SAGESSE HUMAINE
JLiË grand défaut dt la Sagesse humaine , même de celle qui n'a que la vertu pour objet , est ua excès de confiance qui nous fait juger de l'avenir par le présent , et par un moment de la vie entière. On se sent ferme un instant , et Ton compte n'être jamais ébranlé. Plein d'un orgueil que l'expérience confond tous les jours « on croit n'avoir plus à craindre un piège une fois évité. Le modeste langage de la vaillance est, je fus brave un tel jour; mais cqlui qui dit, je auis brave » ne sait ce qu'il sera demain , et tenant pour sienne une valeur qu'il ne s'est pas donnée , il mérite de la perdre «u moment de s'en servir.
Que tous nos projets doivent être ridicules , que tous nos raisonnement doivent être insensés devant l'Etre pour qui les teras n'ont point de succession» 1 ni les lieux de distance ! Nous comptons pour rien ce quiestloin.de neus » nous ne voyons que ce qui nous touche :
quand nous aurons changé de lieu, nos jugemens seront tout contraires » tt ne
D* J. J. Rousujîu. fl feront pas mieux fondés. Nous jréglon* l'avenir sur ce qui nous convient aujourd'hui i sans savoir s'il nous conviendra demain ; nous jugeons de nous comme étant toujours les mêmes , et nous chan* geons tous lés jours. Qui sait , si nous aimerons ce que nous aimons , si noua voudrons ce que nous voulons , si nous serons ce que nous sommes v si les ob* jets étrangers et les altérations de not eorps n'auront pas autrement modifié not âmes f et si nous ne trouverons pas notre misère dans te que nous aurons arrangé pour notre bonheur. Montrez-moi la règle de la sagesse humaine * et je vais la prendre pour guide. Mais si la meilleur* reçon est de nous apprendre £ nous défier d'elle ,' recourons a celle qui ne trompe point vet faisons ce qu'elle nous inspire»