‹ Les patriotes de 1837-1838 [microforme]Chapitre 32 sur 56 · LL PATRIOTES · texte numérisé non relu

LL PATRIOTES

le!” Je n’en suis pas certain. Je n’en ai aucun doute‘ là-desus, Lussier est arrivé avec un fusil, et a couché l'officier en joue; mais son fusil a fait fausse amorce, à trois différentes reprises. Lussier est entré avec son fusil; et pendant ce temps-là, un autre individu, que je ne connais pas, est venu avec un pistolet. Je suis alors parti, craignant qu'on me forçat à tirer, comme on l'avait déjà fait, J'avais refusé de le faire, en disant que j'avais toujours promis de ne jamais tremper mes mains dans le sang de mon frère ; et sur mon refus, quelqu'un avait dit: ‘S'il ne veut pas le faire, faisonslui-en autant.” Je crois que c’est Lussier qui a apporté le"pistolet, J'étais à demi morfossé, et tout hors de moimême. Je n'ai pas entendu le coup de pistolet. Quand je suis revenu à l'officier, Pratte frappait à grands coups; le sang ruisselait, J'ai reproché à Pratte sa barbarie. Quelqu'un m'a aidé à éloigner le corps de l'endroit où il était, Je l'ai pris à brassée, et Maillet m'a aidé, en le prenant par les jambes. Je n'ai pas vu le capitaine Jalbert frapper l'officier. Je l'ai vu un instant, sur les lieux, quand on criait :—‘ Rachevez-le | Rachevez-lo!”” Il n'avait pas alors son épée tirée. Je ne l'ai plus revu après. Je lui tournais le dos, quand il est arrivé, et je ne puis pas dire ce qui s’est passé, Lorsque je suis revenu, le capitaine Jalbert n’y était plus. Il n’est arrivé qu'après qu’on eût crié: ‘ Rachevez-e | Rachevez-le! ”’ Je nie puis pas dire ce qu'il fit après mon départ. ”

Dans le cours du procès, des altercations fréquentes eurent lieu entre les avocats de la défense, M. Mondelet surtout, et les représentants de la Couronne. Les juges Pyke et Gale ne paraissaient pas eux-mêmes à l’abri des passions que ce procès soulevait. Les plaidoiries des défendeurs u4 prisonnier furent habiles et éloguentes. Elles peuvent se résumer dans les deux propositions qui suivent,

Il n’y a pas de preuve que Jalbert ait contribué à la mort du défunt; l’eût-il fait, ce n’est pas un procès pour meurtre qu'on devrait lui faire, mais pour hautetrahison ; car la mort du lieutenant Weir est un fait politique, un incident regrettable d’une insurruction, l'acte d'un gouvernement de facto, et la faute, s’il y a faute,est celle de tout un peuple.

Nous croyons donner une idée de l’éloquent plaidoyer de M. Mondelet, en reproduisant le passage suivant:

‘“ L'acte dont le prisonnier est accusé est tel, que s’il eut été commis dans des circonstances ordinaires, il y aurait de quoi frémir; mais il est facile de voir de suite que cet acte n’est autre chose qu’un malheureux incident d’un drame encore plus malheureux, que des causes imprévues et extraordinaires ont amené.

“ Je dis que le drame malheureux qui a été joué en 1837, a été amené... il a été accéléré, messieurs, après avoir été produit par la conduite du gouvernement même. Ilest connu de vous tous que le gouvernement impérial n'ayant tenté rien de moins que de mettre la main sur nos deniers, sans le consentement de la législature de ce pays, des assemblées nombreuses furent tenues dans différentes parties de la province, dans l’été de 1837. Des résolutions énergiques furent adoptées ; et il fut, entre autres choses, déterminé que l’on détruirait par la non-consommation, un revenu que le gouvernement avait la prétention inconstitu. tionnelle et injuste de s'approprier sans notre consentement, L'assemblée des Six Comtés eut enfin lieu, à Saint-Charles, en octobre 1837, et là aussi, on adopta des résolutions aussi énergiques que les circonstances l’exigeaient, Dans la supposition où l’on y aurait fait quelque chose de répréhensible, aux yeux des lois (ce que je n’admets point, me bornant à le supposer, pour donner plus de latitude au gouvernement), dans ce cas-

