‹ Les pauvres d'esprit comedie en trois actes, en proseChapitre 10 sur 79 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

sieur Rousseau, un prétendu homme de lettres qui, depuis trois mois, vit en vrai touriste, passant du Béarn en Bourgogne... et de Bourgogne en Normandie...

HORTENSE

Oui, mais ‘comment passez-vous de Bourgogne en Norman- • die?, avec un crayon dans votre poche, pendant la route... et, à l’arrivée, un affreux petit buvard...

MON FORT

Oh! charmant au contraire!

HORTENSE

Quand je pense que c’est moi qui le lui ai donné, avec la garniture : le papier, les plumes et l’encre: . c’est-à-dire tout ce qu’il faut à Monsieur pour se tuer, et m’enlever mon mari !.. car il ne leur en faut pas d’avantage à ces messieurs!

HENRIETTE

C’est commode, au moins, une carrière où, sans plus d’attirail, on va à la postérité!

Tu trouves ça commode, toi? Oui! pour les paresseux qui, tout en lie faisant rien, peuvent se donner les airs de travailler beaucoup !.. Mais que c’est perfide et funeste pour ceux qui, ne voyant autour d’eux, ni table, ni livres, ne s’aperçoivent pas qu’ils ont la pensée toujours tendue... que toutes les heures y passent, et qu’ils se fatiguent à ce jeu !

MONFORT, souriant.

Voyons, docteur, ai-je l’air d’un homme bien fatigué?

DELAURE.

Non. Hortense ne sait pas que les forces de l’intelligence s’augmentent par l’activité même.

HORTENSE, résignée.

A merveille, mon père!

DELAURE, bas à Moufort.

Pardonnez à sa tendresse.

MONFORT

Lui pardonner!.. N’en suis-je pas profondément touché! (n*

se serrent la main.)

LFS PAUVRES D’ESPRIT.

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