VALENTIN E, VAUDOYER
VAUDOYER, A part.
Elle id, près de moi !... Oh ! je pensais bien qu’ils en viendraient à la prière... mais ce n'est pas elle, elle, que j'attendais...
(Musique. — Sortie de Phcebus et de Fleur de Lys.) VALEHTIItB.
Comme je Iremble !...
La contempler sans obstacle... lui parler uni témoins... Oh! non, non, je ne faiblirai pas!.,. Vàlentine, A part.
O mon Dieu ! donnez-moi du courage !...
VAODOYEg, s'avançant brusquement.
Nous voilà seuls, mademoiselle !... vous pouvez parler...
VALKrTIRB. effrayée.
Pardon, monsieur... Mais, quoique le sujet qui
m'a mène soit assez gruic pour motiver celte démarche... je me sens tellement émue...
(Elle s'arrête toute tremblante.}
VAUDOYER
Remettez-vous, mademoiselle I...
VALENTiRE, cherchant à se remettre..
Celle entrevue vous est pénible... monsieur,., je le comprends, et je vais tâcher de l'abréger...
VAUDOYER, froidement.
Soit J...
VALENTIRE.
Ma mère a tout appris monsieur !... elle sait que mon frère est votre débiteur, et que, si dans trois jours il n'a pas rempli ses eogagerneus, la vente du château sera affichée à notre porte...
VAUDOYER
C'est mon droit, mademoiselle... et je veux...
VA LEVURE, le regardant avec douceur.
Oh! monsieur!... monsieur!..*
VAUDOYER, qui l’a regardée.
El je crains d’être forcé...
VaLENTINF..
Moi... monsieur... j’ai espéré que, peut-être, vous ne pousseriez pas la rigueur jusque-là... et je suis venue pour vous implorer...
VAUDOYER, s'oubliant.
M’implorer!... voua, vous, mademoiselle!...
(Sc remcioiit.) Je regrette d'avoir ù vous dire... que ce sera vainement...
VALENTIRE.
Oh! non... Vous u’êles pas impitoyable, monsieur!.., Les larmes d'une pauvre fille qui prie pour sa mère doivent trouver le chemin de votre cœur!...
VAUDOYER
Mais... mademoiselle...
VALENTIRE, vivement.
J’en suis certaine!... Est-ce que je serais venue sans cela?... Non, non !... Je me suis dit : Si M. Vaudoyer en veut à notre famille, s’il est devenu notre ennemi, c’est que quelqu'un des nôtres a eu des torts envers lui... sans doute... vaudoyer.
Eh... envers mol T...
VAtBRTlNt
Mot» frère... ou mon père, peut-être...
VAUDOYER, avec dftot.
Votre père!...
VALBNTTNB.
Il était noble et bon... mais quelquefois bien
•èvère...
VAUDOYER
Dites implacable, mademoiselle!...
VALENTINS.
Obi c’est lui... oui.*, c’est lui qae vous haïssiez!#.. Mais dous, monsieur... mais ma mère n’a tien fuit qui puisse lui mériter votre haine!../ Elle est innocente envers vous, eUe!,^ Et ai c'est
mon père qui fut coupable, vous vous souviendrez que mon père est mort!...
VAUDOYER
Assez, mademoiselle I... assez 1... Me me dites plus rien... ne me parlez plus de votre père!...
* Valentins.
Oh!... promettez -moi, monsieur, que vous n’exécuterez pas votre cruelle menace!,..
VAUDOYER
Que je vous promette... (La regardant fixement et avec ardeur.) Tenez, mademoiselle... je veux être franc avec vous... je veux vous avouer que vous m’avez trop bien jugé... Je ne sais pas généreux, mademoiselle ...
VALENTIRE.
Comment I...
VAUDOYER
Non, je ne sais pas faire le bien pour le bien... Quand j’ai pitié d’autrui, il faut que cela me rapporte h moi-même... Lorsque je donne, eoGn, il faut qu’on me rende...
(Tout en parlant, it s’est peu à peu approché très près
d’elle, l'œil étincelant d'amour et tes mains frémissantes.)
VALENTIRE.
Que pouvons-nous vous offrir, monsieur T...
nous sommes déjà trop pauvres pour vous
payer...
VAIî DOTEE.
Mais ne s’acquitte- t-on qu'avec de l'argent?..,
VALENTIRE.
Oh ! croyez à ta reconnaissance de Raoul... n VAUDOYER, d’oue vaU Bêche.
Je ne veux rien de lui !.*
VALENTIRE. ^ || U
Aux bénédictions de ma mère...
VAUDOYER, avec ardeur.
Mais vous!... vou*!... * (î
VALENTINS.
Moi, monsieur]... Oh! tout ce qu’une pauvre jeune fille peut donner de sainte affection... tout ce que son âme contient de dévoûment... tout ce que son cœur renferme d'ardentes prières... oh ! Je vous Offre tout cela, monsieur, pour un mot. pour un seul mot qui me dise que vous sauverez ma mère!...
(En achevant ces mots, Valenline tombe à genoux devant Vaudoyer.)
VAUDOYER, la relevant.
A genoux!... A genoux devant moM^, vous, -Ai jeune, si inooceute et si belle!... (A part.) Oh! oui, oui !... bien belle L.. (BautO Relevez-vous, relevez- vous, mademoiselle!... p
VAIJUIXHIg.
Non, je ne me relèverai pas!... nopi^ Ne renvoyez pas, monsieur, sans «e donner une parole d’espérance !... Laissez -mol rendre la vie a» ma mère!... que je puisse lui dire que tou*