DÉMÊLÉS AVEC LE CLERGÉ : LE NONCE, — LES ÉVÊQUES, — LES JÉSUITES
Le gouvernement no trouva pas toujours le clergé de facile composition.
Mario-Thérèse avait des principes trop absolutistes, les tendances de sa politique étaient trop envahissantes et enfin les préférences philosophiques do ses ministres étaient trop accusées à certains jours, pour qu’il en fût autrement.
La cour de Borne, les évêques, les jésuites : tels furent les contradicteurs ou les adversaires que lo gouvernement rencontra successivement.
(1) Cf. Traité *ur la mendicité , de Carpentier d'Ath (Catalogue Van Ilulthem). — Vander Meerscll : La mendicité et la bi nf aisance dam la Flandre orientale.
(2) Le rapport du magistrat de Bruxelles (1770) est reproduit dans les Documente parlementai ret de 1853-1854.
Au début de son règne, Marie-Thérèse affirma rigoureusement les droits du pouvoir civil vis-à-vis de Rome. Par une bulle du 13 décembre 1740, le pape accordait à la souveraine « une levée do 200,000 florins, dans le terme de cinq ans, sur le clergé des Pays-Bas, pour être employée aux fortifications de Temeswaret Peterwardein. » Le conseil privé trouva la bulle conçue en des termes trop préjudiciables aux droits et hauteurs de Sa Majesté et trop opposée aux coutumes, usages et lois fondamentales des Pays-Bas, pour pouvoir y être admise et publiée. Il affirmait que le prédécesseur de Marie-Thérèso n’eût jamais permis que, par la publication de telles bulles, on fit la moindre brèche à ses royales prérogatives. Il était d’avis que, sans faire le moindre usage aux Pays-Bas delà susdite bulle, on pourrait, après que les états des diverses provinces auraient accordé leurs subsides, s’adresser à tout le clergé en général et à tous les abbés les plus importants en particulier pour demander un don gratuit, leur représentant que, « quoique la souveraine eût à cet effet un induite du pape, elle préférait, à l’obtention d'un secours par forme de charge et imposition ordonnée par une puissance étrangère, la demande d’une assistance cordialo et. volontaire de ses bons États et sujets (1). »
En 1750, Marie-Thérèse fut également très-forme dans la revendication des droits de l’autorité civile. Le pape Benoît XIII avait ordonné decélébrer la fête de Grégoire VII, mis au nombre des saints. Or, le conseil privé signala à l’attention du gouvernement, parmi plusieurs choses hasardées et indécentes figurant dans l’Office de Grégoire, cette période remarquable : “ Contra Henrici iniperatoris iniqnos conatus, fortis per omnia athlcta impavidus permansit, se que proniuro domui Israël ponere non timuit, ac eumdem Henricum in profundum malommprolapsum,fidelium couimunione regnoque privavit, atque subditos populos fide ei data liberavit. » Le conseil trouvait l’énonciation - choquante et injurieuse à tous les souverains » et disait que tous, même les états de Hollande (quoique protestants) l’avaient jugée telle. Il ajoutait : « Nous laissons à la considération deS.E. le gou-
(1) Archive* du conseil privé, rapport ilu 6 mars 174-1.