mes braves ; à mort les Chouayens I Feu!

Plusieui's chevaux, atteints par les balles, partent au grand galop, toute la ti'oupe prend la fuite.

Viger saute de la clôture dans le chemin, se jette, l'épée à la main, sur les deux chevaux qui traînaient la voiture des prisonniers, et les frappe à coups redoublés ; l'un des chevaux tombe. Un vieil huissier canar dien accourt avec quelques hommes de la cavalerie et tii-e sur les prisonniers.

— Tu n'en tueras jamais d'autres, lui crie Yiger, en lui enfonçant dans la cuisse son épée qui passe à ti'avers le corps du cheval ; le cheval s'abat et tombe sur son cavalier. Pendant que le vieil huissier se tire péniblement de la mauvaise position où il se trouve, et parvient à se traîner jusque dans un four où il se cache, Yiger brise les fers qui attachaient les prisonniers, fait sortir ceux-ci de voitui-e, et les emmène chez Yincent, où l'on célébra avec enthousiasme le premier triomphe des patriotes sui* les bureaucrates.

LA BATAILLE DE SAIXT-DEOTS

Le 22 novembre 1837, vers dix heures du soir, le colonel Gore partait de Sorel, à la têt« de cinq compar gnies de fusilliers, d'un détachement de cavalerie avec une pièce de campagne, pour aller à Saint Charles joindi'e le colonel Witherall, disperser les patriotes et arrêter leui's chefs. Il avait avec lui le député-shérif, M. Juchereau-Duchesnay, porteur des mandats d'arrestation. Il était en marche depuis environ une demiheure, lorsque le lieutenant Weir arriva de Montréal par la voie de terre, avec une dépêche à l'adi-esse du capitaine Ci-ompton, commandant la garnison à Sorel.

Comme le capitaine Ci'ompton était parti avec le colonel Gore, le jeune lieutenant monta dans la calèche d'un nommé Lavallée et lui donna ordre de fouetter du côté de Saint-Denis. Aj-ant pris une autre route que celle suivie par les troupes, il les devança et arriva, vers dix heures du matin, à Saint-Denis, où il fut fort sui'pris de ne pas trouver ses gens. Arrêté par des patriotes, il fut conduit auprès du Dr Nelson, répondit froidement et avec répugnance aux questions qu'on lui posa, et confirma la nouvelle de l'an-ivée prochaine des troupes. Le Dr Nelson le mit sous la garde du Dr Kimber, ordonna qu'on eût poui' lui tous les égards possibles, et s'occupa des préparatifs de défense. Il mit son fils Horace et son élève Dansereau à fabriquer des balles, eut une longue conversation avec MM. Papineau et O'Callaghan, qui s'étaient réfugiés chez lui depuis plusieurs joui-s, et monta à cheval, le matin, vers six heures, pour faire une reconnaissance sur le chemin de Saint-Ours. Le temps était si sombre qu'il faillit tomber au milieu de l'avant-gai-de des troupes ; il revint au grand galop, ordonna de couper les ponts, afin

de retarder la marche de l'ennemi, et donna partout l'éveil.

Les cloches de l'église, sonnant à toute volée, appe* lèrent les patriotes au combat.

Ils accom-m-ent de partout, ces braves, la plupai't n'ayant poui* armes que des faulx, des foui'cbes ou des b lions ; troupe héroïque où l'on voyait le père avec ses fils, l'enfant à côté du vieillard. Spectacle toujom-s émouvant du paysan ti-ansformé par l'amour de la liberté en soldat, et se battant avec les instruments de son travail, sans s'occuper du nombre de ses ennemis et de la puissance de lem-s armes.

Parmi ces braves, il y en avait peut-être une centaine qui avaient des fusils, des fusils à pieiTe qui rataient souvent et ne portaient pas loin. Ceux-là se bai-ricadèrent, la plupart au deuxième étage d'une grosse maison en pierre appartenant à Mme Saint- Germain, et située sur le chemin du roi où les troupes devaient passer ; vingt-cinq à trente dans la distillerie du Dr Nelson, à quelques pas plus loin, et une dizaine dans un magasin. Ceux qui n'avaient pas de fusils se placèrent à l'abri des mui'S de l'église ; ils avaient oi-dre de se i-uer sur l'ennemi avec leui-s faulx et leui"8 fom-ches à la première occasion qui se présenterait.

