‹ Les pays libres leur organisation et leur éducation d'après la législation comparéeChapitre 2 sur 34 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Qui de nous, s'il arrête sa pensée sur les difficultés de l'heure présente, ne se demande avec inquiétude à quel avenir notre pays est réservé ?

Depuis 1848, nous avons été dotés, soudain et sans préparation, d'abord du suffrage universel, puis du régime républicain ; et en même temps on a laissé debout notre vieil appareil d'administration créé par Richelieu et Louis XIV, renouvelé par Napoléon P^ en vue de fonder ou de restaurer le pouvoir d'un seul. Empêchés ainsi, pour la plupart, de concourir d'une manière effective à la chose publique, ne rencontrant que de rares occasions de nous rapprocher les uns des autres, à quelle école et comment apprendrions-nous à pratiquer sagement nos nouvelles institutions, c'està-dire à discerner le bien et le mal dans la gestion des affaires du dedans et du de-

II PBEFACE.

hors, à penser et à agir en commun, à v.oter avec clairvoyance ?

D'un autre côté, certaines de nos lois les plus essentielles, notamment celles qui régissent la tutelle des communes et des départements, la police urbaine et la police rurale, le nombre des conseils locaux, le nombre des membres de ces conseils et leurs attributions, l'administra tion spéciale de la ville de Paris, la nomination et la révocation des fonctionnaires et employés, ont été édictées à des époques où s'exerçait sans conteste, soit le pouvoir d'un seul, soit le système de la candidature officielle. Maintenant, qu'au contraire, la souveraineté procède du suffrage universel à peu près livré à lui-même, est-il admissible que ces lois, survivant à leur principe, concordent avec le nouvel état de choses et qu'elles répondent à nos besoins actuels ?

Non seulement les aptitudes et les mœurs de la liberté, mais les instruments propres à nous les faire acquérir et le véritable organisme du gouvernement du pays par le pays manquent à notre troisième république, comme déjà, dans le

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