‹ Les pauvres de Paris [microforme]Chapitre 27 sur 28 · JOUBERT · texte numérisé non relu

JOUBERT

ter mes hommages à Mademoiselle Alida et lui recommander .

le soin de nos pauvres, car, vous le savez, elle a bien voulu 5 me mettre pour moitié dans ses bonnes œuvres,

VILLEBRUN, Avec le plus grand plaisir.

JouBERT. Au revoir Monsieur.

VILLEBRUN. À ce soir Monsieur. (Joubert sort.)

SOERNE LIT.

VILLEBRUN, PLANTEROSE, (mis comme lorsqu'il était commis chez Villcbrun, à Bordeaux. )

Vit LEBRUN. Enfin ...…... je ‘rais savoir à quoi m’en tenir sur les projets

de cette canaille là. {Sonnant Pierre — qui entre aussitôt.) Apportez les bouteilles et les verres, et dites à Mr. Plante-

LANTER

VILLEBE

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ILLEBRU

NTEROSE,

ILLEBRU

NTEROSE.

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rose que je l’attends, (F/eyr apporte les bouteilles et les verres, er Sort.) Il faut jouer serré: car ce gaeux là n’est pas bête .… (Ælanterose entrant) Je vous attendois Monsieur,

(Lui indiquant un siège.) Veuillez vous asseoir.

LANTEROSE, (S'asseyant) J'espère Monsieur Villebrun que notre entretion sera de courte durée, Vous avez dû, je suppose, depuis notre dernière entrevuc, prendre une détermination sur le but de ma visite,

VILLEBRUN. Certainement Monsieur; entrons donc de suite en matière. Vous m'avez dit que vous aviez en main, certain papier compromettant pour moi — j'y crois très peu — mais tout de même — je suis prêt, prenant en considération nus relations passées, à vous venir en aide, car si je ne me trompe pas, c'est là, le but de votre visite.

LANTEROSE. Monsieur Vill:brun, une fois pour toutes, je ne viens pas ici pour moi. Je suis venu avec l'intention de racheter mon passé et vous engager à rendre compte aux enfants de lui...

VILLEBRUN. Pardon Monsieur Planterose, Vous le savez comme moi, 81 Je suis coupable, vous êtes de moitit dans le crime, conséquemment, {out comme moi, votre intérêt exige que nous nous entendions.

LANTEROSE, Je ne demande pas mieux que de nous entendre, mais ma résolution est inéhranlable; j'exige que la somme volée à ce malheureux capitaine Bernier, soit remise à ses enfants, avec les intérêts accrus depuis l’époque du crime.

ILLEBRUN. Ah! Ah! Et les papiers compromettants pour moi, que vous dites avoir en mains, sont ....….

\TEROSE. Votre propre reçu de la somme qui vous a été remise, et

mon témoignage par dessus le marché.

LEBRUN. Soit, tuais vous ne pouvez faire valoir cette preuve qu’en

vous perdant vous-même,

NTEROSE. Cette considération ne m’arrêtera pas Monsieur, et dussè-

je périr avec vous, ie vous dénoncerai à la justice tout de même, Vins ViLLEBRUN. Laissez moi croire, monsieur Planterose, que vous êtes plus habile que celà — mais tenez en affaire, il n'y a rien de tel PLANTE pour en venir à une bonne conclusion à l'amiable, que de commencer par prendre un petit verre; Veuillez vous ser- ARE vir monsieur Planterose, {Z{ lui passe la bc‘teille dont le contenu est empoisonné et se sert à lui-même, du rvontenu de l'autre.) Si j'ai bonne mémoire, vous aviez autrefois un faible pour ce bon liquide.

PLANTEROSE, (Zepoussant la bouteille.) Pardonnez-moi Monsieur ...……. PLANTE ViLLBBRUN. ({nsistant) Allons donc, allez vous, vous faire prier maintenant.

