‹ Les pèlerins russes à JérusalemChapitre 13 sur 13 · I ..ils . t'^r.iiis qiio jo lui dt'>li · texte numérisé non relu

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si, révoltée des impertinences et des prétentions démesurées de cette vipère d'Ouliasha , elle ne s'était brouillée avec elle.

« Les conséquences de cette maladresse ne tardèrent pas à se faire sentir. Des rumeurs sourdes, des bruits vagues commencèrent à s'élever , on ne savait d'où ni comment , et bientôt toute cette odieuse histoire circula de bouche en bouche avec des détails faux et exagérés qui l'aggravaient encore. La société, très-indulgente pour certaines perfidies, l'est fort peu pour d'autres. Celle de Wéra était de ce nombre. Seule, sans parents et sans soutien, elle ne put résister à la vindicte publique ; cette fortune même dont elle s'exagérait l'importance, comme elle s'était exagéré les humilialions de son indigence, ne fut qu'un grief contre elle. D'où venait-ftlle? comment l'avait-elle acquise? Et elle avait beau l'étaler et la prodiguer, on se répétait toujours que , quelle que fût la générosité de son fiancé, des millions ne se donnaient pas pour rien. Ce fut pour elle une triste époque; frappant en vain à toutes les portes, elle se voyait honnie de tout le monde, et eut plus d'humiliations à dévorer, malgré le luxe et la magnificence de son train de vie, que lorsque, jeune fille pauvre et délaissée, elle cherchait à gagner honnêtement son pain par ses talents et son instruction. Sa compagne Nadine, qui fut, du reste, parfaitement amicale envers elle, ne put la soustraire à cette excommunication générale; elle lui conseilla, pour y mettre fin, de partir pour l'étranger, lui promettant de la rejoindre au printemps. Je ne sais si ce fut dans une ville ou dans une place de bains qu'elle fit la rencontre d'un certain prince valaque excessivement riche, tout aussi vieux, et encore plus avare qu'âgé et riche. Le titre de princesse la séduisit, et elle s'imagina pouvoir facilement mener à sa guise un vieillard aussi amoureux que son adorateur paraissait l'être. Le prince, de son côté, s'étant assuré de la réalité de la fortune de cette b^lle enchanteresse ainsi que de son isole-

ment, crut pouvoir s'emparer sans peine de ses richesses et en faire ensuite une odalisque soumise à ses volontés. Aussi, s'étant ensuite aperçu de son faible, l'amour du luxe et du repos, lui faisait-il les plus riantes descriptions de Bucliarest, et lui promettait-il une existence tout orientale qu'elle passerait sur des divans de velours, un chibouque au bout d'ambre, tout garni de diamants, entre les lèvres ; n'ayant qu'à frapper dans ses belles mains pour voir accourir un essaim d'esclaves prêts à remplir le moindre de ses caprices ; n'ayant qu'à vouloir, pour dominer par ses charmes et son esprit, et les agents diplomatiques de l'empereur de toutes les Russies, et ceux de la Sublime Porte, sans parler du menu fretin des autres États de l'Europe. Comme dernière perspective de ce séduisant tableau , il lui montrait les honneurs de l'hospodarat , n'ayant besoin pour les atteindre, disait-il, que de quelques circonstances favorables qu'elle-même saurait amener par l'influence infaillible de sa beauté et de ses talents. Quelques belles émeraudes et quelques colliers de perles lui furent présentés comme gagos préliminaires de cette vie des Mille et une Nuits: lui, persuadé qu'il pourrait se ressaisir de ses parures vraimenl magnifiques quand l'envie lui en viendrait; elle, très-décidée à les regarder désormais comme sa propriété légitime. Le mariage eut lieu, et le couple heureux partit pour ses domaines. Il parait que dès la lune de miel les discussions commencèrent. Le prince voulut qu'elle lui confiât ses capitaux pour commencer les intrigues qui devaient le mener à ce titre d'iiospodar qui était l'objet culminant de ses désirs. Elle ne voulut pas se dessaisir d'un para, insistant, au contraire, pour que même les dépenses de la route fussent défrayées par lui. La voyant si récalcitrante, au lieu de la mener à Bucliarest, il l'enferma dans un vieux château héréditaire, situé au milieu des montagnes, dans un des districts les plus éloignés de son pays. Vous savez , ou plutôt vous ne savez pas, combien Wéra avait peu d'inclination pour les

