SCENE III
Les mêmes, MONFORT, puis DELAURE.
MONFORT
Eh bien! mesdames, vous vous êtes réfugiées dans ce salon?
MADAME DELAURE.
Oui.
42 LF.S PAUVRES D'ESPRIT.
MONFORT
[| y a longtemps que nous ne fumons plus.
MADAME DELACEE.
Oli! ce n'est pas là ce qui nous a chassées.
MON FOR T
Tu craignais, Hortense, l'air un peu vif de la plage?
HORTENSE, cherchant à se remettre.
Oui; il m'a semblé, en effet, que le vent s'élevait un peu.
MONFORT
Ma foi, je trouve cela bien bon! Et que c'est beau! je resterais lii, des journées entières!... (souriant.) si je n'avais peur d'y devenir idiot.
DELACRE.
Comment?
M ON FORT
Parlez donc... écrivez donc, devant ce grand livre vert!. ..je trouve qu'un tel spectacle écrase et humilie!
D E L A U R E , avec finesse.
Prenez garde, mon fils: ceci pourrait bien être un cri de notre orgueil... qu'écrase en effet cette masse splendide! (souriant.i Mais je ne me sons pas, pour cola, humilié le moins du monde! —Qu'est-elle, après tout, cette mor?... Un grand monstre enchaîné, qui couvre les trois quarts du globe, et ne peut avancer les bras, de deux mètres, hors du lit; qui se laisse agacer les flancs par une coquille de noix, et traverser de long en large par le moindre pécheur, avec ses quelques aunes de toile rapiécée!... Allez, allez, poëte, laissez chanter votre âme!... Si son grand livre vert ramène voire esprit à un sentiment plus humble de ses œuvres, vous avez (n lui touche le cœur.) là... un livre, bien plus immense encore, où Dieu a mis son dernier mot: « Aimer!... » et elle a beau gronder là-bas..., quand vous et moi, mon ami, regardons votre femme, nous sommes bien réellomont los rois de la création!... (n embrasse sa ûUc.)