ACTE I, H* TABLEAU, SCÈNE VF. 1S
LA COMTESSE
Mais vous l’avez Tait avec un zèle, un dévoü* ment...
RAOUL, froidement.
Dont nous sommes tous reconnaissons, monsieur.
LA COMTESSE
c*est pour vous témoigner cette reconnaissance, plus encore que pour acquitter une dette, que je tous ai prié de passer au château.
LUCIEN
Une dette, madame... Mais notreplus belle récompense n’est-clle pas dans le succès qu’obtiennent nos soins, daus le bonheur d'avoir rendu à une famille désolée l’être chéri qu’elle croyait perdu?...
LA COMTESSE
Oui, je connais votre désintéressement, docteur... je sais l'emploi que vous faites de votre science... et il y a, dans nos campagnes, plus d'un malheureux qui bénit votre nom... mais il est juste cependant que les riches paient pour les pauvres... (Elle lui présente une bourse.)
LUCIE*, refusant.
De grâce, madame la comtesse...
RAOUL, froidement, mais avec hauteur.
Pardon, monsieur; libre à vous d’offrir à d’autres votre secours gTatis... mais la famille de Luxeuil est dans l'usage de payer les soins qu’elle accepte... (Mouvement de Lucien.— Valeuline laisse tomber sa broderie et regarde Raoul.) C’est comme médecin qu'ou vous a fait appeler; comme médecin seulement que vous êtes ici...
(Valent! ne se lève et se rapproche.) LUCIEN, avec un effort sur lui-raéme et d’une voix
étouffée*
Monsieur !
VALENTINE, avec reproche.
Mon frère!...
RAOUL
Plus tard, si M®» | a comtesse et moi le jugeons convenable, nous pourrons vous y admettre à un autre titre... au litre d’ami... mais jusque-là c’est au docteur que je m’adresse. (Prenant la bourse des mains de la duchesse et la présentant à Lucien.) Prenez donc, monsieur, car un plus long refus aurait droit de m'clonncr, et je pourrais y voir une offense !...
(Il loi glisse l'argent dans la main. — Lucien accablé
le laisse faire.)
VALENTINE, à part.
Pauvre Lucien !
RAOUL
Des soins de famille nous réclament... ma mère, si vous le vouiez bien , nous passerons chez vous.
LA COMTESSE
Adieu donc, docteur-, adieu.
(Lucien s'incline, Valentine le salue et sort la première.— Raoul et la duchesse la suivent.)