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SYSTÈME TÉLÉGRAPHIQUE ET BULLETINS DE PÊCHE

I] est des hommes qui semblent se dévouer entièrement au progrès et à l’avancement de leur pays ; qui consacrent à cette œuvre toute leur intelligence et toute leur énergie, s'imposant une somme énorme de travail et ne se laissant décourager ni par les difficultés, ni par les obstacles.

L’Honorable P. Fortin, député de Gaspé aux Communes du Canada, bien connu dans notre monde politique, est du nombre de ces patriotes, qui, Dieu merci, ne sont pas rares parmi nous.

Homme instruit et pratique, ayant consacré plusieurs années de sa vie à l'étude des questions touchant aux intérêts des pêches maritimes, connaissant leur importance comme richesse nationale, le Dr. Fortin ne laisse échapper aucune occasion de travailler à leur développement.

Nous devons à ses eflorts énergiques et à sa persévérance les communications télégraphiques établies à grands frais par le gouvernement canadien pour venir en aide à la navigation et aux pêcheries.

Cette ligne télégraphique qui comprend 27,000 milles carrés de nos meilleurs fonds de pêche, reliant entre elles nos stations de pêche les plus importantes, communiquant à tout un système de sémaphores, phares, etc., a été jugé le plus parfait actuellement existant dans le monde entier, par les jurés de l'Exposition Internationale de Londres en 1883, et a eu les honneurs d’une médaille d’or et d’une mention spéciale.

Contribuant dans une large mesure à rendre plus sûre la navigation du Golfe et du Fleuve St. Laurent et à faire éviter aux marins les nombreux dangers qu'ils y rencontrent, ce système télégraphique a eu pour résultat immédiat de faire réduire considérablement le taux des primes d'assurance et d'encourager le commerce généralement. Aux pêcheurs et aux pêcheries, il est aussi très utile et d’une grande importance.

Tous les jours, dans chaque bureau, sont affichés et distribués des bulletins indiquant la température probable pour les vingt-quatre heures à venir, la présence de la BoITTE—bait—dans certaines localités, le mouvement des bancs du poisson, la quantité des différentes espèces capturées, etc., etc.

M. W. EF. Witcher, ex-commissaire des pêcheries de la Puissance, consulté sur l'à-propos d'établir une ligne télégraphique le long de nos côtes maritimes, écrivait en 1876 :

“# L'xeploitation d’une industrie aussi importante que celle de la pêche, 82 faisant sur une étendue de neuf cents milles de côtes, est nécessairement accompagnée de nombreux dangers et de fréquents mécomptes.”

“ J1 faut souvent exposer sa vie et sa propriété. Le succès dépend beaucoup de la température, des saisons et de diverses autres causes. Plusieurs espèces de poissons, d'habitudes errantes, sont excentriques dans leurs mouvements, abondent aujourd’hui dans une localité d’où ils seront complètement disparus le lendemain. A vingt milles d'un établissement de pêche important, sur une côte aride et inhabitée, le poisson peut donner et séjourner plusieurs jours sans qu’il soit possible aux pêcheurs voisins de s’en assurer. A d’autres endroits le poisson est trop abondant, les pêcheurs, en trop petit nombre, ne peuvent suffirent à sa capture et à sa préparation ; tandis que dans un poste voisin, les hommes ignorant ce fait, sont les bras croisés et peuvent à peine prendre assez de poisson pour leur provision d'hiver.”

“ Des bateaux-pêcheurs reviennent souvent vides au port, de certains fonds de pêche, où un peu auparavant ils auraient trouvé le poisson en abondance. D’autres perdent la meilleure partie de la saison de pêche à croiser le golfe à la recherche des bancs de poissons. Cependant nos mers sont remplies de poissons qui approchent certains points ignorés des côtes et fréquentent les haut-fonds.”

“ I1 doit être possible à l'esprit de progrès moderne de trouver un moyen d'obvier à tous ces inconvénients et le plan qui me paraît le plus exécutable et devoir mieux rencontrer le but proposé, est l'établissement d’une ligne télégraphique reliant entre elles nos meilleures places de pêche.”

“L'idée d'établir le long des côtes des stations d’où l’on peut observer les mouvements du poisson et en donner avis aux pêcheurs a déjà eu un commencement d’exécution en Norvège, en Hollande, en Allemagne, en Sicile et sur la côte de Cornwall ; et dans tous ces endroits ces observations ont rendu de grands services aux pêcheurs et ont aidé beaucoup au développement des pêcheries.”

“Je ne doute nullement que l'établissement d’une ligne télégraphique serait très avantageuse aux pêcheurs canadiens. [L'existence d’une telle ligne encouragerait les capitalistes, inspirerait plus de confiance à ceux qui journellement s'exposent aux fatigues et aux dangers de la pêche et nous permettrait indubitablement d'augmenter la production de nos pêcheries et le chiffre 1e nos exportations de poisson.”

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