Pendant ce temps-là, deux Canadiens-français, faits prisonniers par l'avant-garde des réguliers, apprenaient au colonel Gore qu'il ne passerait pas à Saint- Denis sans combattre. Le colonel anglais, vieux militaire décoré à Waterloo, ne pouvant croire à tant d'audace de la j^art de simples paysans, donna à peine le temps à ses troupes épuisées de se reposer ; il les harangua, les exhortant à prouver une fois de plus la valeur du soldat anglais, et les engageant à ne pas se laisser faire prisonniers, vu que les paysans no leur feraient aucun quartier ; et, les divisant en trois détachements, il leur donna l'ordre de marcher en avant.

L'une des colonnes se dirigea vers un bois situé à l'est du village, une autre prit le bord de la rivière, et la troisième, la principale, munie d'un canon, i-eçut l'ordi'e de continuer sa route par le chemin royal, et de faire le siège de la maison de Mme Saint-Germain.

Dans ce moment, se passait, à quelques arpents plus loin, un événement tragique et regrettable pour l'honneur des patriotes. Le lieutenant "Weir, que quatre hommes conduisaient en wagon au camp de Saint- Charles, apercevant de loin ses gens, crut qu'il pourrait les rejoindj-e ; il se jeta en bas de la voiture et essaya de s'échapper. Ses gardiens, excités par les coups de fusil qui commençaient à se faire entendre, se jetèrent sm- lui et le tuèrent à coups de sabre.

Il était alors entre neuf et dix heui-es du matin ; il faisait froid ; le temps était sombre, triste. " Un bon temps pour se battre," disaient les patriotes.

De quel côté partirent les premiers coups de fusil ? Il est difficile de le dire, les récits des témoins oculaires diffèrent.

Le Dr Nelson en enti-ant dans la maison de Mme Saint-Germain, apiès une l'econnaissance qu'il avait faite sur le chemin de Saint-Ours, dit aux patriotes : " Mes amis, je ne veux forcer personne à rester avec moi, mais j'espère que ceux qui resteront feront leui* devoir bravement. Je n'ai rien à me reprocher dans ma conduite politique, et je suis prêt à faire face à toutes les accusations qui seront légalement et justement portées contre moi, et si on me somrne de me remettre entre les mains des autorités, conformément à la loi et aux usages, je me rendrai ; mais je ne permettrai pas qu'on m'ariête comme un malfaiteur, qu'on me traite comme on vient de traiter Demaray et Davignon."

Il avait à peine fini de parler, qu'un boulet abattit deux Canadiens qui se trouvaient à côté de lui : " Vous

voyez, mes amis, s'écria le Dr Nelson, qu'il faut se battre ; soyez fermes, visez bien, ne vous exposez pas inutilement, et que tout coup porte."

Plusieui's témoins oculaires affirment que les premiers coups de fusil fui-ent tirés de la maison de Mme Saint-Germain et tuèrent deux soldats qui marchaient en avant comme éclaireoi-s ; d'autres assui*ent que le premier boulet ne tua personne. Une chose certaine, c'est qu'au commencement de la bataille, vm boulet do canon pénétra dans le deuxième étage de la maison de Mme Saint-Germain, passant à travers les patriotes qui y étaient massés, et couvrant de sang, de morceaux de chair et de cervelle les mm*s et les planchers de la maison, et même les vêtements et la figui-e des compagnons de ces trois malheureux. Une balle tuait en même temps un nommé Minet, qui s'était montré à l'une des fenêtres.

C'était le baptême de sang de l'insun-ection, baptême tragique et douloureux qui frappa d'abord de stupeui* les patriotes. A ce sentiment bien naturel succédèrent bientôt cependant la colère et l'excitation de la lutte.

