‹ Les pensées de Mme de WarensChapitre 34 sur 37 · ACTE DE CAUTION · texte numérisé non relu

ACTE DE CAUTION

par M. de La cBalme de la Fournache,

en faveur de Mmc de Warens.

« Je soubsigné promet et m'engage en la meilleure forme possible, offrant de passer procure à ce sujet ou de me rendre en personne auprès de ceux qui voudront prêter dix milles écus à Mrae la baronne de Warens de La Tour, pour être appliqués à l'aquisition des fabriques de Monsieur le marquis de La Roche, comte de Granéry ; les dittes fabriques situées entre S1 Michel et S1 André en Maurienne; de laqu'elle sôme, outre la spéciale ipottèque que le préteur aura sur lesdittes fabriques, jusqu'au ramboursement de laditte somme, je m'angage et me rand caution, sur la généralité de mes biens, de faire rambourçer laditte sôme, ou la rambourçer de mes propres deniers, au cas que laditte dame ne peut le faire elle-même au termes convenus avec le prêteur. En foy de quoy j'ai signé le présent, à S' Jean de Maurienne, le 15

7bre Iy47.

De La Balme de La Fournache. ))

De son côté, le contrat de vente passé, de La Roche s'empressait de se faire accorder le droit de rachat perpétuel, passé le terme de cinq ans, pour un sixième, des biens qu'il avait vendus :

EXTRAIT de rémission de réachapt perpétuel accordé par Dame Françoise Eléonore de La Tour, dame de Warens, en faveur du seigneur marquis de La Roche du 26 novembre .7747 (Decoux notaire).

(( L'an mil sept cents quarante sept et le vingt six novembre, à onze heures avant midy, dans la chambre qu'ocupe la dame contractante cy après, dans la maison de Madame la comtesse de Saint- Laurens, cytuée dans la ville de Chambéry; par devant moy notaire, et témoins cy-bas nommés, se sont personnellement constitués dame Françoise- Louise- Eléonore de La Tour, fille de feu noble Jean- Baptiste de La Tour, native du pays de Yaud en Suisse, canton de Berne, résidant

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présentement au château appelé des Chermettes, parroisse de S1 Léger, dudit Chambéry ; épouse de Messire Isaac Sébastien, de Louis seigneur de Warens; et Mre Pierre François, fils de feu Jean Philibert Milleret, originaire de Samoens, notaire et commissaire d'extantes, bourgeois et habitant de la ville d'Annecy ; agissant, ce dernier, en qualité de procureur généralement constitué par Messire Charles-Gaspard-Bernard Granery, marquis de La Roche, habitant à Turin, par acte du douze novembre, mil-sept cents quarante deux (Capet notaire) ; et encore au besoin en vertu du mandat que ledit seigneur luy a conféré par acte du dixième du courant mois, écrit et signé par Mre Durando, notaire de la ville de Turin. — Lesquels, de gré ont fait les conventions suivantes, en exécution de la promesse et condition verballement convenus entre eux, avant le contract receu par moydit notaire, le jour d'hyer, passé entre les mains des parties, noble Jean-Guillaume Sautier de La Balme, seigneur de La

Fournache, et Mathieu Casse Daurelle, sçavoir que ladite dame, pour elle et les siens, accorde audit seigneur marquis de La Roche, pour luy, les siens et droit ayant, afin qu'ils puissent en disposer à leur gré, la faculté et droit de réachapt perpétuel, passé le terme de cinq ans, pour une sixième, soit la moitié du tiers acquis par ladite dame, des biens, baptiments, meubles et effets, privilèges, concessions et choses quelconques dont s'agit dans ledit contrat du jour d'hyer, ratification et acte de vente et cession du vingt-quatre octobre dernier, aussy receu par moy dit notaire, y énoncés et relatés ; et c'est au moyen que, dans le cas de réachapt, que le dit seigneur marquis et les siens ou droit ayant quelconques, pourront faire, passé ledit terme , perpétuellement et quand bon leur semblera, rambourceront soit payeront à ladite dame et aux siens la somme de quatre mille trois cents livres de Savoye, et dans le même cas, elle sera obligée, et les siens, de représanter toutes choses en même état où elles sont actuel

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lement, et sans pouvoir contracter ny faire aucun hypothèque en faveur de qui que ce soit, qui puisse préjudicier au présent, par lequel l'on entend et l'on proteste au contraire expressément de ne faire aucune novation. ny préjudicier aux droits, antériorités des dettes, hypothèques et clauses solidaires et de constitut acquis audit seigneur marquis, en vertu desdits actes ; obligeant spécialement, laditte dame, et sans que la spécialité derroge à la généralité, les dites choses soit portions par elle acquises, avec la clause de constitut, et à peine de tous dépens, dommages et intérêts pour l'antier effet et observation du présent, et à peine de tous dommages et intérêts, et le tout à l'ixeptation (sic) dudit Mre Milleret, en sadite qualité pour ledit seigneur et les siens ou droit ayant, avec moy dit notaire, aussi stipulant, recevant et acceptant, à l'absence et en faveur d'iceux. — Bien entendu que dans le dit cas de réachapt, ledit seigneur et les siens ou droit ayant, comme dessus, seront tenus de rembourser

à ladite dame et aux siens, une sixième des frès et autres dépenses faites et à faire depuis ledit contract de vente et cession, pour réparations et améliorations, au cas cependant qu'ils n'en fussent pas suffisamment rembourcés et dédomagés par les fruits et avantages qu'ils se trouveroient avoir perçus jusqu'au dit rachat; à quel effet, il seront obligés de donner pour lors un compte exact de tout, pour pouvoir le vérifier. Et pour l'observation de tout le contenu au présent, lesdites parties obligent tous un chacun leurs biens présents et à venir, sçavoir : de la part dudit Mrc Milleret, ceux dudit seigneur, avec la clause de constitut d'yceux, et à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et sous les spéciales et générales hypotèques, réserves et proteste, sus plus amplement exprimés, sous toutes autres dues promesses mutuelles stipulations, acceptations, renonciations et autres clauses requises.

