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LE PAYSAGE PE LA NORD-HOLLANDE

de la Sud-Hollande, cette exubérance de végétation de la campagne des environs d’Harlem et ces riantes maisons de plaisance que nous avons définies des nids humains enfoncés dans des édredons de verdure. Une particularité de ce paysage d'Harlem, c'est qu’il est le point de toute la Hollande où le gazon offre le vert le plus vif. Dans le sud, la verdure est, selon les heures du jour, pale ou sombre; dans le nord, elle est douce et tendre; à Harlem, point intermédiaire, elle est intense, robuste et gaie sans nuance aucune de tristesse. C'est une ravissante campagne, cependant elle ne surprend pas trop : on retrouve quelque chose de son image dans ses souvenirs des autres pays ; mais, lorsque le chemin de fer, qui vous emporte au Ilelder, vous a fait franchir quelques lieues, alors commence le spectacle le plus original que vous réserve la nature de Hollande, après le paysage aquatique de l’arrivée à Dordrecht, toutefois. Jamais originalité ne fut due à des éléments plus simples et moins nombreux; figurez-vous deux surfaces parallèles prolongées à l’infini, une surface verte, celle de la terre, et, selon les jours, une surface bleue ou blanche, celle du ciel. Cette immense prairie, qui s’étend sans discontinuité de Harlem au Helder, donne, en pleine terre ferme, quelque

HOLLANDE

chose de la sensation que l’on éprouve en mer lorsque l’œil, regardant à l’horizon, n’aperçoit que vagues succédant aux vagues. De même, il n’aperçoit ici que flots de verdure succédant à flots de verdure, et moutonnant sous un vent frais et doux. Comme sur mer, la vue est reposée d’un spectacle qui serait bientôt accablant par cette illusion bienfaisante de l’œil qui, donnant un démenti à la géométrie, prouve, contre l’évidence de la raison, que deux lignes parallèles peuvent se rencontrer lorsqu’elles sont prolongées à l’infini; l’horizon est fermé par le baiser du ciel et de la terre. Comme la mer, enfin, ce -spectacle endort l’âme et la plonge dans l’hébétement délicieux que nous ressentons lorsque, assis sur une plage, nous y restons de longues heures sans penser à rien. Au bout d’un instant, un sentiment d’une suavité incomparable s’empare de vous devant cette immense nappe de verdure d’une nuance si tendre. L’âme éprouve le besoin du silence et du recueillement, à l’instar de cette campagne où l’on n’entend aucun bruit, sauf, de loin en loin, le léger battement d’ailes de quelque joli petit canard, gros comme une perdrix, cpic l’on voit sortir du fossé qui longe le polder , ou le bond muet de quelque taureau paissant dans la prairie. Vos paisibles voisins arri-

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