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verneur les suites qu’une pareille pratique peut entraîner (1). Personne n’ignore la soumission que la plupart des ecclésiastiques professent sans discernement pour tout ce qui sort de la cour de Rome et quelle impression dangereuse ne doit pas graver dans leur esprit un système qui datte si fort leur indépendance, quoiqu'il ne soit d’ailleurs fondé que sur l’ambition et le désir injuste de s'arroger des droits sur le temporel des rois. Grégoire VII a porté l'esprit de l’Eglise à la révolte avec des succès infiniment funestes au repos de l’Europe. C’est cette conduite qu’on prône dans un office comme héroïque ot très-recommandable : et enfin c’est une leçon dont on veut imprimer de profondes traces dans le cœur des ecclésiastiques, en la leur faisant répéter tous les ans... » Le conseil invoquait enfin l’attention et le respectqui « étaient dus au maintien des droitsdeSa Majesté ainsi qu’à la conservation de la tranquillité publique. » Il paraît que déjà du vivant de Charles VI, en 1730, l’usage de l’office de Grégoire VII avait été interdit. Mais « la délicatesse scrupuleuse » de la sérénissime gouvernante des Pays-Bas en ces sortes de matières l’avait empêchée de rendre publique l’interdiction. Marie-Thérèse n’eut ni la délicatesse ni les scrupules religieux de la défunte gouvernante et, déférant à l’avis du conseil privé, douna des ordres pour qu’on s’en tînt aux instructions de 1730, quoi qu'on dût en penser à Rome. Ces instructions devaient être envoyées au clergé ; mais a on no ferait émaner aucun imprimé là-dessus, à cause du grand laps de temps qu’il y a, dit le rapport de Botta d'Aorno, depuis l’établissement de cet office et les ordres non exécutés de l’empereur (2). »
La fermeté n’excluait jamais la prudence dans les résolutions de l’impératrice. C’est qu’elle sentait, et le gouvernement comme elle, qu’il no fallait pas, en semblables affaires, procéder par des coups de
(1) « Les ecclésiastiques s'entendent souvent, au préjudice de l’autorité royale et des droits de scs sujets, et c’est pour cette raison que les conseillers et les ministres du prince ne doivent rien négliger pour les contenir dans leurs bornes. Si on laissait agir le peuple de Dieu selon sa fantaisie, les souverains seraient bientôt dépouillés des plus beaux et importants fleurons de leur couronne, et il s’établirait peu à peu une république indépendante du prince dans ses propres états : tanta < st impernndi libido ! n (Wynants : Mémoire» sur le gouvernement de» pnys-Uus).
(2) Archive» de lu chancellerie de» Pnys-Rn*, D. 30, (}.
force et que patience et longueur de temps sont souvent de meilleurs, moyens de réussite. On le vit bien dans la question de la dispense de la publication des bans ; son habileté la fit arriver au but “ sans la moindre dispute. » — Le conflit avait éclaté, nous l’avons dit, b l’occasion d’un mariage conclu b Louvain entre Greppi, fils d’un fermiergénéral de la Lombardie, et une jeune Hollandaise. Le nonce avait accordé b Greppi des lettres de dispense de publication des bans. Cette “ entreprise de la part du nonce, » cet « excès, » comme disait lo conseil privé, ne pouvait pas être toléré. 11 fallait le faire comprendre au nonce et aviser ïi empêcher le renouvellement de « l’entreprise, » sans toutefois faire un éclat. Que propose lo conseil : On aurait pu, dit-il, charger le conseiller fiscal en Brabant de se pourvoir en cassation des lettres de dispense, et contre tous ceux qu’il peut appartenir... mais le conseil laissait îv la haute considération du gouverneur, s’il ne serait pas préférable, pour éviter une procédure et de l’éclat, de charger le conseiller fiscal de mander par devers lui le curé qui avait assisté b la célébration du mariage, « pour le reprendre vertement de sa faute et l'admonester d’être plus prudent et circonspect b l’avenir, il peine qu’il sera pourvu contre lui... et au surplus, de porter une ordonnance par laquelle il sera interdit il toute personne indistinctement , de se marier en ces pays en vertu de lettres de dispense de publication des bans, obtenues d’autres que de leurs évêques diocésains, et aux curés et autres ecclésiastiques d’intervenir il la célébration. » Le duc écrivit îi Kaunitz (24 juin 1769) qu’il était d'autant plus du sentiment du conseil « qu’il mènerait au même but sans occasionner la moindre rigueur, et aussi parce qu'en l’absence de loi, il pourrait y avoir quelque doute de la part des juges qui ne pensent pas toujours uniformément et qui ne sont pas également instruits sur ces sortes de matières. » Dans son rapport <i l’impératrice, Kaunitz (27 juillet) fut de l'avis du conseil privé et de Charles de Lorraine : “ Comme cela, dit-il, pas la moindre dispute. » Ce fut également l'avis de Marie-Thérèse (1). On fit donc ainsi la leçon au nonce indirectement et on lui donna il entendre qu’il ferait bien de s'abstenir dorénavant de tonte » entreprise » de ce genre.