là, l’on aurait pu, tout au plus, arrêter, pour menées séditieuses, ceux que l’on aurait accusés de ces offenses imaginaires; mais jamais l’on eût dû lancer des warrants de haute-trahison par la raison toute simple qu'aucun overt-act, aucun acte ouvert de haute-trahison n'avait alors été commis. Cependant le gouvernement d’alors eut le malheur de bien d’autres gouvernements ; celui d’être entouré d’ignorants, de méchants et de coquins, qui savaient ou devaient savoir qu'aucun acte de haute-trahison n'avait été commis à cette époque. Ces hommes ignorants et méchants, ces coquins osèrent aviser le gouvernement d'émettre des warrants de haute-trahison, contre le Dr Wolfred Nelson et autres hommes marquants, qui n'avaient rien fait qui constituêc l’offense bien définie de haute-trahison. Le Dr Wolfred Nelson et ses amis, informés qu'il existait des gens assez ignorants au assez méchants pour pcrvertir ainsi la loi, pressentirent bien naturellement qu'un gouvernement assez immoral pour en agir ainsi, le serait assez pour trouver les moyens de les faire condamner et de les faire exécuter. Ils décidèrent donc bien naturellement qu'il valait mieux pour eux périr honorablement dans la tranchée, que de servir, sur l’échafaud, de victimes d’expiation, à la vengeance des coquins qui entouraient et conseillaient le gouvernement. Ils préférèrent les chances du combat à la certitude d’une mort sur l’échafaud, qui, bien qu’elle n’eût pas été déshonorante, n’eu était pas moins à éviter. Ils résistèrent, C’est donc le gouvernement qui a causé et accéléré l'insurrection de 1837. C’est sur le gouverrement, et sur le gouvernement seul, qu’en doit retomber la responsabilité.

‘“ I] est certain qu’à cette époque, les esprits étaient tellement excicités, et la €" ’mination d’opposer la force à la force, tellement enracinée parmi les habitants de cette section de la rivière Chambly, ou se

trouve Saint-Denis, que l'autorité du gouvernement était méconnue etrejetée. Les officiers publics avaient été remplacés par ceux que s'était choisis le peuple, et aucun des officiers du gouvernement n'était assez imprudent pour tenter d'agir; il ne l'eût pu. L’autorité du peuple était la seule que l’on reconnût, et à laquelle l’on obéit ; et il y avait assurément, dans cette partie de la province, un gouvernement de facto, c'està-dire une aurorité de fait, et celle qu’exerçait le peuple par ses chefs. Que cette autorité fût ou ne fût pas légitime, qu’elle fût usurpatrice, ou ne le fût pas, elle n’en existait pas moins, le gouverz:ement ne s'étant fait connaître ensuite que par l’envoi du député-shérif; et des troupes, qu'on regardait comme venant porter le fer et le feu dans les campagnes, pressentiments que la suite a bien justifiés. Ceux, par conséquent, qui prirent part aux troubles de 1837, étaient conduits par la force et l’influence irrésistible d’une autorité qui était le peuple même. Il est certain, messieurs, que les lois, en Europe, reconnaissent une telle chose qu’un gouvernement de facto; aussi a-ton vu des actes du gouvernement impérial (sous Henri VII) excuser et exonérer de haute-trahison ceux qui avaient obéi à un gouvernement de facto, usurpé, qui avait précédemment établi son autorité ; autorité qui était irrésistible. Le gouvernement qui, dans ce pays, a été la cause première de ces malheurs de 1837, devrait être le dernier à vouloir atteindre du glaive sanglant ceux entre les mains desquels il l’a mis lui-même.

