‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 1 sur 71 · DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITEUR

X E Vf de siècles ont eu autant de besoin que le nôtre d'être ramenés aux vrais principes des devoirs et de la raison ; S est ce fui a sans doute tourné la plume et les ta»

Uns du plus graçd nombre de nos Ecrivains à l'étude de la Philosophie.

L'impuissance fégaler les grands Mat»

très du règne brillant de Louis XIV \ n'a pas déterminé seule, ni toujours, les esprits aux choix des matières qu'ils ont embrassées , et je crois qu'il leur a paru plus nécessaire de s'occuper d'objets vraiment utiles pour nous , que d'augmenter les trésors de nos (amusement et de nos plaisirs*

Mais n'est*on pas forcé de convenir que plusieurs de nos Gens de lettres , en cher* chant à rappeler leur profession 4 sa première et noble institution , et en s' érigeant en précepteurs du genre humain , ont abusé ( peut-être sans le vouloir ) de l'autorité qu'ils pouvoient tirer de leur talent décrire et de leur vigueur de penser. ,

// est une nation réfléchie et toujours rivale de la nôtre. Elle s'est enfoncée la première dans les abîmes de la Métaphysique.

As

ÎV AVERTISSEMENT

Toutet les hardiesses peuvent se morltref che\ ce peuple ; il Us a toutes offertes soui mille formes ; mais en augmentant la #cence qui leur dônnoit l'être ^ ont elles contribué à rendre le pays plus heureux et plus sage t II est permis de s'en rapporter aux plus sensés Auteurs de cette isle , dont ils ont déploré les excès en tout genre.

En conclura-t-on qu'il faut interdire au»

hommes t } étude de la philosophie \ Non »

mais il serait à souhaiter que les Ecrivains qui s'y livrent > se rappelassent quelquefois ce qu'en a dit un de leurs principaux chefs , plus coupable qu'eux, puisqifcn connaissant si bien les dangers de cette étude trop approfondie | n'a pas su se contenir.

La Philosophie ( dit Bayle, art.Acolta.) ressemble à des poudres si corrosives , qu'après avoir consumé les chairs mal faines d'une plaie , elles rongeroiem la chair vive , carieroient les os , et perceroienr jusqu'aux moelles. Elle réfute d'à* bord les erreurs , ( ajoute- t-il ) mais si on ne l'arrête point là , elle attaque les vérités , et va si loin , qu'elle ne sait plus où elle est , ni ne trouve plus où s'asseoir*

Cette image forte et vraie des excès oh nous expose un amour immodéré pour la Philosophie , auroit dû arrêter la main de

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