GUERRE BALKANIQUE
La bataille s'engagea de nouveau près de Lulé Burgas (le 29 octobre), elle s'acheva le 30 par la déroute complète des Turcs qui perdirent 25.000 hommes tués ou blessés, et 3.000 prisonniers. Les Bulgares eurent 15.000 tués ou blesses ; ils continuèrent leur marche sur les lignes de Tchataldja qui couvraient Constantinople et où les Turcs tenaient une excellente position défensive.
Ainsi, après moins do deux mois de guerre, les Grecs sont maîtres de Saloniquc; les Serbes d'Uskub, de Monastir, du port de Durazzo. Les Bulgares ont infligé à Kirk-Kilissé et à Lulé-Burgas une complète défaite aux armées turques de Tlirace. Ils assiègent Andrinople, ils sont arrivés sur la mer Egée à Dédeagatch, et menacent Constantinople.
Les Turcs proposèrent le 3 décembre un armistice qu'acceptèrent les Serbes et les Bulgares, mais la Grèce refusa d'adhérer en exigeant la remise de Janina.
Des négociations de paix furent ouvertes à Londres sous la médiation des Grandes Puissances. Les Bulgares demandèrent la reddition d'Andrinople que le Gouvernement turc refusa. Cependant il était sur le point de céder lorsqu'éclata une révolution à Constantinople. Le colonel Enver-Bey, un des chefs les plus ardents des Jeunes Turcs, pénétra dans le palais, abattit d'une balle de revolver Nazim-Pacha, le ministre de la guerre, et exigea la démission du cabinet; l'armistice fut dénoncé ; les hostilités recommencèrent le 3 février 1913.
Le siège d'Andrinople fut repris. Une division serbe vint apporter aux Bulgares un efficace concours ; la place succomba le 24 mars.
De leur côté, les Grecs s'étaient rendus maîtres de Janina.
Les négociations de paix furent alors lal)oricusemcnt continuées. La paix fut signée à Londres le 30 mai.
La Turquie abandonnait tous les territoires européens au nord d'une ligne tracée de Midia sur la mer Noire cà Enos sur la mer l'âgée, à l'exception de l'Albanie, dont les frontières devaient cire fixées par les Puissances médiatrices.
La Crète était cédée aux Grecs; les Grandes Puissances devaient ultérieurement décider du sort des autres îles de la mer Eo-ée.
Guerre înlrabalkaiiique. i{}io.
Ces résultats imprévus dépassaient toutes les espérances qu'au déljut de la guerre, avaient pu concevoir les alliés, mais lorsqu'il s'agît de partager entre eux les territoires conquis, ils ne s'entendirent plus.
La Bulgarie, enorgueillie par ses victoires, réclama toute la Macédoine et la majeure partie des côtes européennes de la mer F:^gée.
D'autre part, sur l'insistance de rAutriclie et de l'Italie, les Grandes Puissances avaient refusé à la Serbie un port sur l'Adriatique qui était indispensable au développement de sa vie économique; elles avaient contraint le Monténégro à remettre, à une commission internationale, Scutari, qu'il avait fait capituler et dont il rêvait de faire sa capitale.
Enfm, elles avaient décidé de créer un royaume d'x\lbanie, sans tenir compte de l'impossibilité de
GUERRE INTlTÀRALKANIQUi:, 1913. 179
constituer en un état unifié, des tribus guerrières, indisciplinables, séparées par leurs intérêts et par leurs religions, indépendantes les unes des autres, vivant dans des montagnes inaccessil)les. On donna pour souverain précaire à ce nouveau royaume, un prince allemand, le prince de W ied, officier dans l'armée prussienne, dont la royauté éphémère s'évanouit rapidement sous les altaques des tribus qu'on appela, par euphémisme, des rebelles ou des insurgés : il fallut que les navires des grandes Puissances envoyés à Durazzo et les détachements qu'ils débarquèrent, protégeassent son départ.