“ Le prisonnier, dont il est temps de vous parler, se trouva, par sa situation distinguée dans sa localité, placé de manière à ne pouvoir se soustraire, l’eût-il même voulu, à l'effet de cette force supérieure qui, dès lors, menait dans une seule direction les masses et les esprits. Le courage élevé aui lui fit tirer le glaive en 1813, pour voler aux frontières, et y défendre ce gou-

vernement qui, en 1837, ne le protégeait plus, ce même courage élevé le décida à tirer l'épée contre un pouvoir qu'il regardait conciencieusement comme oppresseur et spoliateur. Quelle que soit l'opinion de certaines personnes sur ce qu’elles considèrent comme une erreur, elles doivent au mois apprécier les motifs, et respecter le courage du brave capt. Jalbert,.

“ Vous le voyez, messieurs ; il est devant vous. Portez vos regards sur ces traits vénérables, et dites-moi si ce calme admirable qu’ils peignent, n’est pas la vive expression de ce qui se passa dans cette âme tranquille et dans la conscience sans reproche de l’homme vertueux : la douceur l’humanité et la bienveillance sont les traits caractéristiques de cette figure admirablement tranquille.

“ Le prisonnier, messieurs, ne tient guère à la vie; sa carrière a été honorable, et celui qui a eu le courage de passer, sans fléchir, à travers les balles et les boulets, né craint guère la mort. Il m'a chargé de vous déclarer, de sa part, qu'il est innocent ; et moi, je vous répète avec confiance que je le crois innocent. S'il m'eût avoué qu’il était l’auteur du crime atroce dont on l’accuse, je ne vous le dirais pas, comme de raison ; mais comme il a toujours protesté de son innocence, je vous en fais la déclaration intime. Ilm’a souvent assuré, et je le crois, car c’est un homme d'honneur, que si, dans un moment d'erreur ou d’excitation, il eût trempé ses mains dans le sang de l’infortuné lieutenant Weir, il nous l’aurait déjà avoué, et n'aurait jamais fait rejaillir sur d’autres l'accusation d’un crime qu’il aurait eu le courage d’expier.

‘ Messieurs les jurés, notre respectable client, le prisonnier à la barre, est accusé d’avoir, le 23 novembre 1837, commis un meurtre, en mettant à mort le lieutenant Georges Weir, du 32e régiment de Sa Majesté. C'était, comme on vous l’a prouvé, le jour où les trou-

pes en sont venues aux mains avec les habitants de Saint-Denis et de quelques autres paroisses, et qu’elles ont été repoussées dans cette lutte. La mort de M. Weir a eu lieu dans un moment où l’excitaion, le désespoir et l’indignation étaient à leur comble dans Saint-Denis ; les troupes entraient dans le bas du village, le tocsin sonnait, l’on criait et l’on volait aux armes de tous côtés ; les pères, les mères, les frères, les sœurs, voyaient en imagination ce que la réalité devait leur montrer quelques jours après : le fer et le feu portés dans leurs paisibles habitations. Si l’on joint à cela que le bruit courait dans le village que l’infortuné Weir avait été fait prisonnier, qu’il était un espion porteur de dépéches pour faire marcher les troupes de Chambly sur Saint-Denis, qui aurait, par ce moyen, été investi en tous sens, et la crainte que dut causer la nouvelle que cet officier avait réussi à s'échapper, l’on aura encore qu'une faible idée de l’état dans lequel se trouvait la population, dont la terreur devait s’accroître âu bruit de la mousqueterie, qui se faisait déjà entendre dans le bas du village!!! Les atrocités qui ont été commises sur le corps dn lieutenant Weir (mais auxquelles, Dieu merci, le prisonnier est étranger) n’ont pu avoir lieu que dans un moment comme celui-là, Jamais, non jamais des Canadiens dont la douceur, l'humanité et l'hospitalité sont passées en proverbe, ne s’en seraient souillés sous d’autres circonstances.

