‹ Les PaysBas au 16. siecle Le comte d'Egmont et le comte de Hornes 15221568Chapitre 56 sur 180 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

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Philippe II feignit la surprise et apprenant le mécontentement des seigneurs (1)!

Il est cependant hors de doute, comme Guillaume le Taciturne devait le publier dans son Apologie , que le comte d’Egmont avait été abusé par la parole du roi. C’est ce que Granvelle reêonnaissait, au surplus, lorsqu'il écrivait il Viglius que le roi avait voulu congédiér le comte d’Egmont avec quelques paroles honnêtes mais creuses, et que tout cela n’avait eu pour objet que de gagner du temps (2). Cette fourberie devait être un jour stigmatisée par les États-Généraux des Pays-Bas affranchis et mise au nombre des causes qu’ils alléguèrent pour décréter la déchéance de Philippe II. Les Étals-Généraux rendirent solennellement hommage à la loyauté du comte d’Eginont.

Ce seigneur, se voyant trompé, devint sombre et triste. Il ne se borna point à se plaindre au conseil d’État du désaccord qui existait entre les dépêches de Valladolid et les promesses qu’il avait recueillies de la bouche du roi. Il vint trouver la régente pour lui dire qu’il voyait bien que le roi avait voulu le discréditer et que, mis ainsi dans l’impossibilité de le servir, il se retirerait chez lui et ferait connaître au monde que le tort n’était pas de son côté, mais qu’il fallait s’en prendre aux mauvais conseils donnés au roi par ses ministres (3).

En communiquant au conseil d’Artois les derniers ordres du souverain, Egmont tint un langage encore plus énergique. « Il vous mande, dit-il, d’observer et d’exécuter de point en « point les placards de feu l’empereur. Quant à moi, je lui ai « dit franchement mon avis pour le dissuader de ce que pluie sieurs, qui ne lui voulaient guère du bien, lui conseillaient « contre son service et la tranquillité du pays, mais j’ai connu « par expérience que l’Espagnol a plus grand crédit que moi. » Egmont avait d’ailleurs coutume de séparer Philippe de son conseil, d’attribuer (étrange aveuglement!) les qualités les plus

(Il Gonçalo Perez à T. Armenteros, 30 juin 1565. Correspondons de Philippe II, t. 1", p. 358.

(îl Papiers d’État, etc., t. IX, p. 388.

13) Lettre secrète de la duchesse de Parme au roi (juillet 1563). Correspondance de Philippe II, 1. 1", p. 361.

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