‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 23 sur 71 · HYPOCRISIE · texte numérisé non relu

HYPOCRISIE

JL'HypocRisiE est un hommage que lé Mce rend à la vertu ; oui , comme celui /les assassins de César , qui se prosternoient à ses pieds pour l'égorger plus jurement. Couvrir sa méchanceté .du ^dangereux manteau de l'Hypocrisie , 6e *'est point honorer la vertu , c'est l'ou- Jra$*r en profanant sçs enseignes j çfesf

Dt ï. J. RotJS^ÀU. $J

ajouter l'a lâcheté et la fourberie à tous les autres vices ; c'est se fermer pour jamais topt retjpur vçr^la^gobjté, 11 y a des caractères élevés qui portent jusque* dans le crime je ne dais quoi Vie fier et dé généreux^ lui laissent voir au-dedani encore it^elefueft <étineeÙes de ce feu céleste ,'&k pour animer tes beHes âmes.

Mais Mme vile et rampahte de l'Hypocrite est semblable à u* cadavre où IV»

ne trouve ni feu, ni chaleur, ni retour à la vie* i^en' appelle à l'expérience. On a vude grands scélérats rentrer, en euxmêmes f ; achever saintement leur carrière et mourir en prédestiner. Mais ce que personne n?a jamais vu , c'est un Hypocrite devenir homme de bien ; on auroit pu raisonnablement tester b. conversion de Cartouche , jamais ?ùn borome sage À'eAt entrepris celle de Cromwel.

Il tày a qufen hQmme de bien qui sache l'art d'en former d'autres. Un Hypocrite x beau vouloir prendre le ton de la vertu , il n'en peut inspirer le goût à personne 9 et s'il savoir la rendre aimable ., il aimeroit lui-même.

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Il est -dea. amfc* awe* ïe*sembfanm pour n'avoir /aucun «Jaractèr/e matgué * dont 6n puisse *U premier pcfup«l*«fl as» signer les diffifa$«ces, et cetefwferjrts.d* les définir: les fait .prendre pondes aines communes par ua observateur jaap**fc ciel. Mais c'estpûrxelam&nfciq»* lcsdts* iingue , qu'il est iœpossibte-dfc les- dis*»

tinguer,. et que.ies traits du: Modèle commun , dont quelqu'un manque? ftàa* jours à calque individu , brillent tout également en eJlesè Ainsi chaque épreuve, d'une . esta mpe a it s* défauts . particuliers qui lui servent de caractère , et; s'il en vient unequî soit parfaite » quoiqu'on, la trouve, belle au premier coup -d'œil^ il feutra considérer longtemps peut là reconnbïtre.

. Comment réprimer la passion même la plut fbibte quand elle est sans contrepoids V Voilà ^inconvénient des caractères froids et. tranquilles» Tout va tien tant que leur froideur les garantit des tentations j mais s'il^en survient une qui les atteigne , ils sont aussitôt vaincus

D 1:3$ £}! R 8 U S SE A u. <i& t *fUfattaqûl$ $ e* ki ftisôn , qui gouverna taVidî^qiJ?élte''étî$«'Sfeule, n'a *a mai s de itoce poW^ésiSte* au moindre effort/ - : ftés hbikftaes ftoiis qui coi^nhertt ■>pîas leurs y«ux?qne leur coeur , jii g efft Wieut^eiMpâ^io»* d'autrttï, que les geifc •turtnrfèns ttflvifl ou vains , qri?ooir«iWÊrfr. -^ent'tou^ûTt'^ar se mettre à la "plact «tes ' au tr*SV f flfe? savent jamais voir ci ïqu'il^settlcrtt.i.^.^ ■ :■ • V • • *

fio^lui» qUiinWst'que'bon ne démente -tel qn'âtttanr qu'il ^a du plaisir a Fétf*'; rl^^otité'se^btfiee et périt sous le efcote ïfas- pa*9io*fc' humaines' ; l'homme ^fl| tfestquï btt»î, n'est bon «jue pour* lui;* ïfrcL'obsetvatiott-nous^pprtnd tna'iiya *tes; Qaywtèresic^ii's'annonçent.preiqmt îent naissant y <etndes?*nfans qu'taipeaje étudier sur 4é stindd leur aoumceyCeaas- 4à font uae «tas* à part , et s?élèf erft fat» • Vomnvsnçarit de vîweQ Mais - quant «wuk Iflitres. qui» se développent moins- ffve'* irdtttoîr^formep leur esprit avant' fié le «cormoître, t'est ^exposer à gâfer-ie bien «pie la nature a fait l,- et à faire plus mai ^ sa plate.' v - > — * ■«'

t» Pou*, changer -m* esprit , 'ihfaaîHroit •changer f organisation i nré rïetrre 4 pour «haoger lurâStfrasière, il faudroit changer

»0 L'ES PEN*£ïf

Je tempérament dont il dépend. A-f-pft jamais oui dire, qu'un emporté soit <tè- Venu flegmatique , et qu'un esprit «fer fthodtqtfe. et froid ait acquis de l'impgination \ Pouraioi, i* trouve qu'il seront '' fout aussi aisé de faire uo Wpnë d'un, J>rua f et d?un sot un hofrose d'esprit* C'tst donc en vain qu'on, pfé*eud«eit • r%jfdndre les divers esprits *pr un ,'f&eindfe commun. On peur empêcher leflJwflmejs ^|e se montrer tels qu'ils tant j, mm non; jte faire devenir autcesY«p attis tedéguir :seat dans, le cours ojcUaake de la vie.»

/tous les ver&e? dans to*u*sics<OGca iwto importante? reprendre it ut '.Caractère lorigin^l , et a?f livrer «Wu^aUtant moins ide règle * qu'ils a'eaicpnaoisswér *f>lus ce sty livrait. Encore iroe feif * il -tte s*agit point de change* de - Caractère mt de plier le naturel* mais , au cottpraire , de Je pouasjer ^ausfi loin qu'il j>eut aller, 4e le cultiver et d'empêcher -qu'il ne dégénère f car c'est atôsit<qtttai Jiomnle devient tout ce qu'il peut êtç** $t que l'ouvrage de la nature s'achèvo iepi lui par l'éducation. Or, avant de cultiver le Caractère , il faut étudiée , attendre

Î>aisibJement qu'il se montre , lui fournir es occasions de se montrer f t ou jouta

- n% #. J. R.otjss^au. H s'abstenir de rien faire , plutôt-que d'agir X&àl-à-propôs. A tel génie il faut donner des ailes , à d'autres des entraves , l'un veut être pressé, l'autre qu'on l'intimide, il faudroit tantôt éclairer, tantôt abrutir»

Tel homme est fait pour porter la con* noissance humaine jusqu'à son dernier terme ; à tel autre , il est même funeste de savoir lire* Attendons la première étincelle de raison ; c'est elle qui fait 1 lortir le Caractère et lui donne sa véritable forme; c'est par elle aussi qu ? on le cultive , et il nfy a point avant la raison de véritable éducation pour l'homme*

Tout les Caractères sont bons et sains en çux-mêmes. IlnVa point d?et* rcurs dans la Nature. Tous les vice»

qu'on impute au naturel sont l'effet des mauvaises fonces qu ? ii a reçues. Il n'y a point de scélérat dont les penohans mieux dirigés n'eussent produit de grandes vertus. Il n'y a point d'esprit faux dont on n'eût tiré des taîens utiles enlt^ prenant d'un certain biais , comme ces* figure s r difformes et monstrueuses qu'ot jend belles et bien proportionnées en les mettant à leur point de vue,

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