SCÈNE V
Us Mêmes, LL 7 CI EN, MARGUERITE.
grain D'ÉPI, remaniant la scène.
Tiens, c’est in’sieu Lucien, le médecin du vil-
LUCIEN, donnant le bras 8 Marguerite.
Venez, tno mère... J’ai voulu vous accompagner jusqu'à l’église.
MARGUERITE. à part, avec un cri d'effroi.
Ciel!... la comtesse et sa fille I
S * VALENTINE, à part.
M. Lucien !...
LA COMTESSE
Abl c’est vous, docteur... Pourquoi donc ue tous voit-on plus au château?
LUCIEN, s'inclinant.
Madame la comtesse...
LA COMTESSE. y
Peut-être avez-vous oublié les soins empressés que vous avez donnés à ma fille pendant sa maladie... mais nous, monsieur, nous nous en souvenons... et nous attendions voire visite...
MARGUERITE, à part, et très émue.
Que dit-elle?
LA COMTESSE
Il faut venir, monsieur le docieur... aujourd’hui même, entendez-vous?... Nous serons charmées de vous voir... et de vous voir souvent.
MARGUERITE, A part.
Grand Dieu!
LUCIE!*
Puisque madame la comtesse le permet.. . j’aurai l’honneur de me présenler chez elle.
LA COMTESSE
Allons, Valenline, rendons-nous à l’église... (A Loden.) A bientôt, docieur... N'oubliez pas qu'on vous attend au château.
(Les cloches sonnent. Lucien salue respectueusement.
— Valeotine et sa mère s’éloignent en faisant un
signe amical au docteur, et entrent dans l'église.)
MARGUERITE, 8 Lucien, avec émotion.
Au château !... Non... non... tu n’iras pas!... tu n'y es déjà que trop allé dans cetle maison.,. Oh I tu n’y retournera plus , n*est-ce pas?... Tu me le promets?
LUCIEN
Pourquoi donc, ma mère ?... N'ai-je pas donné des soins à la jeune comtesse?
MARGUERITE
Ofci, mais je l’ai su trop tard.
LUCIEN
Je rai sauvée, ma mère 1
MARGUERITE
Et si la science l’avait trompé... si Valentine était morte, mallu'urctft... Sais-tu bieu ce qu'il* auraient pu dire?
LUCIEN
Ma mère, vous m’effrayez... Parlez!
MARGUERITE
Eh bien ! cette mort cruelle qu’ils pourraient attribuer à l’ignorance d’uti autre... ils auraient dit que toi...
LUCIEN
Achevez...
DOMINIQUE, au fond.
Pauvre aveugle, s’il vous plaît?
MARGUERITE
Oh ! non, non, je ne dois pas, je ne veux pas te révéler... Ne m'interroge plus, Lucien, et laisse-moi aller prier Dieu...
(Elle se dirige vert l'églbe.) DOMINIQUE, au moment où Marguerite passe devant lui.
Pauvre aveugle, s’il vous plaît?
MARGUERITR. lui donnant.
Priez pour moi, Dominique... car je suis bien malheureuse aussi 1...
(Elle entre vivement dans l'église. — Pendant cetle scène, les cloches ont aonné. — Plusieurs paysan* et paysannes entrent dans l'église. — Dominique se tient à la porte, tendant son chapeau aux paysans; il y entre après les autres.)
LUCIEN, à part, sur le devant.
Que se passe-t-il donc dans l'âme de ma mère?... Aurait-elle deviné ce que je voudrais me cacher à moi-même?... Mol, pauvre médecin de village... fils d’nne humble paysanne... aimer une jeune fille noble et riche... En vain je médis sans cesse qu’il y a de la démence à y penser ... en vain je voudrais la fuir.,., en cet instant encore, je me sens attiré vers elle... dans ce temple où je devrais prier... et où je n’entre que pour la voir L..
(Il entre dans l'église.)
CBAMPUIS.
Bah 1 elle s'est moquée de nous ; mais c’est égal, c’est tout d’ même une bonne femme que c’ie comtesse de Luxeuil !...
BRIGOT
Ah 1 ça, la crème des femmes !...
MARTIN
El sa fille donc 1... c'est elle qui vous a du miel sur les lèvres...
BRIGOT
Et pis, pas fière du tout avec I’ paysan.
CHAMPU1S.
Oh ! ça, beu aimable avec I’ paysan.