PLANTRROSE. (Prenant la bouteille) De l’eau-de-vie. VILLE Vizcesrun. Et de la bonne, croyez n'en. LANTER PLanTERosE. Oh! je n’en doute pas, mais je préfère le vin; pour commencer, l’eau-de-vie après. (/{ se verse un verre du contenu VILLE de la bouteille dont Villebrun s'est servi.) LANTEIR VILLEBRUN. À votre santé, PLanrerose. Et à notre entente. (77 prend peu du rontenu de sun verre.) À M VizLeBrUN. Je disais donc, que vous étiez trop habile pour vous per- LANDE dre tout en me perdant. Sans vous offenser, je crois que Vire euR vos affaires, depuis notre séparation, n’ont pas toujours été LANTERC très prospères. Voyons, j'ai «ne proposition à vous faire, qui je l'espère, vous agréera. Un voyage en Amérique, ET hs ‘ vous plairait-il? On dit ce pays très charmant. Supposons Men qu’en échange de ce reçu que vous dites posséder, je vous fasse une pension de 900 francs par mois — avec celà, vous pourrez vivre comme un prince — mais vous ne prenez rien, n’aimeriez-vous p lus le vin, par hasard?

PianTERvse. Pardon Monsieur, mais votre proposition a tant de charmes, que ma foi, j'en oubli le boire. :Z7 boit d’un trait le reste du

contenu di SON Verre,

VILLEBRUN. (A part) 1] va accepter, (Haut) Je disais donc, 500 francs par NiOIS .,....

\NTENOSE, Pardon Monsieur, vous vous trompez, vous avez dit: 1000 francs {à part) Cnnaille,

VULESRUN, Vous avez peut-être raison, Eh! bien, soit, je disdonc, avec 1000 francs par mois, vous pourrez vous amuser suivant vos gouts et voyager tant qn'il vous plaira. Pourvu que ce né soit pas en Eu:ovpe, vous pourrez aller où vous voudrez, en Chine même si la chose vous est agréable,

PLANTEROSE, Très bien, mais qui me garantira que cette pension, car c’est une pension que vous me faites là, me sera fidèlement servie!

VILLEUNREN. Mais l'intérêt que je vous porte est suffisant, et

INTEHOSE, Pardonnez …..si cela vous parait suffisant, il n'en est pas de même pour moi, je refuse.

LUILLEBRUN, Allons done, vous n'êtes pas sérieux, Mr. Planterose. LANTEROSE, Parfaitement sérieux, Monsieur Villebrun — je préfère ue somme ronde. une fofs pour toute.

ViLLusnux, Et vous exisez!

LANTEROSE, Je n’exige rien — fixez vous-même le montant. Vi EuRUN, Voyons …. Cinquaute mille francs vous iraient-ils? LANTEROS!;, Non.

ViLLgenusx. Nou!.….. bien, disons soixante et quinze anille francs LANTE 198E, Pas d'avantage VILLEBAUN, Diabl , vous êtes ex'geant, Voyons, prenons encore un verre poussant la bouteille dont (e content est em} otsoNn6 à Plitnterose qui s'en sert] et disons, que nous Concluons à

cent mille francs, mais vous allez me remettre le re ‘u et > + de , ] + ] } - ,

vous partirez Ge suite. (Pendant ce t, mps Planterose s'est sOyEt du contenu de la bouteille empoisonnée et nn ser"!

sut une autre table.

AE | pr

PLanrerosk. Vous disiez que ….….

VILLBBRUN, Je disais que je vous remettais cent mille francs et... \ PLanTenoss, Pardonnez encore, vous avez dit cent cinquante mille francs, VILLEBRUN, Allons donc, mais vous êtos fou. ILLEBR PLanranose, Vous refusez, eh! bien soit, alors, je reviens à mon point de départ, et remarquez bien, Monsieur Villebrun, que si ANTER | vous me prenez pour un niais, vous faites complêtement ise rotte, Mes précautions sont prises et bien prises, soyez-en bien persuadé, Ainsi vous préferrez, comme un honnête homme, remettre la somne complête ViLLeBruN, Donnez le reçu, vous aurez les cent cmquante mille francs. PranrTenose, (Se levant et posant son verre sur une table éloignée de Villebrun.)\ Monsieur Villebrun, si dès mon arrivée ici, vous m'eussiez montré le désir, comme un honnûte homme l’eusse fait, de réparer votre crime d'autrefois, j'aurais peut-être

eu égard à voire repentir et j'aurais laissé à Dieu le soin de ILLEBRU vous punir ou de vous absoudre. Maintenant il est trop tard, j'ai un autre devoir à remplir et je le remplirai, coute ANTEHOS

que couet.

VILLEBRUX, (/roniquement) Allons donc, je crois monsieur Planterose que les cent cinquante mille francs sont un trop faible appoint pour votre vertu de fraiche date, Que diable aussi, pourquoi ne faites vous pas vous-même votre prix.

