SCENE II
ROUSSEAU, DELAURE.
ROUSSEAU
Que je te sais gré d'être venu, mon cher Delaure!
DEL AURE
Pouvais-tu douter de mon empressement à jouir avec toi de ces quelques jours de repos, que je prends, non sans remords... surtout, pour mes pauvres malades du Parvis-Notre-Dame... (car l'Hôtel-Dieu, mon ami, c'est la clientèle sacrée!...) mais j'ai pu laisser, là-bas, un de mes confrères, très-capable de me suppléer. — Quant à l'Académie, et à quelques commissions auxquelles le ministre m'a fait l'honneur de m'adjoindre...
ROUSSEAU
Je le crois bien!
4 LliS PAUVRES D'ESPRIT.
DELAURE.
Avec quelques rapports que j'enverrai d'ici, cela s'arrangera.
ROUSSEAU
Comment trouves-tu du temps pour tout ce que tu fais?
DELAURE.
En dormant peu, et en organisant mes heures, comme faisaient les hommes supérieurs qui ont été mes maîtres.
Et que tu as, depuis, laissés loin derrière toi.
DKLAURE, souriant en lui serrant la main.
Devant, tu veux dire!...
ROUSSEAU
Et modeste, par-dessus le miirché!... Laisse-nous, au moins, ces qualiîcs-làl Tu me diras que nous n'y aurions pas grand mérite! — mais, à propos de mérite, je n'ai fait, hier au soir, qu'entrevoir ton gendre, une heure à peine! il m'a paru fort bien.
DELAURE.
N'est-ce pas? Ton fils l'avait perdu du vue...
ROUSSEAU
Sans doute; la poésie et le notariat...
DELAURE.
Albert nous disait qu'ils avaient été assez liés, au collège Henri IV.
ROUSSE A U
Oui, oui; et alors, Prospor était un lauréat... un fort!... ton gendre l'a, depuis, rattrapé !... Tudieu ! j'ai lu son dernier ouvrage...
DE LAURE
... Oui t'a plu, n'est-ce pas? Oh! c'est un esprit très-distingué !