‹ Les pauvres de Paris [microforme]Chapitre 15 sur 28 · A\DR · texte numérisé non relu

A\DR

Bicor ANDR:

B1aor.

ANDRI

Bicor. ANCRI Braor, ANDRÉ

ARTHUR. Bon, alors j'vas aller comme le vent. (Il sort.)

Bicor.

ANDR

Brcor.

ANDRÉ

Bicor,

ANDRÉ

A\DRÉ.

Bicor.

ANDRÉ

Biaor.

ANDRÉ

Bicor.

ANCRÉ

Braor, ANDRÉ.

(Entrant avec un morceau de tapisserie, une règle et des ciseaux, puis chantonnant.) Oh! bel ange, ma Lucie” (are rétant et tousscnt) diable, diable, mon baryton est dérangé ce matin,

(Aegardant Bigot tuiller son papier.) Vas-tu finir bientôt, Bigot?

(Le regardant) De chanter!

Eh!non ton ouvrage!

Ça avance, ça avance, Mr, André, mais tout doucement (Re-

* chantant.) ”Oh! bel ange, ma Lucie” ({l tousse) sapristi

j'ai pris du froid, c’est gûr … mon timbre se gâte.

(Allant à une table et y trouvant un journal.) Le fait est, mon pauvre Bigo:, que tu ne ferais pas merveille à l'opéra. .………. Tiens (érouvant le journal.) mais à qui appartient ce Journal!

C’est à moi Mr, André ...….. c’est le journal du patron... j'le lui pince quand il l’a-lu .… v'là comme je m'abonne MOI ... Ça Ne ruine pas.

Lisaut.) Mercredi dernier, une magnifique représentation a eu lieu,au grand opéra,

Ah! oui j'y ai été.

Diantre .….. (Lisant) hier, à l'opéra comique . Ah! pristi, c'était beau, j'y étais.

Aussi ..….... (Lisant) Demain à la comédie française, pour la rentrée si vivement attendue de Mademoiselle (Vivement) J'y serai pour sûr.

(Jetant, sur lu table, le journal) Ah! ça, tu vois donc tout, toi? Mais, ah! ça, vous ne voyez donc rien, vous!

Ma foi, ruon cher garçon, je t'avourai franchement que mes meYens ne me permettent pas des plaisirs aussi coû. teux .…... et j'ignore vraiment, comment tu peux y suffire!

B1aor.

ANDRÉ

. Biaor.

ANDRÉ

Biaor.

ANDRÉ

Biaor.

ANDRÉ

Btaor,

ANDRÉ

Braor.

Mon Dieu, je loue une loge am poulailler, c'est pas plus mal composé qu'ailleurs …

(Souriant) Soit, mais moi, par rapport à ma position, je ne le puis pas.

J'dis pas l'çontraire, Mr. André, mais moi, avec ma position, dans les beaux arts, j'me permets ça. Des fois encore» j'achôte une contre-marque ..….. et les jours de première .…..., j'me glisse au parterre … en amateur des arts, quand c'est beau, j'aplaudis.

Oui, mais quand c'est mauvais.

Quand c'est mauvais, j'aplaudis encore faut pas décourager personne. A

Tu es un gaillard fort heureux toi

Laissez-moi done tranquille ..... j'aimerais bien mieux être à votre place .... si vous ne vous amusez pas, C'est que vous ne le voulez pas … est-ce que Je vous crois. (//va poser son papier dans une autre chambre et revient aussitôt.) Quel heureux caractère que ce Bigot! Toujours content, de ce qu’il a, toujours gai, toujours le mot pour rire, aucun soucis: du moins en apparence. Héla:! que ne suis-je comme lui, un ouvrier, je serais peut-être plus heureux, ou plutôt moins malheureux.

(Entrant) Dans une petite heure, Mr. André, votre chambre sera prête (montrant un tableau à terre.) où faudra-t-il racrocher le portrait de votre papa Mr. André?

Ici, mais avant, tu ne ferais pas mal de lui donner r coup de plumeau.

N'craignez rien, Mr. André … la propreté, c’est mon fort, à preuve que tous les matins, j'vous débarbouille mon Bigot à l’eau chaude s’il vous plait et j'vous le lâche que quand il est propre comme an sou. Bien, j'vois la maman, si son Bigot n'était pas propre. (7{ sort.)

ANDRÉ

ANDRÉ

ni UD

SOENX xx.

ANDRÉ, puis BIGOT.

