LA TRUITE
(Salmo fontinalis.)
& La truite n’est pas seulement un des poissons les plus agréables au goût, elle est encore un des plus beaux. Ses écailles brillent de l’éelat de l'argent et de l'or, un jaune doré mèlé
DU GANADA. 77
de vert resplendit sur les côtés de la tête et du corps. Les pectorales sont d’un brun mêlé de violet; les ventrales et la eaudale dorées; la nageoïire adipeuse est couleur d’or avec une bordure brune; l’anale variée de pourpre, d’or et de gris de perle ; la dorsale parsemée de petites gouttes purpurines ; le dos relevé par des taches noires et d’autres taches rouges entourées d’un bleu clair réfléchissant sur les côtés de l'animal les nuances vives et agréables des rubis et des saphirs.
# On la trouve dans presque toutes les contrées du globe, et particulièrement dans presque tous les lacs élevés....Il parait que le poëte Ausone est le premier auteur qui en ait parlé.
# La tête de la truite est assez grosse; sa mâchoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure et garnie, comme cette dernière, de dent spointues et recourbées. On compte six ou huit dents sur la langue ; on en voit trois rangées de chaque côté du palais. Ia ligne latérale est droite ; les écailles sont très-petites; la peau de l'estomac est très-forte ; et ily a soixante vertèbres à l’épine du dos, de chaque côté de laquelle sont disposées trente côtes.”
On pêche en Canada des truites de toutes les grosseurs et pesant de deux onces à vingt
livres.
“ La truite aime une eau claire, froide, qui descend de montagnes élevées, qui s'échappe avec rapidité, et qui coule sur un fonds pierreux...e
“ Les grandes chaleurs peuvent incommoder la truite au point de la faire périr : aussi la voit-on vers le solstice d'été, lorsque les nuits sont très-courtes et qu’un soleil ardent rend les eaux presque tièdes, quitter les bassins pour aller habiter au milieu d’un courant, ou chercher près du rivage l’eau fraîche d’un ruisseau ou celle d’une fontaine. Elle peut d'autant plus aisément choisir entre ces divers asiles, qu’elle nage contre la direction des eaux les plus rapides avec une vitesse qui étonne l'observateur, et qu’elle s’élance audessus de digues et de cascades de plus de deux mètres de haut.
Elle ne doit cependant changer de demeure qu'avec précaution. Le tribun Pénières assure que, si pendant l'été les eaux sont très-chaudes, et qu'après y avoir pêché une truite on la porte dans un réservoir très-frais, elle meurt bientôt, saisie par le froid soudain qu'elle éprouve.
“ Il parait que le temps du frai de la truite varie suivant les pays et peut-être suivant d’autres circonstances M. Decandolle, naturaliste de Genève, écrit que les truites du Lac
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