(1) Archive» de la chancellerie de » Pays Bas, I). fWi, B.
Avec les évêques les dissentiments furent parfois plus graves, et ils auraient dégénéré en hostilité ouverte, sans le tact du gouvernement qui savait reculer au besoin... pour mieux sauter plus tard. C'est ce qu’il fit pour deux projets qui avaient été élaborés dans une jointe composée, entre autres membres, de Neny et de Stassart. Cotte jointe avait proposé d’obliger tous les évêques des Pays-Bas il prêter serment de fidélité au souverain avant leur prise do possession. Bien que ce projet fût en accord complet avec les fameux principes de « la Loi et des Prophètes » cités plus haut, Marie-Thérèse ne l’exécuta pas, par crainte évidemment d’une opposition trop forte. Joseph II devait le reprendro et l’exécuter une vingtaine d’années après.
La même jointe avait élaboré un projet de loi tendant il restreindre la liberté des mariages. On voulait faire cesser les plaintes que les pères de famille et les tuteurs adressaient fréquemment au gouvernement contre les officiaux des diocèses qui, par des suppléments de consentement, favorisaient des mariages disproportionnés et désavantageux, il la demande d’enfants mineurs ou de pupilles non autorisés. La cour de Rome s’étant plainte et le gouvernement ayant sur les bras d’autres affaires beaucoup plus importantes, Kaunitz laissa dormir ce projet pendant dix ans.
Quand, en 1768, alors que la paix lui donnait des loisirs et que la « modération » n’était plus nécessaire, Kaunitz remit ù l’étude cetto question délicate, il voulut qu'on donnât pour bases îi la loi qu'il s'agissait de rédiger les principes que nous savons. Mais les magistrats, chargés d’émettre leur avis sur la loi projetée, y apportèrent tant de lenteur ou de mauvais vouloir que la loi ne fut jamais faite.
Uno autre affaire où le gouvernement ne montra pas beaucoup de résolution, (peut-être parce qu’il comprenait qu'il eût infiniment mieux fait de ne pas s’en mêler,) c’est l’affaire des Carêmes qui revint fréquemment en discussion et qui fut l'objet de longs et volumineux rapports sur lesquels nous ne pouvons pas insister, h moins de transformer ces pages en une thèse de droit canonique. Nous nous bornerons h un épisode de cette histoire des rapports du haut clergé avec le gouvernement.
L'évêque de Ruremonde, malgré l’avis des médecins, malgré les instances du magistrat et du gouvernement, ne voulut pas, en 1750,
accorder la dispense du carême à. ses diocésains, prétendant que ce droit ne lui appartenait pas, mais bien au pape. Le conseil des Pays- Bas émit l’avis que cotte théorie pouvait occasionner bien des inconvénients et entraîner des conséquences pernicieuses. Examinant la question au point de vue politique, il disait : * 11 est certain que la diminution des jours maigres et la dispense do carême conserveraient b ce pays des sommes considérables qui vont en Hollande. » L’affaire lui paraissait exiger, dans tous les cas, une délicatesse infinie... — Il fallait bien se garder do fairo croire qu’on voulût abolir en quelque sorte cotte ancienne et respectable institution de l'Eglise universelle : il ne s'agissait que do modifications, qu’on remplacerait par des règles plus austères et plus exactes pour les jeûnes ou pour telles autres œuvres pieuses. — Sur ce dernier point, il faudrait sonder les évêques, les docteurs de Louvain et quelques autres ecclésiastiques savants, avec toute la circonspection imaginable ; on dovrait faire en sorte qu’ils no s’aperçussent pas, pour autant que possible, de ce que l’on se proposait do faire ; on leur recommanderait un secret inviolable et on les engagerait respectivement à former avec réserre des mémoires détaillés pour l'information du gouvernement. — 'Il fallait tâcher do concilier en tout cela « ce que l’on doit b l’Église, au Saint-Siège et b notré Sainte Beligion. »
La cour de Vienne adopta cette manière do voir qui dénote quelque chose de plus, b notro avis, que la prudence (1).