beautés de la nature; aussi son mari avait be^ lui faire valoir, comme dédommagement de la solitude à laquelle il comptait la condamner jusqu'à ce qu'elle eût cédé à ses \olontés, les torrents, les rochers à pic, les vallons riants et les hautes montagnes qu'ils traversaient ; elle demeura insensible et consternée. Ce fut bien pis quand , au lieu d'un beau château avec un service tel que l'exigeaient, à son avis, la fortune et la position de son mari, elle ne trouva qu'un donjon en ruine, entouré de tourelles où tous les hiboux et toutes les chauves- souris du monde semblaient s'être rassemblés, environné par les eaux croupissantes d'un fossé où toutes les grenouilles et tous les crapauds de l'univers semblaient s'être donné rendez-vous. Ce fut bien pis quand, pour tout ameublement, elle ne trouva que de vieux divans malpropres et déchirés, longeant des murs tout couverts de taches de moisissure et qui n'avaient pour tout ornement que d'effroyables portraits de boyards , aux nez massifs comme une tour de Babel et aux bonnets en fourrure hauts comme des cathédrales. Mais quand à tous ces agréments vinrent se joindre les serviteurs de cette demeure princière, composés de zygany (bohémiens) sales, noirs et déguenillés, dont les cheveux ébouriffés , les dents blanches et aiguës comme celles des animaux féroces, et les figures sauvages l'effrayaient autant qu'ils la dégoûtaient; quand , pour surplus de plaisir, on venait tous les matins avec le plus grand sang-froid lui annoncer que l'un ou l'autre de ses affreux serviteurs manquait à l'appel; quand elle dut se passer tantôt du dîner, parce que le cuisinier avait déserté avec toute sa famille ; tantôt de promenade en voiture , parce que le cocher était retourné à ses habitudes nomades, emmenant avec lui chevaux, harnais et gens d'écurie, elle jeta les hauts cris et, malgré l'exécrable état des routes , elle annonça qu'elle prétendait retourner d'où elle était venue. Cette résolution ne faisait pas le compte du vénérable époux , et dès lors une guerre ouverte fut déclarée

emr^ les deux membres de ce couple si bien assorti. Après milte scènes^ tantôt burlesques , tantôt terribles, et où elle employa un courage et une persistance qui étonnèrent et exaspérèrent encore plus son mari; après avoir invoqué les autorilês de son pays et s'être assurée que toutes ces déman hes ne servaient à rien — aucune lettre ne sortant da ehàteau sans a\oir été lue préalablement par le propriétoîre ^ — elle chan^tea subitement de conduite. Affectant Urètre lasse de ces luttes inutiles , elle fit semblant de se rési|ener à sa position , d'admirer les aspects pittoresques de son donjon qu'elle avait jusque-là si fort dédaignés; elle se prit de passion pour la perspective de l'hospodaraU en discuta les chances, donna quelques avis, et laissa crv>ire quelle pourrait bien y sacrifier une portion de sa fi>rtune. Bref , elle sourit , elle parlementa , elle pleura el elle rit si bien quVUe finit par endormir la vigilance de son ar^us ; et au bout de quelques semaines , quafnd la saison des chasses commença , le prince s'y laissa entraîner par SCS >oisius. Non-seulement il les suivit par monts et par Miu\ » mais il se rendit même î\ la ville voisine où, scion rUabitude, une orjçie de vin de Tokay devait terminer celle expéditiou annuelle. Pendant les huit jours que devait durt*r son absence, il aNait laissé sa charmante moitié sous la jjjarde d\me duègne qui avait été dans ses beaux jours sa dulcinée, à ce que prétendaient les mauvaises langues, et d\in NÎeux concierge, né el vieilli à son service. — Néant des précautions humaines! le vieux concierge, comme son maître, avait uno passion pour le tokay; la duègne, de son coté, ne put résister à Téelat d'une superbe émeraude dont Wéra lui fit le sacrifice. Aussi quand le vieux mari rentra dans son domaine avec ses joyeux compagnons, invités pour admirer les beaux yeux de sa jeune épouse , il trouva le concierge ivre-mort de désespoir, la duègne s'arrachanl les cheveux el criant i\ la violence et à la trahison. La belle châtelaine était partie après avoir prodigué assez d'or à tous les

