SCÈNE IV
Les Mêmes, la COMTESSE, VALENTINE.
(La comtesse est en grand deuil de veuve; elle donne le bras A Valentlne. — Un domestique en livrée, portant leurs livres de messe, marche derrière elles.
paysans, en les voyant paraître, ont Oté leur» chapeaux.)
MARTIN
Salut, madame la comtesse.
Salut, marne la comtesse.
CBAMPUIS.
Salut, marne la comtesse... (Saluant Vatemine.) Vol’ serviieur, manuelle... vol’ santé est bonne?... LA COMTESSE.
Bonjour, mes enfaus, bonjour !
GRAIN D’EPI, aux paysans.
Dites donc, vous qu’en disiez tant de mal tout 4 l’heure, vous les saluez bien bas à présent...
(A Valentine.) Eh ben ! manuelle, sous v’Ià donc tout A fait rétablie ?
VALENTINE
Merci, je vais mieux... beaucoup mieux maintenant.
LA COMTESSE
Chère enfant !... sons elle que serais-je devenue?... Ah ! le ciel ne pouvait pas me réserver wtte nouvelle épreuve !... Il devait conserver ma fille à ma tendresse... à mes prières...
CBAMPUIS.
Et aux nôl’s, marne la comtesse .. à celles de •oat le village...
GRAIN D’ÉPI , lui donnant un coup de poing.
Satané cafard, va I
LA COMTESSE
Ah ! c’est vous, Cbampuis... Eh bien! la mois- *on a-t-elle été bonne cette année?
CBAMPUIS.
Pas trop, marne la comtesse, pas trop .. J’ona eu 1*° à souffrir d* la sécheresse... Pas tant seutaneotune pauv’ goutte d’ pluie... Les aveines ont séché sua pied... et les blés ont été grillés par ■* chaleur. Y n’ tombe jamais d’eau, dans c’ maudit canton !
valentine.
Et vous, père Martin, la vendange?
Martin.
Oh I là vendange, raamselte... ça n'ira pas fort non plus... Les raisins ont été nayés... Une mie aval anche, quoi Î...Y pleut toujours, dans ce damné pays!...
GRAIN D’ÉPI
Escuseï ! y n’ tombe jamais d’eau: y oleut toujours!... En v’Iù deux que le bon Dieu* aurait du mal à contenter.
CBAMPUIS.
Al» ! faut être jusse... y a ben d’ la misère c*t’ année dans 1’ pays, saus compter les mauvais voisins qui cherchent à vous faire du tort J„, Tu connais ça, toi, Martin?
MARTIN
De quoi?...
LA COMTESSE
Des querelles entre vous!... On m’a parlé, je crois, de vos différends... et je veux vous mettra d'accord.
CBAMPUIS.
Vous, marne la comtesse?...
LA COMTESSE
Oui... et pour finir vos querelle*, je donne à chacun de vous un demi -arpent.
- TOUS
Un demi-arpent !...
cbampuis.
Comment! vrai, marne la comtesse?
MARTIN
F.t où que se trouve le mien ?
CBAMPUIS.
Où qu’est celui que marne la comtesse me donne?
LA COMTESSE
Juste au milieu de vos deux champs...
CBAMPUIS et MARTIN, étonné*.
Ah bah!...
BRIGOT
Bon, c’est ce qu'y x’y ont pris depuis longtemps.
LA COMTE59E
Voilà qui assure vos droits et qui fixe la limite de la propriété de chacun.
CBAMPUIS.
Ab I c’est... c’est c’t arpent-là que marne la comtesse nous donne.
LA COMTESSE
Oui, mes amis... et c’est assez juste: il y a si long temps que vous soignez mon champ comme s’il vous appartenait, que je ne pouvais le placer en de meilleures mains.
(Quelques coups de cloche se font entendre, et plusieurs paysans entrent dans l’église pendant l’entrée de Lucien et de Marguerite.)
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