Le gouvernement so plaignait souvent de ce que les évêques no fussent pas suffisamment malléables. Il y a aux archives do la chancellerie des Pays-Bas certain dossier qui porte b sa première page ces mots significatifs : « Moyens de rendre les évêques de ce pays-ci plus traitables. - En effet, co n’était pas généralement par la complaisance que brillaient les évêques ; et cependant Marie-Thérèse et Charles do Lorraine évitaient le plus possible de leur être désagréables.
Quand l’archevêque réclama des modifications b divers édits, notainmentbcelui qui fixait b vingt-cinq ans l’bgo pour l’émission des vœux et b celui qui défendait aux monastères de recevoir des dots, le con-
(1) Archives d* la chancellerie des Pays-fiat, rapport du 13 février 1 7. r jO.
seil privé proposait « d’éconduire sèchement l’archevôquc de sa demande. » Mais lo duc « suggéra le parti d’adresser il l'archevêque une dépêche motivée dans laquelle, après lui avoir expliqué les véritables vues des édits, on l’inviterait, en des termes qui marqueraient la confiance du gouvernement dans ses lumières et dans sa sagesse, il concourir de son côté aux mesures il prendre pour les remplir. »
Il proposa également, par transaction , que l’on fixât l’&gc de vingt-un ans au lieu de vingt-cinq ans, et qu’on se montrât conciliant pour l’affaire des dots (rapport du 16 juin 1769}. L’impératrice se rallia à ses vues et mit l’apostille suivante au rapport: « Je me conforme cnticre- » ment à ce rapport; il n'y a que pour les dois pour les couvents » pau vres qui servent les malades ou sont chargés de V éducation de la » jeunesse que je voudrais accorder et accepter des dots jusqu’à la » concurrence de vingt-cinq f. argent de Brabant , mais sous la » perraition expresse du gouvernement (1). »
Mais, pour une souveraine impérieuse comme Marie-Thérèse, les concessions ne pouvaient jamais aller jusqu'il l’abdication de ses droits. Son extrême bienveillance pour les couvents, auxquels elle donna tant de fois des preuves de sa générosité, ne lui avait jamais fait perdre de vue les intérêts du pouvoir civil. Son amour do la conciliation n’alla pas davantage jusqu’il la faiblesse devaut les réclamations du haut clergé.
L’archevêque de Malines se signalait, à la fin de 1766, par son opiniâtreté et sa conduite déplacée au sujet des mariages entre personnes de différentes religions. Le 13 décembre, le chancelier écrit que « l’archevêque vient de donner atteinte aux constitutions dos Pays-Bas en faveur de la cour de Rome et qu'on doit le faire rentrer dans les bornes de son pouvoir, après avoir consulté le conseil privé. » Le 20, il écrit encoro « qu’on ne peut pas absolument regarder avec indifférence le zèle indiscret de l'archevêque en faveur de Rome. » Le 6 avril 1767, il reproche au prélat d’être toujours en opposition avec le gouvernement ; il désire qu’on puisse le mettre h la raison ; il fait
(1) Archive» de lu chancellerie des Pajs-Ba », D. 104, M. ô. — Nous croyons devoir reproduire telle quelle l'orthographe (les apostilles.
— lai
Valoir les lois du pays. Le 29 avril, Marie-Thérèse, h laquelle l’archevêque s’était adressé pour * de prétendus griefs, » exprime le désir — toujours la conciliation au début et tant que la chose est possible! — que le gouvernement évite soigneusement tout ce qui pourrait, à cette occasion, troubler la “paix de l’église belgique. » Le lOjuin, le chancelier revient il la charge contre l’archevêque qu’il traite d’une façon piquante et désagréable. Pendantce temps, le gouvernement agissait il Rome pour obtenir que l’archevêque fût désavoué. Le 4 juillet, Rome le désavoue et désapprouve la conduite qu’il a tenue dans l'affaire des mariages. Le 30 juillet, l’impératrice félicite le gouvernement de l’énergie qu’il a montrée ; elle témoigne en même temps le déplaisir que lui ont causé les procédés du prélat et charge le duc do lui faire connaître combien elle est mécontente de lui (1).