Les soldats anglais, certains que la lutte serait l'affaire d'un moment, le temps de lancer une dizaine de boulets et une trentaine de coups de fusil, se battaient à découvert et s'avançaient avec une insouciance dédaigneuse.

Leurs habits rouges offii-aient aux balles des patriotes d'excellents points de mire qu'elles ne manquèrent pas ; de la distillerie et de la maison de Mme Saint-Germain, ils reçurent une grêle de balles qui les décima ; trois canonniers furent tués l'un après l'autre, la mèche à la main, avant d'avoir pu mettre le feu à l'amorce du canon.

La trouée faite dans le mui- de la maison s'élai-gia-

Bait, les pieiTes tombaient, la situation devenait dangereuse.

" Mes amis, dit Nelson, descendons, nous serons moins en danger." Ils descendirent ; les miu's épais du rez-de-chaussée leur faisaient un rempart impénétrable derrière lequel ils pui-ent se battre à l'aise. Nelson apercevant, vis-à-vis la maison de Mme Saint- Germain, des patriotes qui s'exposaient inutilement aux balles des soldats, envoya C.-O. Perrault, son aidede-camp, leui- dire de s'éloigner. Perrault partit aussitôt et reçut, en traversant le chemin, deux balles, dont l'une l'atteignit au talon et l'autre lui passa au travers des intestins. Nelson eut tort de choisir pour accomplir une mission aussi dangereuse, un homme de la valeur de Perrault.

A midi, les soldats auglais, jugeant à propos de se mettre à l'abri comme les patriotes, s'embusquaient derrière les clôtures, des piles de bois de corde et une grange.

Ainsi retranchés, à quelques pas de la maison de Mme Saint-Germain, ils continuèrent à tirer avec plus d'ardeur que jamais ; mais chaque fois qu'un habit rouge paraissait, il recevait une balle. L'habileté des patriotes et la précision de leui- tir déconcertaient les soldats.

Parmi ceux dont les balles faisaient le plus de ravages, citons les patriotes Laflèche, Bourdages, Page, le capitaine Blanchard, Dupont, père du présent député do Bagot, et Ali aire.

Le père Laflèche, un vieux chasseur, était dans la maison de Mme Saint-Germain ; quelques instants avant la bataille, il récita son chapelet ; lorsqu'il aperçut les troupes, il étendit le bras de leui* côté et leur cria à tue-tête : " Hue-donc I " En un clin-d'œil, une balle partait de son fusil et tuait l'un des deux éclaireui'8 envoyés en avant.

David Boui'dages, fils du célèbre patriote, et membre de l'ancienne Chambre d'assemblée, avait à côté de lui deux jeunes gens qui chargeaient des fusils et les lui passaient; il tirait, et presque chaque coup portait. Son sang-froid et sa bravoure étaient admirables. Après avoir tiré presque sans interruption pendant deux heui'es, ver° midi, il alluma tranquillement sa pipe, et recommença à tii'er en fumant.

M. Page est un riche marchand de Saint-Denis, connu de vingt lieues à la ronde. Lorsqu'il partit, le matin, pour le combat, sa femme eut l'idée de lui faire une cuirasse ; elle lui mit sur la poitrine une main de papier. M. Page doit à cette bonne idée l'avantage de vivre encoi*e. Dans la mêlée, une balle laboui-a en passant de gauche à droite la main de papier qu'il avait sur la poitrine et s'arrêta à la quatorzième feuille.

Le capitaine Blanchard, ancien voltigem* de De Salabeny, faisait charger des fusils comme Bourdages, et tirait. Un autre voltigem' couché dans un sillon, à quelques pas des soldats, leur envoyait des balles meui-trières.

Le capitaine Eoussford, un brave officier anglais, exprimait, un joui', dans un dîner public donné en son honneur par des citoyens de Saint-Hyacinthe, l'impression que l'habileté des patriotes avait faite sui' lui à Saint-Denis.

Il était à la tête des soldats retranchés derrière la grange de Mme Saint-Germain.

