‹ Les pauvres de Paris [microforme]Chapitre 20 sur 28 · BONE VIII · texte numérisé non relu

BONE VIII

PLANTEROSE, Le Dr. DUPRÉ, BIGOT.

Dr. Durré. (Æntrant) n'est-ce pas ici que demeure M1. Bernier?

PLANTEROSE

Dr. Durré.

. Oui Docteur. Veuillez entrer. Vous venez, sans doute, voir votre petit malade, (A part) j'ai déjà rencontré cette tigure autrefois.

Comment Tenfant a-t-il supporté le trajet!

PLANTEROSE. Comme peu d'hommes l’eussent fuit, Pas une seule plainte

Dr. Durré.

PLANTE o6E.

Dr. Durré.

PLANTEROSE.

D. Durré.

* PLANTEROSE.

Dr. Durré.

PLANTEROSE,

Dr. Durné.

PLANTEROSE

Dr. Dupré.

PLANTEROSE, :Zrès vite) C’est Ceiu, 1U6 des

Dr. Durxé,

ne s’est échappée de sa bouche.

Bien. Veuillez me conduire près de lui.

Docteur, permettez-moi avant, de vous poser une ou deux

questions.

Volontiers.

Demeurez vous à Paris, docteur!

Non Monsieur, je demeure à Bordeaux.

Êtes-vous à Bordeaux depuis longtemps!

J'y suis né et ne l'ai jamais quitté, que pour quelques jours,

de temps à autre,

Et à Bordeaux, vous demeuriez?

Rue d’Entfer.

- (4 lui-méme) Rue d'Enier.…, rue d'Enier….. ce n’est pas celà (Au docteur) .1 y à quinze à seize ans d riez-vous dans cette même rue?

Non, je demeuras dans ia rue des Augustins. No. 14.

octeur, demeu-

Augusuius. Vous 1appeiez vous d.cteur, il y a de celà pits de quinze ans, d'avoir été appelé, jar un Lixquie, du 1um de Villebiuu, jcur dunner VOS sO1DS à un homme, qui venait d'être fappé dans ses bureaux, d'un coup de sang.

Lhéfiéc hissart, En eflet, je me appelle...

. Où plutôt vous

r, DUPRI LANTEBR OS

r, DUPR

SAME Li

m'en faites rappeler... car, je vous remets maintenant, quoi. que vous soyez changé depuis cette époque — vors étiez près du malade à mon arrivée et vous m'avez a: -ai porter secours — mais le pauvre malheureux, en revenant à la vie avait perdu la raison, LANTEROSE, C’est celà même Docteur — votre mémoire est excellente, et j'en suis bieu heureux, J'étais alors, l’un des commis de Villebrun. Au moment où il préparait sa fuite, j'avais deviné son projet. Pendant que nous conversions sur ce sujet, j] se présenta un marin, qui arrivait des Antilles et qui lui confia une somme de 250 milles francs, Villebrun prit la somme, je rédigai le reçu, il le signa et le remit cu Capitaine, Celui-ci parti, Villebrun acheta mon silence trente mille francs et comme un misérable, je me fis son complice, Une heure après, le Capitaine revint chez Villebrun et redemanda son dépôt, il avait appris, qu'il y avait des doutes sur la solvabilité du banquier — celui-ci refusa de remettre, avant le lendemain, la somme déposée entre ses mains - le Capitaine entra dans une furieuse colère et soudain, tomba à la renverse privé de connaissance. On vous envoya quérir—- Vous savez le reste.

r, Durré. Misérable!

LANTBROSE. Oui Monsieur, vous avez raison, c'était un célérat et je fus

moi-même, assez canaille, pour devenir son complice, en consentant à vendre mon silence, et...

r. Dupré. Et lepuis, avez-vous, du moins, essayé de racheter votre faute?

LANTEROSE. Docteur, cette cor fession, À défaut d'autres mérites, vous

prouve que je suis franc et sincère. Je perdis Viliebrun de vue — avec le prix de mon infâmie, je devins de plus en plus canaille — heureusement pour moi, Dieu m'a pris en

pitié et je désire, ou plutôt, je veux redevenir honnête

di di

homme, Je démasquerai ce célérut et dussè-je payer mo fau- à te de ma vie, je la sacrifirai volontiers. ds Dr. Durné. Et le mobile qui vous fait agir, en ce moment! Pranrenose, N'est autre que de réparer ma faute, car il en est, encore Dr. Du temps. J'ai découvert not.e victime d'il y à quinze ans. Ce Pan pauvre Capitaine Bernier est toujours fou, je l'ai ‘vu et lui ai parlé — mais il me semble qu'il est encore possible de tenter avec chance de succ s, un eflort pour lui rendre la raison. Dans tous les cas, lui et sa famille sont dans le dénue- Dr Du ent et Villebrun est millionnaire — et ce qu'il y a de pire, c’est qu’ils sont encore poursuivis par ce misérable, qui vient han) de menacer de la prison, l’ainé de la famille, parcequ'il ne

PEUL payer le prix de quelques mois de loyer, qu’il lui doit.

Dr. Durné, Vous êtes un brave cœur, Mr. Planterose, ce que vous vou-

lez faire est d’un honnête homme. Mais votre témoignage

seu}, je le ç ‘ains, ne sera pas suffisant pour faire condamner ce Villebrun.