Pour justifier leurs revendications en Macédoine, lesBulg<ires prétendaient faire prévaloir ce principe, cpic partout où est un Ikilgare est la Bulgarie, mais^ en Mac(3doinc, Ser])es, Bulgares, Grecs, Turcs même, sont mélangés dans les campagnes, dans les villes, même dans les maisons; il s'est établi, dans maints endroits, entre individus de différente race, des communautés d'intérêts, voire même de sentiments, tels que l'on vit, pendant la guerre contre la Turquie, des Turcs, combattre de leur plein gré, dans les rangs des Serbes.
Comment établir entre ces populations des frontières sur une base historique ou ethnique? Les Serbes étaient aussi autorisés que les Bulgares à revendiquer la Macédoine; ils se mirent d'accord avec les Grecs pour résister aux prétentions intransigeantes des BulgaT-es.
C'est en vain que Tempereur de Russie offrit sa médiation, adjurant les uns et les autres de ne pas compromettre la cause slave par une guerre fratricide.
180 LES PAYS BAT.KAXroUKS.
11 leur demanda de déléguer à Pétersboiirg leurs premiers ministres pour chercher une solution aux difîérends qui les divisaient.
Cependant^ depuis le Danube jusqu'à la mer Egée, les troupes bulgares commençaient les hostilités contre les troupes serbes et grecques, échelonnées sur les frontières, prétendant, comme il est d'usage en pareil cas, qu'elles avaient été attaquées les premières et qu'elles no faisaient que repousser des agressions injustifiées.
De son côté, la lloiimanie qui, jusqu'alors, s'était tenue à l'écart du conflit, prévint la Bulgarie qu'elle ne resterait pas indifférente à une guerre entre peuples balkaniques; elle mobilisa son armée (3 juillet), demanda à la Bulgarie d'accepter, sans condition, l'arbitrage russe et de lui consentir une cession de territoire sur la rive droite du Danube, pour compenser la grande extension qu'elle allait réaliser en Thrace. La Roumanie déclara la guerre le 10 juillet.
Au moment où elle entrait en scène, la question militaire s'était déjà réglée entre les Serbes et les Bulgares, dans une grande bataille livrée sur la Brecalnitza, affluent de gauche du Vardar, dans la région de Kuprula (P^ au 8 juillet).
Cette bataille avait coûté 30.000 hommes aux Bulgares et environ 20.000 aux Serbes.
De leur côté, les Grecs avaient occupé toute la côte de la mer Egée jusqu'à l'embouchure de la Maritza.
L'armée roumaine passa le Danube sans résistance près de Turnù Magurele (14 juillet) ; et son avantgarde poussa les détachements bulgares qui couvraient la route de Sofia.
GUERRE INTRABALKANIQUE 1913. 181
La Turquie ne pouvait perdre cette occasion de récupérer les territoires qui lui avaient été enlevés en Thracc. Ses troupes avancèrent sur Kirk-Kilissé et réoccupèrent Andrinoplc que les Bulgares ne défendirent pas (22 juillet).
Traité de Bucarest (10 août). — Pressée de tous les côtés, la Bulg-arie s'avoua vaincue ; elle demanda un armistice qui l'ut immédiatement suivi de préliminaires de paix. La paix fut signée le 10 août 1913 à Bucarest.
La frontière bulgaro-serbe fut tracée sur la ligne de partage des eaux entre le Vardar et la Struma.
La frontière grecque fut portée à Fembouchure de la Mesta sur la côte de la mer Egée.
La Bulgarie céda à la Roumanie un grand territoire sur la rive droite du Danube, jusqu'à une ligne tracée de Turtukaï sur le Danube, à Baltcbick, sur la mer Noire, y compris Silistrie, et elle s'engagea à démanteler Roustchouk et Clioumla.
Par une paix séparée conclue à Constantinople avec la Turquie (29 septembre), la Bulgarie renonça à Andrinoplc et aux rivages de la mer de Marmara ; elle dut se contenter de conserver la côte de la mer Egée, entre les embouchures de la Mesta et de la Maritza.
