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PRIMES

Le système des primes aux pêcheurs heureux, a de tout temps été un des agents les

plus puissants pour les stimuler à de nouveaux efforts. M. Andrews, dans son grand rapport sur le commerce des lacs et des colonies, page 577-8, démontre la vaste influence des primes que le Gouvernement Français accorde à ses nationnaux qui viennent pêcher sur les bancs de Terreneuve : “ les primes que le Gouvernement accordait en 1814, étaient encore plus élevées que celles qu’il accorde aujourd’hui : sa législation sur ce point a eu pour effet de ruiner les pêcheurs anglais et de jeter toutes ces pêcheries entre les mains des pêcheurs américains et français: ceci s'explique par les primes élevées seulement.”

La 52e Sect. des Statuts Refondus, Chap.

62, accorde $3 par tonneaux, aux propriétaires des goëlettes jaugeant pas moins de vingt tonneaux, pour trois mois de pêche, etc, et plus loin, la loi donne deux tiers des primes au propriétaire, l’autre tiers aux pêcheurs; elle permet toutefois aux pêcheurs et au propriétaire de régler mutuellement par écrit la proportion dans laquelle ils participeront aux primes: les primes offertes sont maintenant de $14,000 par année.

Je pense que ceci devrait être modifié :

Pourquoi n’accorderait-on pas aussi une prime au pêcheur qui produit le meïlleur poisson, la morue la plus blanche, la mieux conditionnée,

tel que cela se fait au Nouveau-Brunswick, où l’on voit (Page 289 du Rapport de M. Perley) que la Législature vota £500 en 1851, pour être distribués par des Sociétés de pêcheries formées sur le même principe que nos sociétés d'agriculture, comme prix aux compétiteurs heureux.

Les vastes ressources des Pêcheries du Canada sont telles que même ceux qui n’ont pas étudié spécialement la question en sont frappés. Ecoutons encore l’abbé Ferland :

“ La législature provinciale semble ignorer la valeur des deux cents lieues de côtes qui s'étendent depuis la Pointe des Monts jusqu’à Blanc Sablon. Les eaux si riches du Labrador sont abandonnées aux étrangers, qui envoient chaque année quatre cents vaisseaux s’y charger des produits de la mer, des rivières et des forêts. Point de magistrat résidant, point d'organisation municipale, ni scolaire, aucun réglement pour déterminer les limites des pêcheries : voilà où en étaient les choses dans le pays jusqu’à cette année (1858). La goëlette du gouvernement, La Canadierne, ne peut suffire pour protéger toutes les côtes des iles de la Magdeleine, du Labrador et du district de Gaspé ; et malgré sa bonne volonté, le Surintendant ne peut-être partout........ un autre vaisseau devrait êlre mis en croisière

sur le golfe du Saint Laurent. Le service d’un bâtiment à vapeur serait plus effectif que celui d’un voilier, souvent arrêté par le calme ou par les vents contraires.”

Quelle que soit la valeur réelle de nos pêcheries de rivières et d’eau profonde, elles ne sauraient en avoir qu’en autant que ceux qui les exploiteront, soit en vertu de baux ou autrement, seront protégés par le Gouvernement dans leurs entreprises.

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