SCENE SECONDE PAX, ASTÉRIE
PAN
Ah ! d'où vient l'aimable Astérie ?
Le dépit et la jalousie,
Et la peur d'Apollon.
M'ont fait venir dans ce vallon;
Par une fureur sans égale
J'ai fait descendre ma rivale
En la nuit du tombeau.
PAN
Ce crime est grand, mais il n'est pas nouveau , Et l'on a déjà vu la jalouse Clitie Dans cc-s champs malheureux, Pour ce crime amoureux, En souci convertie.
Je crains la même chose et mou teint pâlissant
En est un indice puissant, Et l'ingrat ApoUoa qui cause ma faiblesse .Me fait languir d'amour et mourir de tristesse.
PAN
Ah! ne vous laissez pas changer par la douleur! Elle nymphe vaut mieux que la plus belle fleur.
asti';rie
Mercure m'a promis d'apaiser sa colère.
PAN
Tu ne lui saurais plaire,
11 n'a que du mé'prls pour loi.
Il toh.-iit, il te fuit; je t'adore, aime-moi.
Les prés, et ces bocages,
Ces doux rivages.
Et les troupeaux et les bergers.
Sont de mes appanages.
Reçois donc mes hommages,
Laisse ton Apollon.
ASTERIE Il me remplit d'effroi.
PAN Il te hait, il te fuit, je t'adore, aime-moi.
Apollon a des charmes Oans sa divine voix, qui font couler mes larmes;
Les accords lanpuissaiits.
Que pour troubler les sens,
Invente l'artifice, Font sur son lutli plaintif mon amoureux supplice.
PAN
L'art cède à la nature, à ces douces chansons. Que l'amour fait chanter à l'ombre des bui.ssons, Si tu voulais m'aimer, rigoureuse Astérie, Ma flamme et ma galanterie
'"'erontun plus grandbruit que n'en fait Apollon, Avec tout le Parnasse, et le sacré Valon.
ASTÉRIE Pan me sera-t-il plus fidèle?
PAN Je rendrai ta gloire immortelle.
Les njmphes de ce bois Qui vivent sous mes loix, Et les bergers et les satires Au son des nùtes et des lyres.
Charmés de voir des feux si beaux Chanteront nos amours sur le bord des ruisseaux.
ASTERIE
Espère.