ACTE
quitter le désastre... et son regard consolé semblait dire : c’est elle qui pouvait être brûlée!
MONFORT
Chère Hortense!...
HORTENSE
Et toi, maintenant, le trouves-tu, là, plus grand que Newton ?
Oui.
HORTENSE
Sens-tu, comme lui, mon Albert, que je pourrais briser, moi, ta femme, le plus légitime enfant de ton orgueil, et que ces yeux qui te regardent, trouveraient grâce aussi devant ta tendresse?
MONFORT
Oui. (il lai serre la main.)
HORTENSE
Oh ! je n’en ai pas envie, va!. .nulle plus que moi n’est ficrede tes œuvres; mais je t’en fais l’aveu... tout ce qu’il y a là(EUciui frappe doucement le front.) n’est rien encore pour moi, auprès de ce cœur qui est mon bien ; et parfois, (Lui touchant le front.) je tremble que ce beau seigneur riverain n’empiète sur mon domaine et n’y mette mon amour à l’étroit?.. Cet amour est si grand, voistu, il lui- faut beaucoup de place !..
MONFORT, pénétré.
Oh ! tu es un ange !.. et je t’aime, chère enfant, plus que tout au monde!., crois-le bien!.. *
HORTENSE, avec bonheur.
f Oh ! je le crois.
MONFORT
Prends garde !
MARIANNE , qui est entrée par le fond.
Madame la baronne fait demander à Madame, si elle peut la rejoindre en haut?
HORTENSE
J’y vais. (Marianne sort.) Au revoir. Ah ! que je suis heureuse! (s’oubliant.) Et, tout à l’heure, quelle bonne promenade! (vivement.) Oh ! non, non !.. j’oubliais...
MONFORT
Mais...
HORTENSE
Non, pardonne-moi... Où avais-je la tète?... Ouï, tu restes,
c’est COU VCI1U !.. Adieu !!! (Elle lui envoie un baiser et va pour sortir.)
MONFORT, d’un peu loin.
Hortense !... (Elle •’arrète.) et si je demandais à être des vôtres?..
HORTENSE
Vrai? / . — Non!., je ne dois pas...
MONFORT
Pour me punir? (Hortense sourit.) Eh bien ! oui, je le veux!., c’est décidé.
HORTENSE, revenant et lui sautant au cou.
Oh ! que je t’aime U! Adieu ! (Elle sort par la droite.)