‹ Les pêcheurs de Catane drame lyrique en trois actesChapitre 10 sur 61 · ACTE FBEMISa. H · texte numérisé non relu

ACTE FBEMISa. H

- FEnNAKD.

Uné histoire?...

CAR.MEN

Qui vous intéressera, j’en suis sûre.

BAnBAGALLO.

Pardon! le déjeuner...

CARMEN, une l’écouter.

Il y quelques mois, ayant eu l’idée de visiter le couvent de l’AunoncLade, j’entrai dans la chapelle comme on chantait i’Angélns. Du groupe des novices agenouillées s'élevait une voix dont riaipression nie frappa; elle était à la fois si douce et si passionnée, que je me pris à pleurer en l’écoutant. Le capitaine lui*mème était ému.

BARBAGALLO

Très-ému... Mais le déjeuner.

CARMEN

J’appris qu’avant d’entrer au couvent, ma jeune chanteuse avait déjà, clans tout le pays, une réputation de musicienne et d’improvisatrice. Je me. la ü® présenter. C’était une belle tille aux regards pleins de leu; mais elle était fort pâle et semblait av oir beaucoup souffert. Sa vue m’intéressa vivelueut; elle s’ep aperçut, en parut touchée, et me pria de venir la voir aussi souvent que le permettait la règle du monastère. Je n’eus garde d’y manquer, et, un jour que j’étais ' tcmte triste et malheureuse de votre absence, elle me dit avec douceur : « Je prierai pour vous, senora, et pour qu’il revienne ! » — Le soir môme, j’apprenais votre retour. Atissi, depuis cet instant, je raffole d’elle, et je... Mais vous voilà retombé dans vos rêveries.

FERNAND

Moi? Au contraiie... votre histoire est très-touchante.

*■ BARBAGALLO

Que serait-ce, contée à table î “

CARMEN

Le capitaine a raison I Venez-vous ?

FERNAND, la retenaot.

Non, de grâce, achevez; je déteste les récits interrompus... Le nom de cette jeune tille ?

CARMEN

Nella !

FERNAND, TÎveiuent.

Nella!

CARMEN

Un joli nom, n’est-ce pas ?

FERNAND

Oui... c’est selon... mol, je le trouve assez vulgaire.

CAIïMEN.

Naliireilemeiil. 11 sufii: qii’ll me plaise pour j;e pasèlrcdc

LÏS PÊGUEITBS DE GATANE.

votre goût. Mais quand vous aurez vu ma protégée, quand vous saurez le projet que j’ai formé pqiar elfe.

FERNAND

Ah ! Voyous ce projet?

BARBAGAUX), à part, krec détespoir.

Ouf! (il ira «’asoeoir.)

CARMEN

Un caprice... une folie; Je veux profiter du temps que Nella va passe!’ hors du couvent pour la décider à n’y pas rentrer et à rester près de moi; cela ne vous contrarie pas?

, FERNAND

Moi ? Que m’importe ! Kst-ce que je connais cette jeune fille? Est-ce que je m’intéresse à elle? Sais-je seulement si elle mérite la confiance extraordinaire qu’elle vous inspire?

CARMEN

Ëh bien I qu’est-ce qui vous prend? Voilà votre méchant caractère qui reparaît ; dès que j’exprime un désir, monsieur se déclare couti’e moi!

BARBAGALLO, se, levtnt.

Une discussion ! Mettons-nous vite à table pour la terminer.

ANDRÉA, lorlaBt de l’auberge. .

, Monseigneur, je demande grâce pour mes ravioles.

FERNAND

Hein? Plalt-il? Des ravioles?... Un horrible mets italien! Quelle idée avez-vous eue, capitaine, de nous arrêter dans cette affreuse auberge ?

• . •}// CARMEN

' Pardonl... l’idée est de moi.

FERNAND

J’en suis fâché, car elle n’en est pas meilleure.

• CARMEN

EstK!e une querelle que vous voulez ?

BARBACALLO^ s’interposant.

Sefiora!... mon cher Fernand! (a part.) ils me feront mouriD d’inaniiion !

FERNAND

A quoi bon nous arrêter ici, je vous le demande, au lieu de rentrer le plus tôt possible au château, où, j’en suis sûr, ou s’inquiète déjà de notre longue absence?

CARMEN

Dites donc que quelques heures passées auprès de moi ont mis à bout votre galanterie, et que vous avez hâte de me quitter.

FERNAND

Ah! vous le prenez ainsi? Eh bien, soit! Holà ! quelqu’un ! Où est donc l’imbécile qui nous conduisait ?

NASONI, qui a paru lur les derniers mots.

Me voilà, mousuigaeur.

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