CHAPITRE XIII
assurer la fortune de mademoiselle de Verneuil contre la dissipation du vicomte. J'ai opposé un refus courageux à la fusion des biens des deux époux.
— Vous avez bien agi ; mais d'où vous sont venus ces renseignements sévères sur la conduite du vicomte?
— On a fait tout au monde pour me les laisser ignorer, mais je n'en ai pas moins appris, et de sources certaines, que M. de Fontac est le digne émule de son grand-père, qu'il a dissipé la majeure partie de sa fortune en intrigues et en débauches... Hélas! et j'en ignore peut-être bien plus!
— Il ne faut pas chercher à vous instruire davantage, ma sœur... S'il est vrai que vous deviez bientôt rendre votre âme à Dieu, vous veillerez du ciel sur votre enfant, et vous la préserverez. Le vicomte peut être ramené à de bons sentiments ; les vertus de sa femme le guideront. Dans quelles intentions m'avez-vous confié ces secrets douloureux ?
— Afin que vous soyez pour ma chère petitefille sur la terre ce que vous souhaitez que je sois pour elle dans le ciel, où je n'entrerai pas, hélas !
— Vous avez vécu près d'un siècle, ma sœur, et, pour une faute expiée par bien des larmes, vous avez fait beaucoup de bien... An nom du
272 LES PÉCHÉS SIIGNOIVS.
Dieu de miséricorde infinie, je vous absous.
Mademoiselle de Péruse avait écouté cette pieuse consolation dans un profond recueillement : elle n"y répondit pas. Au bout de quelques instants, elle dit d'une voix faible :
— Mon père, j'ai tout dit; veuillez demander mon confesseur habituel... je crois que le temps presse.
H^ llll PRbMIEIt VOt.UME.