Un dossier de 1 773 contient un rapport du chancelier sur quelques difficultés qu’on a arec les évêques et nommément arec l’archevêque de Matines : on y trouve des détails intéressants sur les embarras que le haut clergé causait fréquemment au gouvernement (2). L’archevêque de Malines no se contentait pas d’être peu traitable ; il n'avait pas même, au dire de Kaunitz, les égards voulus pour le duc et le ministre. Kaunitz l’accusait, entre autres impertinences, de les avoir “ nargués, » en rendant publique une lettre où l’impératrice lui aurait plus ou moins promis le chapeau de cardinal, malgré l’avis contraire de la cour de Bruxelles et quoi qu’elle n’eilt pas réellement h, se louer de lui.
Kaunitz émit l’aVis que l’impératrice devait le mettre il la raison; qu’elle devait lui écrire que, pour obtenir dépareilles marques de la satisfaction de Sa Majesté, il fallait qu’il tint une conduite dont elle eût en effet lieu d’être satisfaite... qu’il oubliait ce que, comme sujet, il devait il Sa Majesté et il son représentant aux Pays-Bas,... qu’il ferait bien de changer de procédé et, au lieu de susciter des contestations et des difficultés, de s’appliquer h aplanir celles qu’il ne
(1) Archive» de fa chancellerie des Pays- Ht» (Rcpcrlairr I70(i-17(i7 ; affaire Chastcler);
(2) I/î corps des évêques avait fait des représentations contre des édits. — Il y avait et» aussi de nouvelles difficultés à propos du carême.
saurait prévenir... et qu’elle est très-résolue de ne plus passer aux évêques des demandes contraires à, son autorité ou au bien public.
L’impératrice se montra aussi ferme et aussi résolue que le lui proposait Kaunitz, sur le rapport duquel ello mit cette apostille : « Je me. conforme » (1). La lettre proposée par le chancelier fut écrite h l'archevêque qui n’en devint pas cependant plus traitable. Nous le retrouverons, en effet, créant des embarras nouveaux h Charles de Lorraine, à propos des jésuites.
C’est dans les termes suivants que Marie-Thérèse notifia, le 2 septembre 1773, il Charles de Lorraine sa résolution de faire exécuter dans les Pays-Bas la bulle « Dominas ac redcmptor » qui supprimait l’ordre des jésuites :
“ Le Saint-Père ayant jugé nécessaire pour le maintien de la » tranquillité de l’Eglise, de supprimer l’ordre des jésu ites, et roulant v de ma part contribuer à t accomplissement de rues aussi salu- » taires, j’autorise rotre Altesse Royale par la présente à accepter la » bulle qui lui sera présentée à ce sujet et à faire procéder, dans » une forme compatible avec la constitution de mes provinces belgi- » ques, à la. suppression et extinction totale de cet ordre, qui sera » également aboli dans mes autres Étals. Mon intention est néan- » moins que votre Altesse Royale fasse rejeter dans le placitum » REOira de la bulle en question toutes les clauses et propositions con- » traires à mes droits et hauteurs, aux libertés et privilèges de » l’église belge ou aux maximes fondamentales des provinces. » (Elle lui recommandait aussi les précautions h prendre pour prévenir la dispersion des correspondances, livres de comptes, etc, et demandait son avis sur la partio relative aux fonds et ti l’instruction.)
La bulle pontificale est du 21 juillet, le décret de Marie-Thérèse est du 2 septembre : elle n’avait guère tergiversé. Ses opinions h l’endroit des jésuites et de leurs doctrines étaient sans doute alors en parfaite conformité avec les opinions du pape. S’il en a été besoin, d’ailleurs,
(!) Archive» de In chancellerie drg Puyt-Hn.*, I) 1(X), E. 4.
si elle a pu hésiter h exécuter uue décision prise par le chef de l’Église, ses ministres auront énergiquement combattu ses hésitations, en invoquant les nécessités de la tranquillité publique et surtout l'intérêt de l’autorité civile.
Tout en apportant des ménagements, des adoucissements à l'exécution de la mesure, elle fut très-ferme dans la répression des intrigues des membres de l’ordre qui ne voulaient pas obéir. Il ne peut pas être question dans ce chapitre do raconter l’histoire des difficultés et des résistances que rencontra le comité spécial établi pour les affaires des jésuites. Force nous est, pour ne pas nous étendre démesurément, de renvoyer aux archives du comité des jésuites, qui sont déposées aux archives du royaume (1) et qui nous font voir chez les personnes chargées d’une si lourde mission, ainsi quo chez la plupart des fonctionnaires mêlés à l’affaire, une science, une habileté et une force de caractère bien rares (2).