“ Avant le malheureux moment où cet infortuné jeune homme tenta de s'échapper, après avoir donné sa parole d'honneur qu’il n’en ferait rien, les soins les plus continus lui avaient été prodigués; on l'avait traité comme un gentilhomme, et, s’il se fût conformé aux avis du brave Dr Nelson, aussi bienfaisant que courageux, il n'aurait pas essayé à s'enfuir ; sa vie, par conséquent aurait été conservée. Voyez Maillet luimême, un de ceux qui l'ont tué; Maillet, depuis la

maison du Dr Nelson jusque chez M. Bourdages, a bien traité l'officier. Cette fatale catastrophe n’est donc due qu’à la tentative de fuite de l’infortuné lieutenant Weir. Dieu me garde de la justifier dans les excès qui l’ont accompagnée ! mais il est clair qu’elle a été le résultat inévitable de l'excitation excessive du . moment, ”

La preuve de la défense terminée, le solliciteur général Ogden se lève et demande, dans un réquisitoire violent, que le prisonnier soit condamné. Son plaidoyer est une diatribe emportée contre tous ceux qui ont pris part à l'insurrection de 1837, contre M. Papineau surtout, qu’il prend plaisir à appeler le traitre, le lâche, l’archi-traître.

Le juge Pyke commence à une heure et quart, vendredi, 6 septembre, sa charge aux jurés, et la termine à une heure et trente-cinq minutes. Ilse montre impartial et admet que les contradictions des témoignages sont de nature à inspirer des doutes sur la culpabilité de l'accusé.

Les jurés se retirent pour délibérer. La Cour leur ayant fait demander vers c‘uq heures où ils en sont rendus dans leurs délibérations, ils répondent ‘qu'ils ne s'accordent pas du tout.”

Laissons l’auteur du compte-rendu que nous avons déjà cité, raconter la fin de ce procès:

“Samedi, 7 septembre 1839.—3+ h. p.m.

“ Le jury est appelé par ordre de la Cour, et déclare une deuxième fois qu'il ne peut s’accorder, Un d’entre eux, M. Edwin Atwater, expose à la Cour qu'il se sent malade, et que sa vie serait en danger, s’il restait plus longtemps sans prendre de nourriture. La pâleur livide qui couvre son visage suffit pour attester la vérité de son assertion, qui, d’ailleurs, est soutenue par ses confrères jurés. La Cour accède à la demande de M. At-

water, et élève la question de savoir s’il doit être accordé quelque chose aux autres jurés. Le prisonnier n'ayant pas d’objection, la Cour déclare aux jurés qu'ils auront de la nourriture, mais à leurc propres frais. Un d’entre eux, M. Courville, remarque avec beaucoup de justesse, qu'ils ne sont pas munis d'argent, et que l'impossibilité où ils se trouvent de communiquer avec leurs familles pour pouvoir s’en procurer, les empêche de se rendre à cette condition, d’ailleurs un peu dure. M. le juge Rolland demande au prisonhier s’il a quelque objection à ce que les jurés soient pourvus de nourriture aux dépens du public.

“Le prisonnier répond d’abord qu'il s'oppose à ce qu'ils soient nourris aux dépens du public; mais, aprés s'être consulté avec son conseil, il déclare qu’il ne comprenait pas la question, et qu'il y accède maintenant. Monsieur le procureur général se charge de veiller à ce que les jurés soient pourvus de nourriture, et la Cour leur accorde, dès à présent, un repas, avec liberté d'en avoir un tous les jours, à midi, jusqu’à la fin du terme; mais elle leur interdit l’usage de toute liqueur forte, et restreint leur breuvage à la bière, au café et au thé; après quoi, le jury rentre de nouveau en délibération.

“ Lundi, 9 septembre 1839.—9% h. a.m.

“Les jurés rentrent et l’un d’entre eux, (M. Edwin Atwater) déclare qu’ils sont dix contre deux: dix pour acquitter le prisonnier à la barre, et deux pour le trouver coupable du dernier chef d'accusation, c'est-àdire d’avoir été présent sur les lieux, quand le meurtre a été commis. M. Atwater ayant fini de parler, M. Paschal Lemieux se lève et dit tout haut: ‘ Ma foi, il y a tant de contradictions dans tout ça, qu’on ne sait plus où on en est...”

“ La Cour lui impose silence, et renvoie le juryen délibération.

“ Mardi, 10 septembre 1839.—3.20 h. p.m.

