‹ Les pauvres d'esprit; comédie en trois actes, en proseChapitre 25 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

J'aurais pu avoir quelque regret de le voir chagrin ; tandis que ceci me laisse sans le moindre remords.

MADAME DELAURE.

C'est ce que je me disais : tout est pour le mieux I

HENRIETTE

Parfaitement 1

MADAME DELAURE.

Parfaitement!... (Avec finesse, regardant sa broderie.) Ce Sera gentil

ce dessin.

HENRIETTE, distraite.

Hein! quoi?

MADAME DELAURE.

Ce vert et cet or... *

HENRIETTE

Oui... ce vert... et cet or...

MADAME DELAURE.

Non, c'est du bleu!

HENRIETTE

Oui, c'est du bleu!

MADAME DELAURE, après ravoir embrassée au front, s'éloisnant, à part.

Elle a beau dire... elle est dépitée... (Madame Delaure va prendre un livre sur le guéridon de gauche.)

HENRIETTE, à part.

Comme j'avais raison de me méfier!.. Du bon goût... des convenances!... est-ce qu'il aurait eu tout cela, s'il m'avait aimée!.. Mais je ne suis surprise que d'une chose : c'est qu'au milieu de ses paperasses... et de ses contrats, il m'ait seulement fait l'honneur de penser à moi... Cinq ou six fois moins riche que lui, dit-on!.. — Il est vrai qu'il n'a pas été long à se consoler de son insuccès... — Ah! que cette broderie m'agace!.. (Haut.) Ma tante!.. (Hortense entre et va s'asseoir près de la ch:n)i-

née.) J'aimerais mieux, maintenant, étudier mon piano : est-ce que vous me permettriez de monter, pour cela, dans ma chambre ?

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