Préface de la seconde partie. — (Parler de ceux qui
ont traité de cette matière.)
[1] J'admire avec quelle hardiesse ces personnes entreprennent de parler de Dieu, en adressant leurs discours aux impies. Leur premier chapitre est de prouver la divinité par les ouvrages de la nature. Je ne m'étonnerais pas de leur entreprise s'ils adressaient leurs discours aux fidèles, car il est certain [que ceux] qui ont la foi vive dedans le cœur1 voient incontinent que tout ce qui est n'est autre chose que l'ouvrage du Dieu qu'ils adorent. [2] Mais pour ceux en
'-' .MOL des hommes.
446 "44/. Sur une même feuille, \ 206 (recto) d'une main étrangère.
Réunies sans doute a cause de la ressemblance des titres.
•4-46. A 206 (d'une main étrangère, avec corrections de Pascal) — B 104
— C 37g — POR xxix, :< 1 — BOS I, ix, 36 — FAU n. 27 — HAV vi, 33 - MOL 1, 2 1.
— ' A1 de Charron : de la confusion, (qui attristent et ennuient : surcharge
de la main de Pascal). : '-' A du droit de méthode. = B A1 en passant, mais par
un dessein (comme de faillir : surcharge de la main de Pascal/.
— Cf Montaigne. Avis au lecteur.
AA / . A 206 (d'une main étrangère) — B 405 — C l>8o — POR x\, 1 —
BOS IL xv, 1 — FAU n, n3 — HAV xxn, 2 — MOL 1, i37.
— ! FAU dans le cœur.
qui cette lumière s'est éteinte* et dans lesquels on a dessein de la faire revivre, ces personnes destituées de foi et de grâce, qui, recherchant de toute leur lumière tout ce qu'ils voient dans la nature qui les peut mener à cette connaissance, ne trouvent qu'obscurité et ténèbres : dire à ceux-là qu'ils n'ont qu'à voir la moindre des choses qui les environnent, et qu'ils y verront Dieu à découvert, et leur donner, pour toute preuve de ce grand et important sujet, le cours de la lune et s des planètes, et prétendre avoir achevé sa preuve * avec un tel discours, c'est leur donner sujet de croire que les preuves de notre religion sont bien faibles: et je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre à leur en faire naître le mépris.
[3| Ce n'est pas de cette sorte que l'Ecriture, qui connaît mieux les choses qui sont de Dieu, en parle. Elle dit au contraire que Dieu est un Dieu caché: et que, depuis la corruption de la nature, il les a laissés dans un aveuglement dont ils ne peuvent sortir que par Jésus-Christ, hors duquel toute communication avec Dieu est ôtée : « Nemo novit Patrem, nisi Filius. et cui voluerit Filius revelare. » [Matth., xi, 17.]
[4] C'est ce que l'Ecriture nous marque, quand elle dit en tant d'endroits que ceux qui cherchent Dieu le trouvent. [Matth.. vu, 7.] Ce n'est point de cette lumière qu'on parle. « comme le jour en plein midi » : on ne dit point que ceux qui cherchent le jour en plein midi, ou de l'eau dans la mer. en trouveront ; et ainsi il faut bien que l'évidence de Dieu ne soit pas telle dans la nature. Aussi elle nous dit ailleurs : « Vere tu es Deus absconditus. » [ls., xi.v, i5.j
« Humilibus dat gratiam » [Jacq. Ep., iv. 6] an ideo non dédit humilitatem ?
« Sui eum non receperunt, quotquot autem non receperunt » [Joh., 1, 1 1-12], cum non erant sui.
Moïse (Deut., 3o) promet que Dieu circoncira leur cœur, pour les rendre capables de l'aimer.
FAU est éteinte. '■ FAU ou des planètes. ' A1 prétendre de l'avoir achevée
sans preuve.