serviteurs pour les engager à suivre son exemple^et laissant, comme souvenir de sa présence, une maison parfaitement déserte et dépouillée, la horde nomade ayant profité de l'occasion pour emporter tout ce qui était emportable. Un billet doux adressé au mari fut trouvé sur une table de toilette. Dans ce billet Wéra lui annonçait son départ, et lui disait qu'elle prenait avec elle, comme gage de sa tendresse , tous les beaux cadeaux qu'il lui avait faits ; qu'ayant eu la curiosité, pour charmer les ennuis de son absence, de visiter les caves du château, — dont elle avait dérobé, à cet effet, les clefs au vieux concierge, toujours ivre du tokay qu'elle avait eu l'attention de lui procurer, — elle avait trouvé, entre autres antiquités fort intéressantes, telles que chaînes, menottes et différents instruments.de torture, certains petits tonnelets remplis de ducats; qu'en souvenir du délicieux séjour qu'elle était au moment d'abandonner, elle avait emporté avec elle un des moins lourds de ces tonnelets, afin de défrayer son voyage et de pourvoir à son premier établissement une fois qu'elle en aurait choisi l'endroit.

« Cet établissement se fit à Venise, où les ducats du vieux prince lui ont procuré un fort beau palais sur le Canal Grande^ qu'elle a meublé et arrangé avec un luxe et une magnificence inouïs, et où elle mène l'existence paresseuse et indolente qu'elle a toujours convoitée. Elle se nomme la princesse de..»., et des personnes qui l'ont rencontrée disent qu'elle tient fort au titre qu'elle a si chèrement acheté. »

— Permettez que je fournisse un supplément à votre narration, dis-je à mon tour à Nathalie. Pour mieux jouir encore de son beau palais, qui est effectivement magnifique, et où elle a réuni des trésors d'art et de virlà , elle a à son service un cavalière servente^ vrai patito à qui elle fait payer cher l'honneur de porter son châle et de garder son petit chien. Car cette égalité d'humeur que vous vantiez tous a disparu sans laisser de traces. Elle est devenue fantasque, volontaire et pleine d'aigreur : preuve certaine du trouble

de son àme, et de Tabsence du repos intérieur, sans lequel toute cette nonchalance qu'elle affiche n'est qu'une amère dérision. Elle est devenue très-grasse, si grasse qu'elle en est presque difforme, et à en juger par la négligence de ses toilettes elle n'attache plus aucun prix à sa beauté. Elle passe sa vie tantôt sur le divan de son balcon, tantôt se prome* nant la nuit entière enfoncée dans les coussins de sa gondole, jetant ses bouquets à la mer, après les avoir effeuillés. Je l'ai souvent vue le soir dans sa loge à la Fenice, et n'oublierai pas de sitôt son profil sévère , cette bouche serrée qu'aucun sourire n'éclaire, et le regard dur qu'elle ne se donne plus la peine de voiler sous ses paupières à moitié baissées et ses cils longs et noirs. Alors même , sans me douter de son histoire, car l'idée ne me venait pas de chercher la fiancée de notre pauvre ami sous ce nom étranger, et bien que ses traits me semblassent connus, je ne pensais pas à les identifier avec ceux de cette Wéra que j'avais à peine aperçue dans le monde, alors même je me disais souvent que si j'avais eu à peindre le dégoût et la satiété de toutes choses, ce serait cette princesse magnifique et nonchalante que j'aurais prise pour modèle.

