R.-S.-M. BOUCHETTE
" WoLFRED Nelson, " B. DesRivières, " L.-H. Masson, " H.-A. Gauvin, " S. Marchessault,
" J.-H. GODDU, " B. ViGER."
Quelques jours après, le 28 juin, lord Dui-ham lançait
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une proclamation dans laquelle il disait que les signataires de la lettre plus haut mentionnée, s'étant reconnus coupables de haute trahison, et s'étant soumis à la volonté et au bon plaisir de Sa Majesté, il les exilait aux Bermudes pour y rester aussi longtemps qu'il plairait à Sa Majesté. Par la même proclamation, il était défendu à Louis-Joseph Papineau, Cyi'ille-Hector- Octave Côte, Edmund-Burke O'Callaghan, Edouard- Etiennne Eodier, Thomas-Storrow Brown, Ludger Duvernay, Etienne Chartier, ptre., Georges-Etienne Cartier, John Eyan, père, et John Eyan fils, Louis Perrault, Pien-e-Paul Demai*ay, Joseph-François d'Avignon et Louis Gauthier, alors absents du pays, d'}'revenir, sous peine d'être arrêtés et condamnés à mort pour haute trahison. Tous les autres prisonniers et tous ceux qui avaient pris part à l'insui-ection étaient amnistiés, à l'exception de Fi-anyois Jalbert, Jean- Baptiste Lussier, Louis Lussier, François Mignault, François Talbot, Amable Daunais, François Nicolas, Etienne Langlois, Gédéon Pinsonnault, Joseph Pinsonnault, et autre accusés d'avoir mis à mort le lieutenant Weir ot Josej)h Chai-trand.
Les signataii-es de la letti-e comprirent aloi-s la sagesse des conseils de M. Girouard, et protestèrent vainement contre la ruse et la condamnation illégale dont ils étaient victimes.
Ils reçurent ordi-e de se tenir prêts à paj-tir au premier jour, et eurent à peine le temps de dire adieu à leurs parents et amis.
Le 2 juillet, vers cinq heures de l'après-midi, ils étaient conduits sous bonne escorte à bord du Canada, qui les attendait au Pied-du-courant. Les fei*8 aux mains, ils passèrent, le cœur gros, mais le regard haut, à travers une foule silencieuse. Des larmes coulèrent de bien des yeux, et ceux même qui n'avaient pas de sympathie jiour les pauvi-es exilés ne pouvaient
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s'empêcher d'admirer leur bonne raine, leur contenance fière et digne.
C'étaient tous aussi des hommes fortement trempés, et dont les traits accusaient l'énergie et l'intelligence.
A Québec, on les embarqua à bord d'un bâtiment de guerre, la Vestale, et on mit à la voile du côté des Bermudes.
Triste voyage 1
Presque tous jeunes, à l'âge des nobles illusions, des sentiments énergiques qui rendent l'homme capable de tout, ils se voyaient jetés subitement dans l'isolement, réduits à l'inaction, loin de tout ce qu'ils airtaient. Ils avaient les yeux sans cesse tournés du côté de la patrie et chaque mouvement du navire qui les en éloignait les faisait tressaillir.
Ils furent bien traités, heureusement, durant la traversés ; lord Dui-ham avait fait mettre à bord, pour eux, toute espèces de provisions, les meilleurs vins. Le 24, après vingt jours de traversée, la Vestale enti-a dans le port d'Hamilton.
Il étaient arrivés au terme de leur voyage, au lieu de leur exil. Nelson et Gauvin eurent la liberté de choisir le logement qui leur conviendrait; les autres furent installés dans un hôtel.
On les laissa libres de sortir, de parcourir l'île, après leui' avoir fait promettre de ne pas chercher à s'évader ; on leur défendit de travailler, même de pratiquer comme médecins. Sans l'assistance qu'ils reçurent de leui-s parents et amis du Canada, ils auraient été obligés de mendier pour vivi'e.
Qu'allaient-ils faire? Comment allaient-ils passer leurs temps, chasser l'ennui ?
L'île où ils étaient ne leur ofiraii qu'un amusement, une distraction, la chasse. Aussi, s'en donnèrent-ils; le gibier ne subit jamais, dans ces parages, une guerre