Ayant vu tomber un officier, l'un de ses amis, il voulut coiu'ii* à son secoiu's ; mais, comme il lui fallait s'exposer, il eut la bonne pensée de faire une expérience : il mit sa casquette à la pointe de son épée, et la présenta un instant en dehors de la grange ; quand il la retira, elle avait déjà une demi-douzaine de trous de balles.

^e colonel Gore enrageait de se voir arrêté par des

paysans, comme il les appelait ; il y avait quatre on cinq heures que la bataille dui*ait, ses troupes étaient décimées, ses munitions s'épuisaient, et cependant le feu des patriotes était toujours aussi vif, aussi sûr. Voulant en finir, il donna ordre au brave capitaine Markman de tourner la position des patriotes. C'était important; si l'attaque eût réussi, les patriotes se seraient trouvés cernés. Mais, pour exécuter ce mouvement, il fallait passer à la portée des fusils des Canadiens retranchés dans les maisons voisines.

Par trois fois, Markman et ses hommes s'élancèrent au pas de coui-se, par trois fois ils furent obligés de reculer ; ils tombaient drus comme mouches.

Ils allaient réussii-, dans une dernière tentative désespérée, lorsque le brave capitaine tomba, blessé sérieusement, à bas de son cheval; ses hommes le relevèrent et retraitèrent, l'emportant dans leurs bras. Ils avaient à peine rejoint leurs camarades derrière la grange et les piles de bois, qu'ils étaient attaqués avec fureur par de nouveaux combattants.

C'étaient les patriotes de Saint-Antoine, de Saint- Oui's et de Conti-ecœur qui arrivaient, au nombre de cent environ, au secoui-s de leurs frères de Saint-Denis. Ils avaient ti*aversé de Saint- Antoine à Saint-Denis en chantant. Les troupes les ayant aperçus, tirèrent sur eux avec fureur. Le passeur Roberge conduisait la principale embarcation, un bac, où s'étaient massés une vingtaine de patriotes. Un boulet de canon emporta un morceau de son bac et brisa l'aviron qu'il avait à la main. Roberge ne bougea pas : " Couchezvous," dit-il aux patriotes; et, debout, impassible, il continua à ramer comme si de rien n'était.

Encouragés par l'arrivée de ce renfort, les patriotes redoublèrent d'ardeur, et ceux qui n'avaient pas de fusils se jetèrent comme une trombe sur les habita rouges. Attaquées de tous côtés, épuisées par la faim.

les troupes lâchèrent pied et reprirent le chemin de Sorel, pom-suivies par les patriotes qui leui- enlevèrent lem- canon et trois ou quatre prisonniers, avec lesquels ils revinrent en triomphe à Saint-Denis, à travers ime population remplie d'enthousiasme. Ils avaient perdu, dans cette poui'suite, un brave, un jeune homme de dix-sept ans, François Lamoui-eux, de Saint-Ours, qui, dans son ardeur, s'était ti'op rapproché des troupes. Un soldat lui avait envoyé, en se retoui-nant, une balle dans la poitrine.

Il était tard, le soir du 23 novembre 1837, quand les braves de Saint-Denis se décidèrent à se séparer et à se reposer ; ils ne pouvaient se lasser de se raconter les incidents de la journée, et de se féliciter de la victoii-e qu'ils avaient remportée. La nouvelle que les patriotes avaient battu les troupes courut, comme une traînée de poudre en feu, des rives du Eichelieu à celles du Saint-Laui-ent, faisant jaillir partout des éclaii's de joie, des sentiments d'orgueil et d'espoir patriotiques. Après l'affaire du chemin de Chambly, la victoii-e de Saint-Denis, c'était d'un bon augm-e; l'in- BUiTCCtion ne pouvait mieux débuter.

Les vainquem-8 de Saint-Denis n'oublièrent pas, dans l'exaltation du triomphe, les braves qui avaient succombé dans la journée. Ils constatèrent que douze de leui-8 camarades avaient été tués ; voici leui-s noms :

Chs Saint-Grermain,

PieiTC Minet,

Jos. Dudevoir,

J.-B. Patenaude,

Eusèbe Phaneuf,

François Lamoureux, de Saint-Denis ;

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