Fait et prononcé audit lieu. Présent le sieur Jean- .Michel Falquet, bourgeois

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et habitant du dit Annecy, et le sieur Louis Magnin, de la parroisse du Vilard sur Yenne, habitant audit Chambéry, témoins requis, qui ont signé en fin de la minute, avec lesdites parties et moy notaire royal collégié, soussigné, requis de recevoir le présent que j'ay expédié en faveur de laditte dame de La Tour de Varens le requérant ; après l'avoir fait insinuer au bureau du tabellion dudit Chambéry, au feuillet trois cent-nonante, verso du troisième livre, et payé quatre livres cinq sols au sieur Arminjon, secrétaire insinuateur, à forme de son reçu du vingt-quatrième décembre mil sept cent-quarante-sept, quoyque par autre soit écrit. Signé Decoux, notaire, qui a mis au bas : Droit de tabellion, visite et papier marqué quatre livres dix sols ; le tout payé par ladite dame de Warens.

Peut être pourrait-on placer à cette époque la minute, sans date, d'une lettre de Mrae de Warens à l'un de ses associés,

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qui n'est pas autrement désigné. L'écriture de cette pièce, qui appartient, comme les précédentes, aux Archives départementales de la Savoie, n'est pas de la main de la baronne. La minute en concerne, probablement, Saultier de La Balme. Il y est question de 10.000 livres, comme dans l'acte de caution du 15 septembre 1747. Le dernier alinéa se rapporte, peut-être, à la femme de Charles-Gaspard- Bernard Granery, marquis de La Roche :

Monsieur et cher Associé

Vous m'aviez promis de vos chères nouvelles cependant je n'en ay aucunes, ce qui me fait bien de la peine. Vous verrez par la copie cy-j ointe de la lettre que m'a écrit M. de Nervoz les tournure qu'il donne à nos propositions.

Voilà, Monsieur et cher associé, où vat nous conduire l'idée que vous avez de vouloir céder un droit positif pour engager dittes vous les intéressés à ce prêter de meilleure grâce aux propositions. Pour

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moy je vous dis, naturellement entre vous et moy, que sy les fonds que nous demandons avec tant de raison ne sont pas entré en caisse d'icy à la fin du moys prochain, comme nous l'avons demandé, qu'il ne nous convient d'aucunne façon d'entrer dans des nouveaux engagements, attendu que nous avons fait tous nos fonds, et au delà, par notre acquisition, et dailleurs vous savez que j'ay procuré à notre Compagnie la découverte de tous nos filons et que j'ay donné l'industrie et le plant de toutes la fonderies et moulages sans avoir receu aucunne récompense de la Compagnie ny à cet égard ny à celuy de la peine que j'ai journellement, pour le soutient de notre entreprise.

Vous savez que je suis la plus malpartagée de tous les intéressés, ainsy j'ay bien des sujets qui me rebute entièrement et qui devrois m'engager à getter le manche après la coignée.

Je vous prie en grâce, Monsieur et cher associé, de me dire au naturel ce que je dois penser de tout cecy, et ce que vous

me conseillé de répondre à M. deNervoz, sans quoy je ne luy feray aucune réponce ; cependant le cas est d'autant plus pressent que la personne en question, qui devoit avoir dix mille livres, dans ce païs, ne peut pas les retirer quand à présent, de ceux qui luy doivent ; ainsy voilà une affaire comme manquée ou du moins renvoyée pour longtem diable vend.

Je vous souhaite les plus heureuse fêtes et toutes sortes de prospérité dans la nouvelle année où nous allons entrer, vous priant que là bonne amitié reigne toujours entre nous à quoy je contribueray toujours de mon pouvoir, par le zelle sincère avec lequel je travaille sans relâche pour vos- avantages comme pour les miens propres.

Je vous prie d'offrir à Madame la marquise les assurances de mon plus parfait dévouement et de tout mon respect. J'ay eu l'honneur de luy écrire depuis que vous êtes à Grenoble. Je vay faire travailler après ces fêtes à quelques jolies

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pièces que je vous prie de lui présenter de votre part et de la mienne Comme nous en sommes convenus donnez moy de vos chères nouvelles le plutôt possible. Et me croire sans réserve et avec une très parfaite considération.

Monsieur et cher Associé

Votre très-humble et très-obéissante servante.

Quoiqu'il en soit, et l'acte le prouve, Saultier de la Balme donnait pleins"pouvoirs à Mme de Warens, par la procuration du 1 décembre 1747. Le 10 juin 1748, les deux associés admettaient, pour une action, dans la compagnie qu'ils avaient formée, un avocat au sénat, Etienne Boittier Avrillon, demeurant à Annecy.

Des vingt actions, dont se composait le capital, dix étaient attribuées à MDe de Warens et à M. de La Balme, qui prélevaient, ainsi, la moitié des bénéfices de l'entreprise. Wintzenried figure comme témoin, dans cet acte notarié :

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