ACTE T Tl
n’est-ce pas?... et tu ne te fais pas idée de ce qu’il y a de raison dans cette jolie petite tète.
HORTENSE, à Henriette.
Mais dis-lui donc: oui! vois, il ne respire plus !...
HENRIETTE, à Prosper.
Oui, Monsieur.
PROSPER, dans le pins grand trouble.
O Mademoiselle ! (a Hortense.) O Madame !... (A Rousseau.) O mon père ! (U se jette dans ses bras.)
ROUSSEAU
O mon fils, (aux autres.) Voilà, j’espère un homme heureux !.. et qui m’étouffe!... Mais que diable est-ce que tu m’agites là sous le nez?
PROSPER
Ah! feignez donc de ne pas reconnaître mon manuscrit brfilé !..
HENRIETTE, vivement.
Votre manuscrit est brûlé?
ROUSSEAU, le prenant gaiement.
Ton manuscrit est brûlé?
HENRIETTE
O quel malheur!
ROUSSEAU
Ohl c’est charmant!
HENRIETTE
Par exemple!
ROUSSEAU, lisant.
Lorenzo !
HENRI ETTE
Lorenzo?
ROUSSEAU
Voilà donc ce chef-d’œuvre !
HENRIETTE
C’est Lorenzo qui était de vous?
PROSPER
Oui, Mademoiselle, et je sais avec quelle indulgence!
HORTENSE
Aïe! aïe!
LES PAUVRES D’ESPRIT
HENRIETTE
Ah! pardon!... je croyais que c’était l’autre!
PROSPF.R.
Quoi !
HENRIETTE
Oh ! mais, ça m’est égal !
PROSPER
Comment, Monfort vous avait laissé croire?...
MONFORT, s'excusant.
Que c’était le mien...
PROSPER
Ah ! je disais aussi ! eh bien , ça me fait plaisir ! ça prouve qu’elle a bon goût !
HENRIETTE, à Hortense.
Il n’a pas d’amour-propre !
HORTENSE
Il n’a que de l’amour!., c’est tout profit!
Eh bien! tiens, franchement, je crois ta pièce beaucoup mieux comme cela.
PROSPER, riant.
Vous trouvez la coupure bonne? le fait est que ce qui est brûlé, n’est pas sifflé!., (a Hortense.) Mais vous, Mademoiselle, vous dites, sans trop de regret, adieu à vos rêves de poésies?
HENRIETTE, baissant les yeux.
Mais je ne crois pas leur dire adieu. (Regardant Hortense et d’un ton pénétré.) Au contraire ! !
PROSPER, bas à Rousseau.
Hein, mon père?
ROU SSEAU.
J’en raffole!...
DU LAURE, prenant la main d'Henriette.
Et tu as raison, chère enfant ; car c’est un jeu puéril et dangereux de prendre la forme pour le fond, et de voir toute la poésie dans les muses : certes, ce sont de fort belles dames, et l’on ne saurait trop bénir les douces joies qu’elles nous causent! mais elles ne sont que les nobles échos de cette poésie