‹ Les Paveurs vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 33 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, DESGRÈS, un sac d'argent a la main.

DESGRÉS.

Ah! ces damnés entrepreneurs! enfin, voilà toujours cent écus ! (Il met le sac dans sa poche.) TOCS.

Bonjour, pèr‘ Desgrès.

Bonjour, mes enfans !... (A Chariot.) Eh bien! encore les bras croisés , toi ?..

CHARLOT

Vous app'lcz ça les bras croisés ?.. je m'essuie le front... d'ailleurs, papa, je vous l'ai déjà dit, vot' pavé, je n' peux pas y mordre... c'est au-dessous d’ moi ! j'ai d' l'ambition... j’ veux fair’ fortune.

DESGRÈS.

Par des moyens légitimes ! à la bonne heure ! je n'entends pas raison là-d'ssus, moi... je n’ai rien, c'est vrai, mais je i'ai acquis honnêtement.

CHARLOT

Que vous êtes un père peu de l'époque, allez . papa 1 et si j'vous disais qu’ pas plus tard que dimanche on m'a prédit un' fortnne !

DESU RÈS.

A loi?

CHARLOT

A moi pyramidale !... pour trois sons

’P grand jeu... derrière le Gil-Blate dramatique.

DESGRÈS.

Un diseur de bonne aventure... faut qu' tu sois encor 1 bien simple pour donner dans ces bctises-là...

Cn A R LOT.

Des bêtises !.. je suis le valet de cœur, un beau blond... et la dame de carreau... superbe châtaigne; un’ princesse étrangère, allemande ou picarde!., qui sera folle de moi... des bêtises, hein?., un 1 princesse ! rien que ça.

DJ.SGRÈS , lui jetant presque la demoiselle sur les pieds.

Tiens, nigaud... voilà la princesse sur laquelle faut que tu comptes pour fuir’ ton chemin.

CHAR lot, «c frottant le pied.

Une demoiselle! ah! un calcmbourg... c'est mauvais... à votre âge!

Disc nis.

Vovcz-vous comme ça répond... au lieu d’ suivre l’exemple de ta sœur... de ma bonne Toinette... un' fille qui n’aim’ que T travail... son père.

CHAnLOT.

Et l’pt’it bijoutier du coin...

DESGRÈS.

Elle a raison... c'est à sa hauteur.

Oui, c'est terre-à-terre... vous me direz:

pour la (ille d'un paveur !

DFSCRÈS, avec un geste de menace.

Mauvais sujet ! vas-tu pas dire du mal de ta sœur, à présent !

Am : Tmrr, moi, jr mit un bonhomme.

Demande 5 tous tes camarades,

On la chérit à qui mieux mieux...

Eli’ soign' nos ouvriers malades.

Et gllss’ la pièce aux malheureux...

Des taloch's ell’ t’en sauv’ plus d’mille,

Et d’ia pan c’ n’est pas délicat...

J’te pardon»’ d’être un imbécille,

Mais je t’en veux d'élrc un ingrat.

CHARLOT

Merci ! si vous u'avez pas d'autre monnaie à me donner.

PREAII ER OUVRIER.

Y’ià le Solognot !

CHAnLOT.

J’aime mieux ça 1

DESGRÈS.

J* crois bien... qui s' rassemble... se ressemble vous ne valez pas grand chose à vous

deux... ( il va inspecter les ouvriers de côte.)

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