— Eh bien î ma chère amie, observa Nathalie, moi qui me reproche nuit et jour de l'avoir amenée dans cette maison, moi qui la première ai mis Dmitri en garde conirc sos pièges, je persiste à la croire plutôt égarée que dépravée, plutôt entraînée que pervertie par les détestables principes d'une certaine coterie de jeunes femmes dans laquelle elle est tombée après sa sortie de pension, et qui est coupable d'avoir rendu plus d'une destinée malheureuse. Elle a voulu faire sensation parmi toutes ces fanfaronne> faisant parade de leurs vices et de leurs travers. Même dîHi> cette passion qu'elle afllchait pour mon frère, et qui, à ee que j'ai appris malheureusement trop tard, n'était un seerel pour personne, il y avait beaucoup plus de rexagéralioii d'un mauvais roman que de véritable sentiment. Elle a

voulu à tout prix sortir de Tornière commune, devenir une femme extraordinaire et s'élever au-dessus de la compréhension du vulgaire , et en voulant ainsi devenir brillante et originale elle a détruit les véritables instincts de sa nature. Je vais plus loin, en me persuadant qu'elle s'était attachée à Dmitri plus peut-être qu'elle ne voulait se l'imaginer. Je l'ai bien suivie, bien examinée pendant toute cette comédie, et ne puis me persuader qu'elle n'ait fait que jouer un rôle. Son agitation même, pendant les derniers temps, me le prouve. Si Constantin était parti pour le Caucase sans la voir, si Dmitri avait brusqué son mariage comme il en avait un moment l'intention , Je crois fermement qu'il aurait été heureux. Elle se serait lassée de ce titre de démon qui la séduisait, et serait redevenue simplement femme, moins aimante, moins tendre, moins dévouée que celle que je lui destinais , mais assez femme pour le contenter, et se livrer enfin à l'influence d'un amour aussi vrai et aussi contagieux que l'était celui de Dmitri. Nous vivons dans un mauvais monde, chère dame, et, comme Hamlet le dit de ses États, il y a de la gangrène dans l'intérieur même de notre société. J'en suis venue, pour ma part, à féliciter ceux qui, comme Dmitri et Marie, ont le courage de se soustraire à la fascination de ses vices et de ses hypocrisies.

— Vous croyez donc, lui demandai-je, que la résolution de Marie est irrévocable , et que ce cœur que vous-même dépeignez comme si aimant et si tendre , se contentera d'un amour aussi purement idéal?

— J'en suis convaincue, fut sa réponse. Quiconque la connaît doit savoir que cette enfant ne peut cesser d'aimer l'objet qui l'a une fois attachée, et que dans cette âme si profonde, si simple et si sincère il n'y a pas de place pour deux affections. Pour ma part, je ne touche jamais ce sujet; mais le père Hilarion , dans son dernier entretien , m'a dit qu'elle lui avait demandé, quelque temps auparavant, de

U flODŒ DC 90!rr ATHOS.

recevoir ses ^«ox de célibat ; qu'aTec la connaissance qu'il a^aû acqvîàc de sa fermeté et de sa résolution pendant les auées qs'il aTait ser^î de guide à sa conscience, il n'a pas kcsité à le faire, c Tai fait plus, me dit le saint vieillard, je Fai fiaacée dans mon ccrar à mon fils. Elle est si pure qn'eile ne sait pas même donner un nom à son affection; je fai reconnne, moi, pour cet amour céleste qui ne trouve de réciprocité que dans le ciel. >

Le lendemain de cette conversation , Constantin partit pour INHersbourg. 11 prit congé de moi, avec une effusioa qui me toucha.

— Permettez-moi de vous voir souvent quand nous serons habitants de la même ville, me dit-il en me baisant la main. Ce sera une consolation dont j'ai besoin. Croyezmoi y madame , un homme aussi comblé des biens que le monde envie, et en même temps aussi malheureux que je le suis, est un phénomène qui se rencontre rarement. Je me fais pitié à moinnême, tant je souffre. Laissez-moi donc vous conter quelquefois mes peines, elles sont de nature à n'être confiées qu'à ceux qui en connaissent la cause, et \ous êtes la seule personne au monde à laquelle je puis en parler.

