‹ Les pauvres d'esprit; comédie en trois actes, en proseChapitre 24 sur 80 · MADAME DEL AURE · texte numérisé non relu

MADAME DEL AURE

Ce que j'avais dû te dire ; mais ton oncle a parlé de son côté, et il n'y avait plus lieu de lui en faire un mystère.

HENRIETTE

Ah! M. Prosper savait à déjeuner?... Eh bien! ça ne lui a pas coupé l'appétit I

MADAME DELAURE.

Faut-il qu'il se tue d'inanition?

HENRIETTE

... Ni l'enjouement; car Dieu sait si, là, dans le pavillon, il était, à l'instant, enjoué et folâtre !

MADAME DELAURE.

... Convenable, et rien de plus ! Il faut être juste, pourtant : M. Prosper, cinq ou six fois plus riche que toi, fait demander ta main : il ne te convient pas, c'est très-bien ; et il se retire. — Maintenant, tu es chez son père, et il ne veut pas que son hospitalité soit troublée par ses allures maussades et tristes : c'est là, non pas peut-être l'attitude d'un héros de roman, mais celle d'un homme du monde... d'un homme d'esprit et de bon goût, qui n'en a pas moins, pour cela, un cœur... tout comme un autre !

HENRIETTE

C'est possible, ma tante; mais...

MADAME DELAURE.

Mais on dirait que tu en as du dépit? . .

HENRIETTE, vivement.

Moi? du dépit... pour M. Prosper Rousseau? Ah! vous me connaissez bien peu... Ohl non! non! non!

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