(Avec découragement.) Quelle vie que la mienne! constament obligé de cacher au monde ma profonde misère … subir à tout moment l’humiliation ...... encore hier, mon chef de bureau me fesait observer que ma redingote ne convenait pas à ma position — paraître content de mon sort et le maudire au fond de mon cœur, voilà ma vie depuis que j'ai perdu ma bonne mère … Je n'ai pas le sou, et il me faut, dix 'ouis, que je dois à mon propriétaire, sans quof, demaï., mon pauvre mère, ma bonne sœur et mon frère seront sans abri, et mui … peut-être à Clichy Après trois longues années de travail, en être réduit encore à vendre, pièce par pièce, notre pauvre mobilier ..…. notre maigre garde-robe, pour satisfaire à nos besoins les plus pressants ma pauvre sœur, obligée de sacrifier, les uns après les autres, tous les souvenirs précieux, laissés par no. tre bonne et sainte mère (avec beaucoup d'émotion.) Oh! Mère bien aimée, du haut du ciel où tu es maintenanf, veilles sur tes enfants malheureux … demandes à Dieu et obtiens nous une somme de courage égale à nos misères … et si c’est possible, un peu de bunheur pour ma sœur et mon frère ...... fut-ce même au dépens du mien ..….. Pauvre Antoinette ..... le Mont-de-piété ..…., voilà sa grande ressource dans les moments difficiles et Dieu sait s'ils sont nombreux, Dans ce moment, elle est allée y déposer quel-

ques reliques avec le produit des quels, elle masquera notre PLANT misère à Roquefeuil, qui doit déjeuner avec nous ce matin

allons, courage . la Providence vicndra peut-être. A1 à notre secours .… mais que fait done Arthur, il tarde bien PLANT

à rentrer.

Biaor. (Æntrant avec le portrait.) Là, v'à l'portrait du papa, est-

ce propre un peu, hein! où l’acrocher Mr. André! AN ANDRÉ. Ici, Bigot. PLANT Bicor. Là, ça y est … Tout de même, y vous ressemble beaucoup c'portrait là, s'il avait pas c’te grosse moustache, ça pourait Br être votre portrait à vous.

Axpré. Tous me disent celà ..... pauvre père! Biaor, Si vous n’avez plus besoin de moi, Mr. André, j'vas aller embrasser la maman. AN Axpné. Merci:Bigot, je n’ai besoin de rien. PLANT Piaor. (Va pour sortir et dans la coulisse) Mr. André Bernier, AN c’est ici. (Bigot rerient sur ses pas, suivi de À lanterose.) PLANT RL "TT Bic SCENE III. de PLANTE ANDRE, BIGOT, PLANTEROSE. AN PLanrenose. Vous êtes Monsieur André Bernier! Brc ANDRÉ. Oui Monsieur.

PLanTenosE. (Lui tendant une lettre) Un Monsieur m'a prié de vous remettre cette lettre. (à part) Cet homme me fait la charité presque tous les jours. (Pendant cet aparte, André ouvre la lettre et Planterose appercevant le portrait s'écrie.) Ah! mon Dieu … (avec agitation.) Monsieur ... quel est ce por- AN

trait?

AnDné. (Avee surprise) C’est … celui de mon pauvre père.

PLANTEROSE. (Comme se parlant à lui-même.) Son père en effet ……

(à André) Vous vous uppelez, André Bernier!

ANDRÉ. Je vous l'ai déjà dit, Monsieur.

PLANTEROSE. (Co.ïme se parlant à lui-même.) Bernier! Oui, c'est bien ce nom là ..... ot ,ce jeune homme, a les traite, le 1.:gard de l’autre.

ANDRÉ. Auriez -vous connu mon père, Monsieur!

PLanrerose. Non ..….. non... au premier abord ..……. on croit comme ça.

Bicor. Eh! bien, alors, vieux radoteur, or n'pousse pas des hélas! à faire trembler les gens à lui-même) il m'a flanqué une

peur ,..... qu'est-ce que vous attendez encore! qu'on vous donne? … ANDRÉ. Ah! oui, j'oubliais (fouillant sen gousset,) PLANTEROSE. Je ne veux men.

ANDRÉ, (Comment?

PLANTEL.OSE (Rega dant toujours le portrait.) Rien … rien … vous dis-je.

BiGor. Diable, il paraît qu'on est grand Seigneur aujourd’hui! ANDRÉ. (Lui tendant une petite pièce d'argent.) Me direz-vous … PLANTEROSE. (Sortant très vite par le fond.) Son fils … c'est son fils. ANDRÉ. Arrêtez, Monsieur, arrêtez (à Bigot.) Suis le et découvre où il demeure, Braor. (Courant après lui) Pour sûr, il est fon. (J1 sort.)

Page 1