LES ISLES DE LA MAGDELEINE
Il serait difficile d’aborder la question des pêch:ries, sans dire un mot en passant de ce magnifique groupe d’iles, au nombre de treize, qui fournissent aux pêcheurs américains chaque année au-delà de 100,000 quarts de poisson ; je veux dire les Iles de la Magdeleine, lesquelles Lord Dorchester offrait gracieusement en présent à l’amiral Sir Isaac Coffin, l'oncle du présent possesseur John Townsend Coffin, aussi admiral de la marine anglaise, (la patente est en date du 8 juin 1798,) et cela en reconnaissance de l’heureuse traversée, que Milord avait faite de l'Atlantique dans la frégate du marin Breton.
Le Havre d'Amherst et le Havre aux Maisons sont les Havres les plus marquants dans
tout le groûpe : il y vient dans la saison de la pêche au hareng, 250 goëlettes américaines et autres : à force de jetter le leste à l’entrée du hâvre d'Amherst, on a réussi à le détériorer beaucoup. Je pense qu’il devrait y avoir des dispositions législatives spéciales pour autoriser les habitants des Iles de la Magdeleine à faire des réglements municipaux pour exiger un droit d’anchrage des goëlettes qui fréquentent ce havre—ce revenu aïderait à payer un maître du havre et servirait à y placer des bouées, balises, etc. Quand s’occupera-t-on de régler le sort de ces 2,660 descendants d’Acadiens établis aux Îles de la Magdeleine, longtemps avant la date de la patente de l’amiral Coffin? Pourquoi la Province n’offrirait elle pas au Sieur John Townsend Coffin d'autres terres à la place de ces îles qu’il céderait, sans doute, à bon marché, attendu que l’absence de tribunaux permanents, (comme il le disait naguère dans sa requête), lui ôte tout moyen de percevoir ses rentes ? Est-ce qu’en augmentant les pouvoirs du magistrat stipendiaire qui croise l’été dans
ses parages, on n’augmenferait pas aussi son utilité ?