‘ Le jury rentre de nouveau et déclare qu'il en est

rendu au même point qu'auparavant; puis la Cour est &

ajournée à onze heures et demie, cette nuit. Un des jurés (M. Maybell) dit en sortant de la boîte : ‘Nous serons aussi avancés à onze heures et demie qu’à présent.

“ Mardi soir.—11# h. p.m.

“ Présents : — l’hon. juge Rolland et l'hon. juge Gale.

‘“ Monsieur le procureur-général est suffoqué par les vapeurs bachiques. C’est à peine s’il s'aperçoit qu’il est dans une cour de justice, à une heure aussi avancée de la nuit. |

‘“ Le jury ayant répondu encore une fois qu'il ne peut s’accorder, M. Walker se lève et demande la mise en liberté du prisonnier à la barre; à quoi, la Cour et le procureur général opposent un prompt refus.

“ La presse est excessive, et les hurlements qui 8e font entendre contre les dix jurés qui sont pour l’élargissement du prisonnier, contre les avocats et contre le prisonnier lui-même, annoncent d'avance l'orage qui va bientôt crever. En vain, M. le juge Rolland essaie à calmer, pour quelques minutes, la rage des insensés, en leur observant que chacun d’eux doit savoir que sa Souveraine est représentée sur le siège, et qu'ils doivent se conduire en conséquence. La voix de la justice est muette pour eux et les murmures les plus menagçants, les expressions de moquerie les plus grossières se font entendre contre le tribunal même.

“ Minuit sonnant, et le jury n'ayant eu que jusqu’à cette heure pour compléter ses délibérations, M. le juge Rolland se lève, déclare que le jury est congédié,

eb descend immédiatement du tribunal, accompagne de M. le juge Gale. Ils ont à peine mis le pied hors de l'appartement, qu'il s'élève le tumulte le plus affreux dans l’assemblée.

“ Les cannes se lèvent, les bâtons se croisent, et les dix jurés qui étaient pour l'élargissement sont impitoyablement battus, avant de pouvoir s'échapper de leurs loges. Cinq d’entre eux, MM. Paschal Lemieux, Edwin Atwater, Simon Lacombe, Elie Desève et Jean Cadotte, reçoivent de graves blessures, tant à la tête qu'ailleurs. Les connétables et les officiers de police viennent de l'avant pour mettre les jurés à l'abri de violences ultérieures, jusqu’à l’arrivée d’un détachement de Grenadiers-Gardes. TI n’y a pas jusqu'aux encriers mêmes que ces forcénés ne lancent par la tête des jurés.

‘“ On se dirige du côté de la barre et l’on éteint les lumières qui sont devant le prisonnier. Une grêle de coups menacent le malheureux sans défense; mais ils sont parés par le geôlier et son adjoint, qui, tous deux, le pistolet à la main, sont obligés de menacer d’une mort immédiate le premier qui osera lever la main sur lui.

“ Les jurés sortent enfin du Palais-de-Justice, sous la protection des Grenadiers-Gardes; et le capitaine Jalbert est escorté jusqu’à la prison par un parti du 7e Hussards. Une partie de l’assemblée est obligée de se retirer dans la chambre des juges, pour se mettre à l’abri du désordre et de la confusion. Les deux jurés, Maybell et Fraser, qui étaient porr la condampation du prévenu, sont reconduits chez eux, par leurs partisans, qui les portent en triomphe sur leurs épaules. La foule se-dispérse, et ainsi se termine (sans se terminer) ce procès où semblait se concentrer tant d’animosité de la part de cette population jadis si loyale, mais aujourd’hui, enfin, devenue révolutionnaire |...

‘“ On nous assure que le Doric Club avait été averti de se tenir sur pied, dans l'après-midi qui précéda cette émeute nocturne.”

Le capitaine Jalbert, remis en liberté, retourna à Saint-Denis où il vécut tranquillement, et mourut en 1854. Deux de ses enfants vivent encore: Mme Vincent, de Saint-Denis, et M. Victor Jalbert, de Berthier,

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