PLanTErosk, Villebrun, vos sarcasmes n’y feront rien. Un instant, j'ai fait semblant de tomber dans le piège que vous me tendiez, afin de m'assurer de la profondeur de l’abime où vous êtes descendu et je vous plains; mais le Planterose canaille que vous avez connu autrefois, n'existe plus, il est maintenant honnôte homme, grâce à Dieu et il parlera. Ce qu’il veut, ce qu’il exige, c’est... restitution complête, entière ax malheureux que vous avez dépouillés, que vous avez

volés, que vous opprimez encore actuellement; et pour at- LANTERO

teindre ce but, dussè-je me perdre avec vous, je vous dénoncerai, comme un voleur, comme un assassin ....….... Encore un mot et je termine.

uuennux. Continuez monsieur Planterose, vous êtes très intéressant

et vous avez toute. mon admiration,

NTER SE, En mettant les pieds dans votre maison, je craignais avoir affaire à pire que bandit, et en conséquence, j'ai pris mes précautions. Écoutez bien Villebrun; en ce moment, (Regardant l'heure À sa montre, tout en ne lâchant pas Villebrun des yeux on à remis entre les mains de la justice ma déposition (bruit dans la roulisse) Vous ascusant de vol et cette bouteille (montrant la bouteille au contenu empoisonné) j'en suis persuadé, prouvera que vous êtes un misérable empoisouneur, Ce cognac que vous me destiniez, doit être empoisonné,

LLEGRUN, Mettant précipitan nent sa main dans ia poche de son

habit, pour ei retirer un pistolet) Misérable ….....

ANTEHOSE, (Froidement et l'ajustant avec un pistolet) Faites un mou-

vement de plus et vous êtes : 1 homme mort.

SORNE IV.

VILLEBRUN, PLANTEROSE, ANDRÉ,

ROQUEFEUIL, JUGE de PAIX, et GEN-

DARMES, BERNIER PÈRE, Dr. DUPRÉ, JOSEPH, Puis BIGOT.

(Andréet Roquefeuil entrant précipitamment.)

LANTEROSE. (À André, et tenant toujours Villebrun au bout de sun pis-

mad

tolet.) Monsieur Bernier, voiei le voleur de la fortune de

votre père et l’assasin de sa raison. Il se Piéparait à se débarasser de moi, par un nouveau crime — heureusement,

l’homme m'était connu ot j'ai pris mes précautions comme

vous le voyez. Désarmez-le.

ANDRÉ. (Auant à Planterose.) Brave cœur (se lonrnant vers Viile-

brun) et toi, misérable voleur

ROQUEFEUIL, | Qui s'est précipité sur Villebrun.) NN ajoutez pas un nou-

veau crime ..

[ ù ira “ÉCIM 1 ! 3 / : , VILLEBRON. | Z''ant préc ipétamnmn ht son pislolel dé son habit, j'ait feu

sur Plunterose, mais Hoquefeuit en se Précipitant sur lui

fait dévier le coup et la balle vu se perüre au plafond. Tiens

, Dieux, PLANTEROSE, (AU juge départ qui vntre avec deux gehdurimes) Voici l'homme que vous cherchez, Monsieur le juge.

JUGE DE Paix. Aux gendarines vt désignant Villebrun. Saisissez- Vous de cet homme, VILLEBRUN. De quoi suis-je accusé? et quel est mon accusateur?

Le JuGes. Vous êtes accusé de vol commis à Bordeaux. Vitre acu't-

sateur est Mr, Michel Planterose, Voici mon mandat d’ar-

restation et au nom de sa majesté l'Empereur, voue êtes

mon prisonnier, VILLEBRUN. Ce Planterose n'est qu’une misérable canaille et je le prouverai facilement, PLANTEROSE, (A juge) Il vient d'ajouter deux nouveaux crimes à sa char-

ge, Monsieur le juge un coup de feu sur moi 6t voici une

bouteille dont le contenu m'était offert et qui doit être empoisonné. Ces Messieurs (de stynant André et Hoquefeuil, scnt témoins du eoup de feu tiré sur moi. (Bruit dans lu coulisse — Dr, Dupré, Joseph, Biçot et le Père Dernier entrent.

ANDRE. (Se jettant, u-derant de son pè e)

l'ere, voici le misérable,

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