COQUETTERIE
JLjE manège de la Coquetterie exige un discernement plus fin que celui de la politesse : car pourvu qu'une femme polie le soit envers tout le monde , elle a toujours assez bien fait-; mais la Coquette perdrok bientôt son empire par cette uniformité mal-adroite. A force de Vouloir obliger' tous les amans, elle les rebuterbh tous. Dans la société» les manières qu'on prend avec tous les honw Aies ne laissent pas de plaire à chacun ; «pourvu^ qp'on soit bien traité, Ton n'y *rega*rdetoas<de si près sur les préféren.
ces î mati eh amovr , une faveur qui n'est pas exclusive est une injure.' Un homme Sensible aime roi t cent fois mieux être Seul maltraité, que caressé avec tous les autres, et ce qui peut arriver de pis»
est de n'être point distingué. Il faut donc qu'une femme qui veut conserver ipiu+ sieurs amans, persuade à chacun d'eux qu'elle le préfère, qu'elle- le lui persuade sous les yeux de tous les autres v à qui elle en persuade autant sous les siens.
Voulez-vous vcir un personnage cm-
bÈ J. J RptrsjfeAtr. 8* barrasse? Placez un homme enrre deux femmes avec chacune desquelles il aura eu des liaisons secrettes , puis observes quelle sotte figure il y fera. Placez en même cas une femme entre deux hommes , ( et sûrement l'exemple ne sera pas plus rare , ) -vous serez émerveillé de l'adresse avec laquelle elle donne le change à tous deux , et fera qiie chacun se rira de l'autre. Or, si cette femme leur remoignoît la même confiance .et, prenoit avec eux la même familiarité* comment sefoient-ils un instant sts dupes 1 En-lés traitant également, ne monireroit-elle pas qu'ils ont le m$me droit sur elle l Oh ! qu'elle s'y prend bien mieux que cela ! Loin de les traiter de.
U même manière , elle affecte de mettre entr'eux de l'inégalité ; elle- fait si bien , que, celui qu'elle flatte , croit qur c'est par tendresse, et que celui qu'elle maltraite » croit que c'est par dépit.
Ainsi chacun content de son partage * la voit, toujours s'occuper de lui , tandis qu'elle nef s'occupe en effet que d'elle seule.
. Une certaine coquetterie, maligne et railleuse désoriente encore plus les soupirans que le jsûence ou le méprii. Quel
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plaisir de voir un beau Céladon' ton?
déconcerté , se confondre , se troubler ,• se perdre à chaque repartie , de s'envi-» ronrter contré lui dé traits moins brû« lans , mars plus aigus que ceux de Pa-t mour ?de le cribler de pointes de glace 4 1 qui piquent à Paide dû froid J
COUPS eu SORT.
1 Out ce qu'ont fait les hommes, letf hommes peuvent le détruire : il n*y a de caractères ineffaçables que ceuxqu'inv prime la Nature , et la Nature ne fait ni princes", ni tfches, ni grands seigneurs.
Que fera donc dans la bassesse , ce Satrape que vous n'avez élevé que pour la' grandeur? Que fera dans la pauvreté ce Publicain qui ne sait vivre que d'or X Que fera , dépourvu de tour, ce ftstueuxr imbécille qui- ne sait point user de luimême , et ne met son êWe que dans ce qui est étranger à lui'1 Heureux celui* qui sait quitter alors Pétat qui le quitte , et rester homme en dépit du sort ! qu'on»
loue tant qu'on voudra ce Roi vaincu , qui veut s'enterrer en furieux sous les* débris de son trône : moi je le méprise 5
de J. J. Rousseau. 8*
je vois qu'il n'existe que par sa cou* ronne , et qu'il n'est rien du tout , s'il n'est Roi ; mais celui qui la perd et s'en passe, est alors au-dessus d'elle. Du rang~ de Roi , qu'un lâche , un méchant , un fou peut remplir comme un autre » il.
monte â l'état d'homme que si peu* d'hommes sa vent remplir/ Alors il triera* phe de la fortune , il la brave : il ne doit rien qu'à lui seul, et quand il ne lui t^ste à montrer que lui , ir n'est point nul 9 il est quelque chose. Oui, j'aime, mieux cent fois le Roi de Syracuse »
maître d'école à Corinthe , et le Roi de - Macédoine , greffier à Rome , qu'un mal- Heureux Tarquin , ne sachant que devenir , s'il ne règne pas ; que l'héritier et le fils d'un Roi des Rois (i) ,• jouet de quiconque ose insulter a sa misère , errant de Cour en Cour > cherchant partout des secours , et trouvant par-tout des affronts , faute de savoir faire autrechose qu'un métier qui n'est phis en son pouvoir.
Pour vous soumettre la fortune et les> choses , commencez par vous en rendre
0) Vcnone , fils de Phraaces , Roi de* Panhes. ;• ' ...
L Partit. V
indépendant. Pour régner par l'opinion* commencez par régner sur elle.