ACTE DEUXIÈME
Nous avons la calèche de mon père, et je viens précisément de ne procurer un phaéton de renfort.
DELAURE.
A merveille!
PROSPER, allant à Monfort avec un rouleau de papier, à mi-voix.
Mon ami, voici le manuscrit que tu attendais.
MONFORT
Merci...
HENRIETTE, qui a suivi le mouvement, à part.
Il lui remet un rouleau de papier : on dirait un manuscrit...
MONFORT, bas.
Quand me donneras-tu le tien?
PROSPER
Tantôt. (Abordant Henriette, que sa tante vient de rejoindre, et tirant de sa
)oche un petit volume.) Mademoiselle, vous regrettiez, ce matin, de le pas avoir ce petit Guide des environs de Dieppe. Voulez-vous lie permettre de vous l'offrir?
HENRIETTE
Olî ! merci, monsieur. (EUe le prend.)
H 0 R T E N s E , avec intention.
L'attention est aimable, et nous sera utile.
MADAME DELAURE, à Delaure.
Viens! (Ils sortent.)
HORTENSE, à Prosper, pendant qu'Henriette a abordé son cousin auquel elle parle bas.
Je ne sais pas si votre drame est bon, mais je crois qu'il fait iéjà de l'effet.
PROSPER
Mon drame? (Ils remontent à la cheminée.)
HENRIETTE, à Monfort , sur le devant h gauche.
Ah! c'est cet ouvrage de lui dont parlait ce libraire?
MONFORT, à part.
Eh! mais... (Haut.) Oui... voyez! (U lul remet le rouleau.) HENRIETTE, lisant l'adresse.
« A M. Prosper Rousseau, à Dieppe. » (a part.) Plus de doute !
MONFORT, à part.
11 y a dans ma pièce un cœur tendre et dévoué dont on dédaigne l'amour; si ça pouvait plaider en sa faveur!
HORTENSE, au fond à Prosper.
Vous l'aimez donc beaucoup?
PROSPER
Oh ! madame !
HORTEXSE, bas.
ChutI Oui, oui! ça se voit!
HENRIETTE, à part.
Je ne suis pas curieuse, mais...
MONFORT , à Henriette.
Il m'a demandé mon avis ; voulez-vous lire son drame, la première?
Oh! je crois bien!
MONFORT
Emportez-le, alors; mais c'est entre nousl
HENRIETTE
Ohl oui, merci !
MONFORT, à pari.
Elle a du i^oùt; et je suis curieux de voir ce qu'elle pensera de mon œuvre.
HORTENSE
Henriette, tu remontes?
HENRIETTE, vivement, cachant le rouleau do papier.
Oui , oui.