‹ Les pauvres de Paris [microforme]Chapitre 2 sur 28 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

VILLEBKRUN. PLANTEROSE.

({ Planterose entre en fumant une cigarette, à la vue de Villebrun, il regarde sur le bureau.) PLANTEROS£. (Jettant sa cigarette) Monsieur Villebrun m'a fait demander! VILLEBRUN. | S’ assr yant ) Oui... ne savez-vous donc pas que c’est fête aujourd'hui .... pour les bureaux? ...….. vous ne m'avez pas habitué, il me semble .… à pareille assiduité! PLanTerosk, Mon Dieu, Monsieur, n’y at-il pas commencement à tout! VizLeBruN. C'estvrai .... mais remettez à demain votre s-bite et étrange conversion... PLANTEROSE. Demain ...….. mot ambitieux! … qui donc, Monsieur, est sûr du lendemain ......

* VizLeBruN. Monsieur Planterose, je ne .uis pas ennemi de la philosophie *. mais j'en fais peu de cas .….... chez mes commis! ..…... PLANTEROSE. C’est peut-être un tort Monsieur; chez tout subalterne,la philosophie sert à faire oublier l'injustice ou l’ingratitude du supérieur.

VizceBrux. Ce que je déteste aussi, Monsieur,c’est la paresse et la débauche ...... je passe sur les défauts..…...je châtie les vices vous ne faites plus partie de mon comptoir.

PrANTEROSE. Pardon ...……. je n'ai pas très bien enten:lu.

ViLLEBRuN. Sortez Monsieur ...….. sortez!

PLANTEROSE. Sortir... et pourquoi? je comprends que l'on renvoie les gens d’une maison où l’on reste, mais à quoi bon les chasser d’une inaison d’où l'on s’én va?

ViLLeBruN. | Troublé. \Je ne vous comprends pas …

PLANTEROSE Alors, je vais vous mettre les points sur les I... {Il prend'un

siège, le pose devant lui, tout en restant debout. ) Dans les affaires, il y a deux moyens de s'enrichir, l’un pénible, lent, plein de fatigues et de veilles, celui là, se nomme le travail .. ennuyeuse chose peut-être .. je ne vous contrarirai pas ..….. je suis

un petit peu de votre avis :..

Mines, Monsieur! .....

’LANTEROSE, Laissez moi finir ...... l’autre facile, rapide, ne demandant qu’une conscience large etde l'audace ,..... on se masque avec la morale ...... on attire la confiance ......et l’on fuit un beau matin, avec les plumes des oiseaux crédules qni sont venus sa prendre à la glue de votre crédit,

ILLEBRUN. Assez ......

LANTÉORSE.(S’asseyant.) La route est dangéreuse, elle cotoie la cour d’assise, longe le bayne! .….... elle se nomme la banqueroute .…... l’habilité, c’est d'atteindre le chemin de traverse, celui de la faillite ..…. les créanciers en ont la clef ..... et l'offrent à qui la veut, pour la promesse d'un dividende ...... étendez-vous .. voici le lit du ‘concordat ..….. dressé par le commerce ...... il y à des millions sous l'oreiller!

QVILLEBRUN. Vous oseriez suppose:!

MPIANTEROSE. Je ne suppose Jamais... je suis sûr ...... où je me tais ...... de-

| puis plus de deux ans, vous dissimulez vos bénéfices et vous gros-

sissez vos pertes, c'est une question de partie donb le! ...... dans

.… à vous le portefeuille ......... à vos créanciers la caisse ...…. | n'est-ce pas ainsi Monsieur, qne vous comptez opérer? ! VILLEBRUN. ( Se levant ) Infamie!

PLAXTEROSE. (‘est justement ce mot là que je cherchais.…....vous l'avez trouvé! ..... allons, assez ccmme celà ...... tenez ce matin, vous avez signé votre bilan, et ...... ce soir, vous attendez des che-

| vaux de poste.

RS

. Joseph (Æn dehors. | Par ici, Monsieur. par ici ,

ViILLEBRUX.( À Planterose, en voyant Joëegh introduisant Bernier.)Taisez- VOUS 6.

PLsNTEROSE. Ne craignez rien, je suis un honnête garçon

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