Personne n'avait, du reste, l'illusion de penser que ces conventions fussent de nature à assurer une paix durable dans la péninsule balkanique.
Les négociations poursuivies à Londres avaient laissé en suspens la question des îles de la mer Egée ;
elles n'avaient pas réglé les questions financières, ni le statut des communautés musulmanes, passées sous une autre domination.
Les frontières de TAlbanie n'avaient pas été arrêtées.
Ni la Serbie, ni le Monténégro auxquels on avait refusé des ports sur l'Adriatique, ne pouvaient être satisfaits.
L'Italie n'avait pas abandonné ses convoitises sur les côtes de l'Albanie qui devaient lui donner la maîtrise de l'Adriatique.
L'Autricbe-Hongrie devait contrecarrer cette ambition et, d'autre part, s\)pposer à l'accroissement de puissance du royaume serbe qu'elle considérait comme un foyer de dangereuse attraction pour les peuples slaves de son empire.
Que de germes de guerres futures !
Aussi, la Question d'Orient, non résolue, va devenir bientôt la cause de la conllagration générale de ri^^urope et de la guerre la plus terrible qui ait ensanglanté le monde.
INDEX ALPHABETIQUE
Abydos, 127.
Acliaïe (Moréo), 63.
(Monts), 7î).
Acrocoriiithe, 8ï.
Adriatique (Mer), 90,
Aidos, 120.
Ak-l.om. 110.
Ak-Palanka, 119.
Albanie, 10, 13, 2i, 80,
9i, 129, I'i3, ir;3, 172,
Alexinatz, 99, 148.
Alessio, 171, 17.").
Alphée (Ruphia), 8o.
Aluta (Olti'i), 33, 1,3o,
Amaxiki, 88.
Anadoiili Hissar, 121.
Anadouli Kavak, 123.
Andrinople, 27, 41, 91,
Andros, 80, 87.
Antiparos, 87.
Antipaxos, 88.
Antivari, i:;, 108, lli.
Arcadie, 76, 85.
Arcananie, 82.
Arda, 121.
Ardealiil (Transylvanie), 31.
Arétliuse, 131.
ArgesM, 51, 52.
Ary^eû, 49.
Argolide (Nauplie), 81,
Ari^os, 85, 86.
Argostoli, 88.
Arta ou (Amhracie), 69,
Aspropotamos (Aclielaus), 79, 82.
Athènes, 11, 27, 63, 73.
Alhos (Mont), 128.
Atti(iue, 82, 86.
Avlona, 80.
Babuna (Monts), 175.
Balata, 125.
Balkans, 117, 131, 138.
Baltehiek, 181.
Banja, 100.
Barbosù, 49, 141.
Bazias, 46, 96.
Bechik, 131.
Bekas, 32.
Beli,Tade, 19, 29, 95, 121, 139.
Béotic, 82, 84.
Besika (baie de), 126.
Bessarabie, 37, 41, 54,
Biletj, 107.
Bitolia (Monastir), 130.
Boba-Konak, 119.
Bojana, 108, 153.
Bosnie, 1(), 19, 26, 93,
Bosphore, 123, 158,170.
Botosani, (Jl.
Bourou, 128.
Bouyouk Dé ré, 123.
Bouvouk-ïchekmedjc,
Braïla, 19, 135, 141.
Brasso (Kronstadt), 34.
Brda, iO'i, 109.
Bregalnitza, 180.
Bre^ovo, 100.
Brza-Palanka, 06, Bucarest, 30, 36. U, 48,
Budua, 114.
Bukovine, 40, 43, 60.
Buli,\^rie, 23, 48, 53, 70,
Bunar-dagh, l29.
INDEX ALPHABETIQUE.
Burgas, 120. 1-2^2.
Buseo, riii.
Byzance, 27.
Calafat, 48, 135, 141.
Cambunieiis (Monls).
Candie, 03.
Caltaro, 103. 100. 110.
Céplialonie, 83, 88.
Céphyse (Mavroncron),