MONFORT, PROSPER
PROSPER, un instant seul sur le devant de la scène.
Oserai -je parler à Moufort? (Tristement.) Bah! à quoi bon, maintenant?
MONFORT
Ah! y avait-il des siècles que nous ne nous étions vus, mon cher Prosper!
PROSPER
C’est vrai.
MONFORT, lui serraut la maiu.
Et que depuis longtemps j'aurais voulu me trouver réuni à loi, pour nous réjouir ensemble du nouveau lien que votre intimité avec la famille de tna femme venait de créer entre nous!
PROSPER
Cher ami!... mais je n’étais pas à Paris, lors de ton mariage.
MONFORT
Et, le lendemain, je partais pour les Pyrénées...
PROSPER
Près de la mère?
MONFORT
Oui... que sa santé y retient, depuis quelques mois... et d’où, même, j’espérais la voir revenir plus tôt!... Ensuite...
Tu as voyagé, je le sais...
MONFORT
Puis on m’a retenu deux grands mois en Bretagne.
PROSPER
D’où tu nous rapportes, sans doute, quelque nouveau succès, quelque important ouvrage?
MONFORT
Pas entièrement terminé.
’ PROSPER
Cinq actes?
MONFORT
Oui.
PROSPER
Bravo!... Tu disais que tu ne travaillais pas...
MON FORT
Pas assez!... Et, à ce propos ; j'ai envoyé mes quatre actes à mon copiste, qui doit te les adresser, ici, directement... aujourd’hui ou demain...
PROSPER
Sois tranquille!... je dirai qu’on ait soin de me les remettre aussitôt... (L’eutraînant sur le canapé à gauche.) Mais raContC-moi donc un peu comment s’est fait ce bienheureux mariage; car au milieu de ce monde de Dieppe, ou plutôt de Paris, c’est à peine si nous avons pu échanger, hier, quelques paroles!
En eflet!
PROSPER
C’est, je crois, aux Pyrénées?...
- MONFORT
Oui : madame Delaure était allée avec sa fdle y passer plusieurs mois, un peu par raison de santé,. un peu aussi pour y attendre le retour du baron, parti, par ordre du gouvernement, pour