Je l'engageai chaudement à le faire, et je crois, en effet, lui a^oir fait quelque bien. Je crois lui avoir prouve le tort qu'il avait de s'éloigner de sa sœur, et combien cette excellente femme était digne de son affection et de sa confiance. Je calmai en même temps ces jalouses fureurs en lui confiant le vœu de Marie qu'il ne connaissait pas ; et il avoua qu'après tous les maux qu'il lui avait causés , le moins qu'il pouvait faire était de respecter la pureté et le n pos de cette fiancée de l'âme de son cousin.

Je passai encore quelques jours avec Nathalie, touchée de plus en plus de l'affection mutuelle de ces deux femmes, de leur isolement, de leur simplicité et de l'emploi conscieucioux qu elles faisaient de leur temps et de leur fortune. La

veille de mon départ , assise au coin du feu dans ce même petit salon yert qui a\ait été le témoin des joies passagères et des inquiètes jalousies de notre pauvre ami , Marie me fit part de l'idée qui s'était emparée d'elle depuis quelque temps. Elle voulait faire un pèlerinage en terre sainte avec sa mère, qui n'y opposait que de faibles objections.

— Je parie que vous espérez rencontrer notre anachorète quelque part en Palestine? lui dis-je après leur avoir donné mille détails. sur la manière de voyager en Orient.

— Oh non! chère dame, fut sa réponse. C'est une espérance qui dépasse même mes désirs.

Après un moment de réflexion elle ajouta :

— Je ne le voudrais même pas. Se revoir un instant dans ce monde , pour être de nouveau séparés jusqu'à l'éternité , ce serait trop de douleurs ; la vie est trop courte pour les contenir! Mais je vais vous dire ce que je désire et ce que j'espère : au lieu de faire la traversée de Constantinople à Beirouth par la voie ordinaire, je voudrais que maman consentit à prendre une embarcation qui longerait le promontoire d'Athos. Je voudrais que l'ombre de la sainte montagne se projetât sur notre navire. Je voudrais qu'il me fût permis d'élever mes yeux, une seule fois dans ma vie, vers l'église, aérienne qui en couronne le sommet ; qu'une seule fois de ma vie il me fut accordé de voir, ne fût-ce que de loin , ces lieux qu'il m'a si souvent décrits quand, petite fille, il me tenait sur ses genoux , et que ma tête d'enfant reposait sur son cœur.

— Oh! profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! que tes jugements sont incompréhensibles, et tes voies impénétrables *, mécriai-je en quittant ces deux amies, dont l'une, au printemps de sa vie et de sa beauté, entourée de tous les biens dont le monde pouvait la combler, renonçant volontairement aux prestiges de ce monde, se renfermait

< Saint Paul, aux Romains, XI, 33.

Mtt LE noîSE M' mOST ATBOS.

iIaii!» U !ît>lilucie el robsrurilé pour vouer son exîslenee et tous U*H lions tloiit la naturt* ra\3iit si ricbement |iarée. à ud «iiioui- qui lui-nu^nic* n'étaît qu'un soutenir et une ts|»é- I MUiY. Kl loi que j ai connu fortuné entre les fortunés, Ih'hu ri lirillaut entre les plus l»eau\ el les plus brillants ; adulé. ret-lien*lié, ailniiré et aimé autant pour les qualités et tes \erlus que pour ton opulence et ta position ; humble moine ilu mont Alhos, btVliant maintenant ton enclos, et cultivant lie leai mains tli^licates Ion pau\re jardinet ! Vous. iinDcé>, st^parés i\ jamais clans cette vie , sans espoir et sans désir m^mede >ous iH'>oir ici-bas; attendant patiemment que les longues années de ^olre |)élerinage terrestre s'accomplissent; \ous préparant, par Pabnégation el le sacrifice, à une réunion éternelle et à une joie sans mélange dans les régions que >otre esprit contemple déjà; couple singulier et unique^ tloit-on >ous plaindre ou vous envier? Quel e^ fhi^mme If m peut couptattre les desseins de Dieu ? Qui est tHhi^ iUms le aeciYf de ses conseils ' 1

* Satnl I^MuK aux Romains, XI, 34.

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