ACTE II
MONFORT, Souriant.
Non! elle a le diadème et le sceptre... c’est Junon... Tu vois près d’elle le paon.
HORTENSE
Ah! oui, c’est juste!.. Et cette chaîne?
MOX FORT
Ah ! ceci est la partie morale... (C'est la chaîne qup lui fit porter Jupiter, pour lui apprendre à être moins jalouse! Avis d’un époux à sa femme!
HORTENSE
Oh! non, non, non, vous n’ètes pas Jupiter et je ne suis pas Junon!.. Md chaîne, à moi... (Lui prenant les bras qu’elle pose sur ses épaules.) La voici!
MONFORT, l’embrassant au front.
Dis-moi, chère amie : tout à l’heure, tu m’as paru un peu contrariée de ce que je ne dusse pas me joindre à vous, pour cette promenade?
HORTENSE
Oh! du tout!.. Je le regrette... sans doute...
Moins que moi!., mais...
HORTENSE, vivement.
Mais je suis raisonnable...
MONFORT
Tu as entendu Rosier?
HORTENSE
Oh! parfaitement!
MONFORT
Ah! tant mieux!.. Je craignais...
HORTENSE, revenant à son bijou comme pour quitter cette idée.
Non, non!.. Dieu que ce cachet est joli!., je m’en servirai aujourd’hui même : j’ai à écrire à ta sœur, qui m’a bien fait promettre de lui envoyer de mes nouvelles et des tiennes.
MONFORT
Tu as raison... Eh bien... écris-lui, maintenant... Tiens, voici là tout ce qu’il te faut... et de la magnifique cire rouge pour ' ton cachet : moi, je ne serai pas fâché de mettre au net, ( j ans
ma chambre, quelques notes que j’ai jetées ce matin... (h t»
pour se lever.)
HORTENSE, farrètaut doucement.
Me quitter?., tu auras bien le temps, tout à l’heure, quand nous serons partis.
MON FORT, un peu contrarié.
C’était pour te laisser écrire...
HORTENSE
J’écrirai plus tard... Demain.
MONFORT
A merveille!.. (Après un silence, mettant la main sur une brochure qui est sur le guéridon près duquel il est assis.) Tiens! la revue?
HORTENSE
C’est le numéro du mois dernier que mon père avait emporté avec lui.
MONFORT
Ah! oui!., c’est que Rosier devait prier son correspondant, ici, de m’adresser celui d’hier, quand il arriverait, et je pensais... (Le parcourant.) « De la Valachie du présent et de là Moldavie de l’avenir! » Comprends-tu?
HORTENSE
Hein!., non.
MONFORT
Ni moi... Ils ont volontiers de ces litres profonds!., ça fait bien!., ah! voilà des vers de de Musset (Souriant.) Cela fait mieux.
(il fait geste de lire.)
HORTENSE
Ah! plus tard! Tu nous les liras, ce soir!..
MONFORT, pose la brochure sur le guéridon, puis s’enfonce un peu plus i l’aise sur la causeuse.
Volontiers!.. Là!.. (Un silence.)
HORTENSE
Ah ! (Nouveau silence. Il lui prend la main qu’il approche de ses lèvres, puis regarde l’opale entourée de diamants qu’elle a au petit doigt.)
HORTENSE, souriant.
C’est ta bague.
MONFORT
Oui... c’est ma bague.,