PEINTRE ORDINAIRE DU ROI EN LEVANT
Si, de nos jours, les artistes vont encore chercher dans un Orient devenu pourtant bien banal la lumière et la couleur, le charme de la nature, l'éclat des costumes et le pittoresque de la vie, quel ne devait pas être, dans les siècles passés, l'attrait de Constantinople pour un peintre qui, dans le cadre merveilleux du Bosphore, trouvait réuni sous ses yeux le spectacle d'une cour impériale alors si magnifique, d'une armée aussi étrange que celle des Janissaires, et de la foule chaque jour renouvelée
des Orientaux venus des coins les plus reculés des pays musulmans ! La liste serait longue des peintres qui ont voyagé en Turquie, depuis Gentile Bellini, qui en 1480 faisait le portrait de Mahomet II, depuis Pierre Cock d'Alost, l'auteur des précieux dessins qui nous font connaître les Turcs de 1533, jusqu'à Melling, le peintre incomparable du Bosphore, qui, au moment oii l'ancienne Turquie disparaissait sous les réformes de Mahmoud, a su nous en conserver les derniers souvenirs. La plupart de ces artistes n'ont fait qu'un court séjour à Gonstantinople ; un seul, Van Mour, y a vécu et y est mort. Son nom est tombé dans l'oubli. Mariette, toujours si bien informé, le cite, il est vrai, dans son Abecedario^^ mais cette mention n'a été relevée dans aucun répertoire d'art, dans aucune biographie française. Une courte nécrologie dans le Mercure de 1737^ deux pages parues en 1844 dans une revue flamande^, quelques lignes publiées en 1898 dans la Bio-