PLANTERUSE. Aussi, ai-je autre

BrGo

chose. Lorsque ce Capitaine perdit connaissance, il tenait à la main le reçu de Villebrun qu'il

échappa — je le ramassai et le mit dans ma poche. Comme

: vous le voyez, j'ai une preuve écrite. Ajoutez à celà, mon témoignage, le vôtre, et

Dr. Durré. Et celui de son domestique Joseph, qu’il me laissa en quittant Bordeaux, et qui depuis, est redevenu honnête homme. PLAXTEROSE, Vous le voyez docteur, le ciel semble vous avoir jetté sur

ma route, tout exprès pour m'aider à racheter; mon pass:

et pourme donner les moyens de confondre l’infâme.

(Anenant le dorteur, en face ‘du portruit.) Regardez ce

portrait docteur, c'est la victime de Villebrun, c’est le por-

trait du Capitaine Panier. L'enfint que vous venez de se- Courir, est son fils... nous Sommes ici, au milieu de cette

malheureuse famille, Dans cette ch

PLANTER

ambre le pauvre fou, et

ici ce pauvre petit malheureux... ,

107. (Æntrant vite et appercevant tout-à-coup, Planterose et le docteur) Pardon Messieurs. Je ne savais pas docteur que vous fussiez ici. |

Dr, DuPRÉ, J'arrive à l'instant et j'allais prier Monsieur de m'annoncer.

PLANTEROSE, (À Hiyut) Veuillez conduire Monsieur aupres du petit malade, et revenez s’1i vous plait, (uw docteur) Je vius attendre votre retour, J'ai a vous entretenir encore quelques ins-

| tants.

Dr. Durré. C'est bien, (à Siyot.) Veuiiiez me conduiie (Higot et le ducteur pure:

PLANTENOSE, (A luv-menve, 11 ne faut inettre ce 11got dans mes projets» c'est UN garçon d'éspriv, Li pourra peut-être m'etre utle. Le dithicuie seru peut-eure d'ubieuir sa Contiance, (44 rejiéct.)

B1GOT. (féeguraunt Franeruse uu cou ue l'oeil, et à tur-méme) Ce brave homimne doit m'en Vouioir gros, il s'agit de ne pas se laisser pincer, Hem .... hem.

'LANTEROSE, (Héélève ua téte lentement et appercevant Bigot, il se dirige sur vu.) Monsieur Bigot, VUuUs uiluez, Je Crois la tamiile Bernie: de, wut Voure cœur,

Bicor. L'est-a-uiié que Je ne lëuis hacher pour Mr. André, sa Sœur EL Euur Gé pauvié VIEUX.

LANTEROSE. Laus ce Gus, \uus ue vous 1eriez nullement tirer l'oreille pour iui rendre "Lu service 1mportant, s1 l'occasion s’en présentait,

Bicor. Si l’occasion se présente, je vous jure que je la saisirai assez bien qu’elle ne m'échappera pas, si peu de cheveux qu’elle

ait.

PLANTEROSE. Bien, mon garçon, je vous ai jugé léger, taquin, mais au fond bon cœur et Je vois que je ne me suis pas trompé. Mon cher Bigot, je vais vous fournir l’occasion que vous désirez,

Biaor.

C’est bien, mais... là... franchement ..., la main sur la conscience ..., vous ne me gardez pas un peu rancune pour mes bêtises de l’autre jour? ;

PLANTEROSE, (Souriant) Pas le moins du monde, mon garçon, et si vous

Braor.

PLANTEROSE.

3IGOT, PLANTEROSE,

Picor.

PLANTEROSE.

Bicor.

PLANTEROSE.

Prcor.

le voulez, nous allons conclure une paix, qui durera tant que vous voudrez mais à une condition.

Voyons dabord la condition.

Elle est bien simple. Le Docteur Dupré et moi, nous allons entreprendre de faire rendre gorge à un misérable, qui est l’auteur de tous les maux de la famille Bernier. Il s’agit pour vous de nous seconder, quand nous aurons besoin de vos services.

C’est là tout.

C'est-à-dire que vous n’interviendrez dans l’affure que lorsque le Docteur vous invitera à le faire, ou moi-même, Et l'affaire est sérieuse, et présente des dangers? Très sérieuse, mais elle ne préseute de dangers, que pour moi seulement. Si je succombais à la peine alors, si vous la poursuivez, vous courierez des dangers, mais seulement alors. Et tout celà pour rendre service à la famille Bernier? (Lui présentant lu main) Topez là, vous êtes la pcrle des homme. Done, c’est bien entendu -je vous demande pardon pour mes bêtises de l’autie jour ev de votre côté, vous n’y penserez plus - et alors je suis à vous et au docteur, de la tête aux pieds, le jour et la nuit.

C'est donc une affaire conclue. A nous trois nous réuésirons, c’est sûr. Quand il en sera temps, le docteur vous dira ce que vous avez à faire, Ou, à son défaut, je vous écrirai un mot pour votre gouverne. Vous savez lire l'écriture, puisque vous êtes peintre d’enseignes.

Peintre d’enseigne et dans mes moments de loisir, peintre d'histoire, s’il vous plait.

IGOT,

REG | do

NTEROSE, (Souriant) Le naturel revient au galop, prenez y garde.

Bot. Je n’y puis rien, j'ai beau le chasser par la porte, le gaillard revient toujours par la fenêtre,

Durré. (Entrant) Tout va bien, avec un peu de repos, le petit gaillard va s’en tirer à merveille.

NTENOSE. Docteuw, nuiutenunt s1 1ien ne s'y oppose, je vous amène chez moi, on je vais chez vous — j'ai besoin d’un consëil.

Duré. Dans ce cus, ailons chez moi,

MBROSE, Bigot, u’uubliez pus mes recommendations.

Bicor. Soyez sans inquiiude, vous serez content de Bigot.

NTEROSE. Au revoir,

Bicor. Au revoir. (Planterose et le Docteur sortent reconduits par Bigot.)

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