LA SCCTTJn'URB
Nos meilleurs sculpteurs étaient allés chercher à l’étranger la gloire, les honneurs, la richesse que leur refusait la patrie.
Les Anversois Rysbrack (1692-1770) et F.Schcemaekers (le jeune) travaillaient en Angleterre et y sculptaient un grand nombre des monuments funéraires do l’abbaye do Westminster (1091-1779). Ainsi encore, T. Quellin, d’Anvers, vivait en Danemark ; Tassaer, d’Anvers, était sculpteur du roi de Prusse; Verschaffelt, de Gand, dirigeait l’académie do Mannheim et était architecte et sculpteur do l’Électeur. Plusieurs seraient revenus peut-être en Belgique s’ils avaient été informés des efforts et des intentions du gouvernement.
Mais, malgré l'émigration, nous avions encore un grand nombre do sculpteurs. C’était îi Malines que s’étaieut principalement conservées les fortes et anciennes traditions. Théodore Veihaegen (1701-1759) sculptait on bois les chaires et les confessionnaux magnifiques qui font encore aujourd’hui l’admiration dos connaisseurs. P. Yalekx (1734-1783), .son élève (1), réussissait parfois îi l’égaler et Van Geel (1756-18..) continua dignement, jusque dans le dixneuvième siècle, cette école originale et v'goureuse. — Anvers, quoique ses meilleurs maîtres fussent absents, pouvait nommer encore A. Van Papenhovo (1068-1752), A.-F. Schobbers (1720-1781), G. Moens (1698-1702), les deux Gillis (2), F. Van Usel (vers 1770), qui travaillaient avec succè.s le bois et le marbre. — Jac<îues Berger (Berge), de Bruxelles,(1090-1758), sacrifiait au goût français, mais ne manquait pas d’élégance (3). — L. Delvaux, do Gand, (1695-1778), qui s’était établi iiNamur, jouit encore aujourd’liui d'une réputation qui
(1) Smejers : Kunsiminncnde ivandfUngen binnen JUecheUn, manuscrit do la bibliothèque royale.
(2) Vanderstraeten : Jaerbork.
(3) klétnoire de Kacrt, sur le» sculpteurs et les architectes des Pays-Bas, (t. XVI des compter rendus de la Commission royale d’histoire).
nous dispense d’insister sur ses grandes (jualités. Son élève Duroy, de Naniur, beaucoup moins célèbre, ne manquait pas de mérite. A Bruges, la sculpture enregistre les talents fort estimables de II. rulinckx (1698-17S1) et do P. Pepors (1730-1784) (1). — Des noms moins connus sont ceux de Henri Mathys, de Gand (-f- 1752), Jean-Baptiste Xavcry, d’Anvers (1697-1742), P.-F. Liscnno, de Bruxelles (1721-1778) (2). Le gouvernement, nous l’avons vu plus haut, accorda spécialement scs faveurs îi Fernande, îi l.e Roi, ii Van Pouck (1740-1809) et h Godecharlo (1750-1835); les doux derniers devaient se faire une renommée durable.
f. L’ARCmTECTCRE.
Do toutes les branches de l’art du dessin, l’architecture laissait le plus il désirer. Il n’y avait ni goût ni cachet dans les constructions particulières; il n’y en avait pas davantage dans les édifices publics. On ne peut citer, au début du règne, qu’un architecte d’origine lirabourgeoiso, Laurent-Benoît Dewez, de Rechaiu (1731-177.), et un Anver- Bois, J.-B, Vau Bourscheit (1699-1768), auteur do quelques constructions assez importantes h Anvers.
Mais c’est ici que l’influence du gouveniement se fit heureusement sentir. Bruxelles particulièreraeut n’oubliera jamais que c’est au prince Charles do Lorraine qu’elle doit deux do ses plus beaux quartiers ; la place Royale (1776), dont le plan est de Guymard, et le quartier du Parc auquel travaillèrent Zinnor et. Guymard. C’est encore Gujmard qui, avec P.-J. Sandrié, construisit en 1778 le palais actuel de la Nation (3). La construction do l’hôtel du ministère des finances fut dirigée par L.-J. Baudour.
d. OBAVTRE.