L’opposition h la bulle du pape, ou tout au moins h l’exécution des décisions prises par Mario-Thérèse au sujet de la bulle, no vint pas seulement des jésuites : l’archevêque do Malines lui-même fut parmi les opposants. Le 17 février 1774, malgré les ordres de l’impératrice et du gouverneur, il avait prétendu faire prêcher le carême îi Bruxelles par un jésuite. A uno observation du gouverneur, il avait fait une réponse que le comité spécial qualifia ÿ indécente. Le comité écrivit mémo au duc que cette réponse méritait « la plus sévère animadversion » et qu’on traiterait l’archevêque « avec douceur » si on l’exilait pour quelque temps dans son abbaye d’Afflighem, ainsi qu’il avait été résolu de le faire en une autre circonstance.
Il paraît toutefois que c’était plutôt à l’entourage do l’archevêque lui-même qu’il convenait de s’en prendre. Le comité disait « quo le prélat était de bonne foi et avait des mœurs, et que, s’il faisait des fautes, co n’était que par une suite des mauvais préjugés dus h sa profonde ignorance et parce qu’il ne prenait conseil que do quelques jeunes ecclé-
(1) 11 y a aux Archive* de la chancellerie de* Payt-Ba* plusieurs carton» contenant des documents fort nombreux sur cette importante affaire.
(2) Voyez par exemple (carton III : 1773-1775) les enquêtes, notes, mémoires, etc, sur le» divers points et incidents de la question.
siastiques sans expérience, remplis de présomption et par conséquent de plus grands ignorants encore. » Par ces raisons, le duc montra de l’indulgence pour l’archevêque, mais, comme le comité le lui avait conseillé, il lui écrivit pour lui faire « vivement sentir son tort » et pour le rendre responsable du scandale qui pourrait résulter de sa désobéissance aux volontés de l’impératrice (1).
Dans toute cette affaire des jésuites, Maric-Tliérèse se « conforma •> généralement aux sentiments de ses ministres. Voici la longue apostille qu’elle mit îi un rapport très-détaillé que lui avait adressé Kaunitz, le 16 mars 1774, sur les moyens de mener à bien la tâche qui incombait au comité spécial : « J’a prouve les principes de mon » chancellicr ici proposé sur l’exclusion de la totalité des ci-devant * jésuites an r pais bas des fondions du st-ministère — comme le » pape meme s'est depuis relâché sur cet objet ris a ris de plusieurs x croques qui doivent répondre du salut des arnes coulis a leurs x seings, je ceux de meme ordonner que mon gouvernement comme x tous le proposé tous meme fausse saroir mes intentions aux x croques que s’ils eussent besoing de quelques individus pour la x cure d’aines que dans ce cas ils pou voient les prendre bien entendue x qu’ils en informent chaque fois le gouverneur qui de son côté ne x les empochera ou ne les l 'rainera sans des raisons importantes — les x croques ne pou vont cependant prendre pour cette, fin aucun de x ceux qui sont notoirement couqmblcs comme leurs chefs [s’entens x s’ils sont coupables ] (2) et ceux qui ont déjà prête le, dernier vieux x cl pas un trop grand nombre a la fois, les memes mesures doivent x servir pour les autres collecteurs pour s’y conformer, j'aprouve x au reste toutes ros autres propositions (3). »
En ce (pii concernait les biens et les pensions des jésuites, comme en ce qui concernait leur refus d’obéissance, Marie-Thérèse donna des ordres pour que tout fût fondé « sur la justice et l’équité x (4). Et
(1) Archive* de la chancellerie du* Pat/* -fias, D. 100, X. 1.
(2) Cea quatre mots sont entre les lignes dans l’apostille que nous reproduisons avec V,ne entière fidélité.
{oj Archives delà chancellerie de* Pays- B™, D. 100, X.
(-1), -j n n (rapport de Kaunitz, du 7 juillet 1775).
comme elle était, on l'a vu plus d'une fois dans le cours de ce chapitre, amie de la paix avant tout dans les affaires religieuses, elle ne se lassait pas de recommander la modération h ses ministres. Aussi, lorque les derniers incidents de cette affaire, qui dura trois ans, furent vidés (du moins quant au côté religieux et financier), elle écrivit h Kaunitz : « Je rois arec plaisir V esprit de conciliation dans lequel » vous me proposés V arrangement % fiscal de cette affaire qui na duré » que trop longtems. . . Vous pourriez aussi parler a Stahrcmbcrg » pour presser l’ évacuation de V article de renseignement public qui » m'a toujours tenu fort a cœur (1). »
(1) Archives de la chancellerie dix Pays-Uns, D. 100, X... 3' carton.