IÎ
LE COMTE n’EGMONT ET LE COMTE DE IIOHNF.S.
généreuses au fils de Gharles-Quint et ses déplorables résolutions aux ministres espagnols, qu’il avait le tort de consulter (1).
Le 18 juillet, Kgntont écrivit encore au roi pour le supplier de prendre, en ce qui concernait le conseil d’Ëtat, une résolution conforme aux avis qui lui étaient adressés par la régente. « Tant que les choses resteront dans l’état où elles sont, lui « disait-il, les affaires ne se feront pas. Il n’y a que ceux dont « l’autorité particulière est intéressée qui ne désirent les chante geinents proposés (2). »
De leur côté, les suppôts de l'Inquisition, les espions que Philippe II entretenait dans les Pays-Bas, ne cessaient de contrarier les voeux du comte d’Egmont et de ses amis. Le contador Alonzo del Canto envoya en Espagne, à ses propres frais, Lorenzo de Villavicencio, religieux Augustin de Bruges, pour s’opposer aux efforts et aux démarches des partisans de la tolérance. Ce moine arriva ù Madrid au mois de juillet ou d’août 1565. Il eut de longues audiences du roi et le confirma dans la résolution de demeurer inflexible (3).
On commençait à craindre que Philippe, loin de faire des concessions, n’eût le dessein d’introduire dans les Pays-Bas l’Inquisition comme elle existait en Espagne (4). En attendant
il) Pontus Paven. dans la Guerre civile des Pays-Bas (livre 1"), a cite, comme témoin, le discours que nous avons transcrit. « J'ay bonne souvenance, dit-il, qu'estant ledit comte en la ville d’Arras, incontinent après son retour d'Espagne, il lit convoquer messieurs du conseil d'Artois auxquels il délivra de sa main les lettres, etc. • Mais de même que nous nous délions quelquefois des méchants commérages de Morillon, de même nous nadmellons iwint sans restriction les rumeurs accueillies également par Pontus Paycn mr une prétendue mésintelligence entre le comte d'Egmont et le prince l'Orange. Où est le document sérieux prouvant que Guillaume de Nassau a incriminé la loyauté du comte d’Egmont et accusé son ami d'avoir, ébloui par les faveurs du roi, oublié, pendant son voyage d'Espagne, les charges de sa légation? Dans l 'Apologie, c’est Philippe H qui est flétri pour avoir trompé le comte d'Egmont.
(i) Correspondance de Philippe II, 1. 1”, p. 339.
(3) Papiers d’Èlat du cardinal de Granvelle, t. IX. p. 3 i
(4) Lettre de Richard Clough..., Anvers, août 1363 ( British Muséum i. Voir Bulletins de la Commission royale d’histoire, i’ série, l. XII.