‹ Les pèlerinages de SuisseChapitre 60 sur 79 · LE FRÈRE · texte numérisé non relu

LE FRÈRE

Trésor de candeur éternelle et d'éternelle bonté, rose des jardins célestes, blanche tour d'ivoire fermée aux rayons du mal, emblème de toute vertu, miroir de toute pureté, flambeau des familles, ô Vierge! j'ai deux sœurs, deux enfants saintes encore, deux blanches colombes encore cachées au nid maternel; elles chantent et sourient dans leur innocence, qui s'ignore elle-même, comme le fils d'un roi se joue sur les tapis précieux dont il ne sait pas le prix; mais l'heure approche où elles atteindront le seuil des années sérieuses et pourront contempler la vie. Vierge très-prudente, faites que ce redoutiible spectacle ne fascine point leurs yeux ignorants; préservez-les du souille amer qui flétrit les jeunes fleurs; préservez-les des larmes stériles , des angoisses qui font rougir, des désirs qui font tomber; gardez-les humbles et pures, soumises aux lois de Dieu, franches et fidèles jusqu'à la fin de leur vie. Qu'elles soient filles modestes, femmes patientes et dévouées, mères vigilantes et pieuses; qu'elles prennent avec les années les vertus de leur état et de leur Age, sans perdre jamais les douces vertus de l'eiifant; qu'elles ne voient pas, quelles n'entendent point, qu'elles ne connaissent jamais ce qu'une chrétienne ne doit ni entendre, ni voir, ni connaître; que votre nom soit toujours sur leurs lèvres, et votre exemple toujours dans leur pensée; qu'elles vivent et meurent en

VOUS bénissant. Faites ainsi, très-sainte Vierge, et vous les mènerez, à travers le partum des joies périssables, aux fruits sans nombre de l'éternité .

l'artiste.

Beauté suprême, type sacré, fontaine de lumière céleste, gerbe étincelaute de toutes les merveilles et de toutes les vertus, cLef-d' œuvre des chefs-d'œuvre de Dieu, vous qui avez inspiré les saints et les prophètes, quiconque veut laire entendre sa voix et sa pensée en ce monde doit implorer votre appui. Si l'artiste n'a pas dans son cœur un rayon de la llamme qui couronnait les apôtres, il n'est que l'instrument esclave des volontés de la foule ou de l'orgueil des puissants. 11 vend au hasard, à des mains qui possèdent l'or, le génie qu'il reçut du Ciel pour enseigner ses frères et poui* honorer Dieu. 11 se condamne à d'indignes labeurs, il devient l'écho des passions misérables, le complaisant des goûts vulgaires, l'interprète indifférent de mille pensées qui ne sont pas à lui, et son œuvre passe comme l'impur salaire qui la payée. Sainte patronne des nobles ai'ts, faites que je ne tombe jamais eu cet abaissement de pi'ostituer aux plaisii's des hommes les facultés que je dois vouer au Seigneur. Que l'ivraie des intérêts humains ne se mêle point au blé pur de ma pensée ; que toute œuvre de moi soit une levon uu une prière; que tout ce qui éclùra dans mon esprit réjouisse saintement les cœuis purs et soit à la louange dos cieux.

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