‹ Les Paveurs vaudeville en deux actesChapitre 3 sur 33 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, SOLOGNOT ; il est en costume de travail, la tôle nue.

Je nthals pas le breuvage Qui sc débite au Grand- Vainqueur;

Ami franc de la volupté,

Enfant gâté de la nature.

Je fais sauter eu m'sure,

Uu' jeune beauté.

Et du \in cach'té ,

Aime et bris lour-à-tour.

Heureux troubadour.

Gai paveur d’amour.

CIIARLOT.

Bon! il arriv* juste pour déjeuner... pas bête encore, celui-là!

SOLOGNOT, Otant sa veste comme pour travailler.

Nous disons donc qu’il s’agit d'en épluchcrde c'te besogne... (Il retrousse ses manches.) Oh ! les fuignans, qui ont déjà Uni leur ouvrage!.. Au fait, qu’est-ce qui paye quciiqu' chose ?

CIIARLOT.

Oh! toujours prêt à la consommation, toi?

Comme de juste... D'ailleurs, j’ai des contrariétés , du chagriu , je veux noyer ça.

CIIARLOT.

En contre de qui que t’en as?

SOLOGNOT

Contre qui? Contre les fubricans detroltoirs... Jcleurs-y en veux!., un tas tle galapias, de propre-à-rien, qui empoisonnent Paris, avec leur bitume et leurs chocolatières ambulantes! et qui font du tort aux paveurs... C’est vrai, si l’on se met à faire cuire la chaussée... si l’on pave les rues à la vapeur... nous n’avons pus qu’à nous croiser les liras !

DESGRÈS, revenant

Tu te les croises assez comme ça , les bras, toi !..

solognot.

Ça n’empêche pas que le gouvernement est dans son tort ; il méprise le pavé et il protège l'asphalte .

DK sc rés.

Laisse le gouvernement tranquille , et songe que si tu déranges mon fils, comme tu le fais toujours , tu auras aiïairc à moi !

(Il lui tourne le dos et retourne aux ouvrier».)

SOLOGNOT, à Chariot.

Il est gentil, ton père!., bien caressant !

CIIARLOT.

Ne dis donc rien... il a reçu d’ l’argent.

SOLOGNOT

Bah ! vrai?.. Faut qu'il paye des saucisses.

CHAnLOT.

N’aie pas Pair... invitc-lc à déjeuner.

SOLOGNOT

C’est juste. (Haut.) Voyors, père Desgrès, soyez Français, et venez boire un canon.

DESGRÊS.

SOLOGNOT, entrant.

Aux amis , salut et fraternité !

Ai* : Pour braver Corajr e qui prtwwl*'. • nu or amioca. :

Je suis l’Apollon d’ia guinguette,

Je suis le beau paveur d’amour,

Que l’on trouve aimable cl casquette , Souvent la nuit, parfois le Jour.

Fillette au séduisant corsage,

N’est pas sans attrait pour mon cœur,

T’as pas l’sou, et tu veux régaler.

Tiens , c’est reçu dans la société ! on régale , et c’est l’autre qui paye.

dËsgrès.

D’ailleurs, je ne bois pas avec tout le monde. solignot, à Chariot.

Aristocrate, ton père ! il méprise les ouvriers.

(On entend sonner neuf heures.)

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