La gravure no compte guère d’autre représentant que Cardon (1739-1822), mort professeur îi l’académie do Bruxelles ; il avait fait
(1) Couvez : Invenlaire de$ d'or/, etc . , de la Flandre occidentale.
(2) Baert.
(3) Tienne et Wauters : Histoire de Bruxclln, t. III.
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les planches des Antiquités étrusques, grecques et romaines du chevalier Hamilton, et gravé plusieurs tableaux do grands maîtres. — Le graveur en médailles Jean Duvivier, né h Liège on 11)87, mort on 1761, résida à Paris.
f. LA MUSIQUE. — LE THLL^TUE.
Nous n'avons pas trouvé dans les diverses branches do l’art du dessin un nom vraiment saillant, un artiste hors ligne. Nous en avons un dans la musique : Grétry, né h Liège en 1741. Ses opéras : le Iluron, le Tallcau parlant, Zémire et Azor et VAmant jaloux datent du régne de Marie-Thérè.so (1).
Assez loin de Grétry, quoi qu’on en ait dit de son temps, se place Gossec, né dans leHainaut, îi Yergnies, en 1783. Sa Messe des morts, qui est peut-être ce qu'il a fait de mieux, a été composée en 1762; ses opéras : les Pécheurs et la Fête du tillage ont été représentés pour la première fois en 1778.
Voici quelques autres noms de compositeurs, beaucoup moins importants (2) :
Henri-Jacques De Croes, maître de musique de la chapelle royale de Charles de Lorraine, a fait un grand nombre do messes (3). Il avait, en 1753, remplacé îi la chapelle royale son père, Vict. De Croes, qui n’avait pas son talent.
Ch.-Jos. Van Helmont, né îi Bruxelles (1715-1790), maître do musique de l’église cathédrale des 88. Michelet Gudule, est l’auteur d’un divertissement, le Retour désire, <)ui se rattache probablement à la rentrée de Charles de Lorraine îi Bruxelles en 1749. Il a fait beaucoup do musique religieuse.
Ch. -Félix De Hollandre, compositeur de musique d'église( est mort en 1750.
Citons enfin, avec M. Vanderstraeton, les facteurs do clavecins Albert Delin (qui vivait îi Tournai de 1750 îi 1770) et Jean Dulcken,
(1) Le Tableau pnrlnnt^A de I7C9; Zvmire et Axor^ de 1771 ; TAmunt jaloux, do 1778.
(2) Vanderstracten : La muAique aux Puyr-Da* aunixt le xix* t’Me, 1.
(3) Le catalo^rue tiiématii|uc de te» mettes, etc., est aux archive» du royaume (Office fiscal du llrnhaut : Mortuaire de Otaries de Lorraine, 1736),
qui vint s’établir b Bruxelles en 1763; le graveur de musique Beuolt Andrez, do Liège, qui édita, un des premiers aux Pays-Bas, un recueil périodique do chant, et le célèbre joueur d’arcbi-luth, Ursillo Fabio, Romain de naissance, qu’un long séjour a naturalisé en Belgique (1).
Lo gouvernement ne fut pas plus avare d'encouragements pour la musique que pour les autres l)rancbes des bt'aux-arts. Les subsides, les secours, les cadeaux (les tabatières surtout!) récompensèrent nos artistes-musiciens. Le duc de Lorraine ne faisait pas moins de cas d’eux que des sculpteurs et des peintres.
Charles de Lomiine aimait le tbétltre. 11 veillait à maintenir lo thétltre de Bnixollcs îi la hauteur de sa vieille réputation, qui lui avait valu d’élre cité connue le meilleur de l’Europe après ceux de Paris. \jCsArchircs ih la chancellerie des Pays-Bas contiennent à ce sujet de nombreuses demandes de faveurs et de subsides (2).
(1) Il fut nommé, en 1725, musicien particulier de l’évcquc de Tournai ; il mourut en 1752.
(2) Arthh-r» de lei chanceUcrie de» D. B5, S.; D. Wî, B.; D. 82, B. Sur le
théâtre tle Bruxelles, voir Dérivai, t. î ot II, et le* NouMUe» huren «/r l'vtni de» Vny$~ Bn» ûuirichie‘n»f p. 50.