‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 165 sur 299 · Vous avez mauvaise grâce * : « Excusez-moi s'il vous · texte numérisé non relu

Vous avez mauvaise grâce * : « Excusez-moi s'il vous

plaît. » - Sans cette excuse, je n'eusse point aperçu qu'il y eût ; 'd'injure.- -- « Révérence parler... » — Il 2 n'y a rien de mauvais que leur excuse.

I Al! Rentrez-vous en vous-mêmes. — HAV Rentrez en vous-mêmes. 5.2o~5*29. Sur une même feuille A 231 (recto).

528. - - A 25i — B 401 - C 3-]5 — POR xxxi, 18 — BOS I, ix, ig - FAI 1. 247 ($ 1-2): et 1, 202 (| 3) — HAV vi, 46 (§ 1-2): et xxiv, 8<) bis (f 3) MOL [, 61 il 1-2): et r, 128 (g 3).

FAU, HAV, MOL en font deux pensées. Il me semble qu'il n'y en a qu'une. Pascal, pour expliquer que la continuité nous dégoûte, montre qu'elle n'est pas dans la nature.

529. A 25i — B 401 — C 376 — BOS L ix. 34 — FAU 1. 210 - HAV vi. 5i — MOL n. 132.

— ' HAV et MOL ponctuent : « Vous avez mauvaise grâce, excusez-moi, s'il vous plait. » // me semble que le sens est : vous avez mauvaise grâce à dire « Excusez moi ». à dire « Révérence parler ». De là la place des guillemets. 'FAU écrit. Révérence parler, il n'y a rien. Mais « révérence parler » est l'excuse que blâme Pascal.

Sur ce que Josèphe, ni Tacite, et les autres historiens n'ont point parlé de Jésus-Christ. — Tant s'en faut que cela fasse contre, qu'au contraire cela fait pour: car il est cer.ain que Jésus-Christ ' a été. et que Sa religion a fait grand bruit, et que ces gens-là ne l'ignoraient pas *, et qu'ainsi il est visible qu'ils ne l'ont celé qu'à dessein, ou bien qu'ils s en ont parlé et qu'on l'a ou supprimé ou changé.

531. Il n'était point permis de sacrifier hors de Jérusalem, qui était le lieu que le Seigneur avait choisi, ni même de manger ailleurs les décimes. (Deut., xii, 5, ctc : Deut., xiv. 23, etc : xv, 20; xvi, 2, 7, 11, i5.)

Osée a prédit qu'ils seraient sans roi, sans prince, sans sacrifice et sans idole1: ce qui est accompli aujourd'hui, ne pouvant faire sacrifice légitime hors de Jérusalem. [Osée, m, 4.]

532. Figures. — [1] Si * la loi et les sacrifices sont la vérité, il faut qu'elle2 plaise à Dieu et qu'elle ne lui déplaise point. S'ils sont figures, il faut qu'ils plaisent et déplaisent. Or, dans toute l'Ecriture, ils plaisent et déplaisent.

[2] 11 est dit que la loi sera changée [Jér., xxxi. 3 1 - 3 3 ] : que le sacrifice sera changé [Dan., xii, ii] : qu'ils seront sans roi s. sans prince et sans sacrifice [Osée, 111, 4] : qu'il sera fait une nouvelle alliance [Jér., xxxi, 3 1-34] : que la loi sera renouvelée [Jér., xxxi. 3i] : que les préceptes qu'ils ont reçus ne sont pas bons [Ezéch., xx, 25] ; que leurs sacrifices sont abominables [Is., 1, 11-16] : que Dieu n'en a point demandé [Jér., vu, 12].

530. A 253 (d'une main étrangère. — Une petite croix en fête) — B 3c)2

- C 36i - FAU ii, 325 — HAV xxv, 177 — MOL 11, i3.

— 1 A1 que Jésus-Christ et sa religion = - A1 ne l'ignoraient pas :

ils ne l'ont celé (et qu'ainsi il est visible que : en surcharge). :1 FAU, HAV

ou qu'ils.

531~532. - - Sur une même feuille, A 253 (recto). — FAU,MOL)i'e«/««/ qu'une pensée : il me semble pourtant que 53 1 n'a nullement trait aux figures dont il est question dans 532.

531. A 253 (d'une main étrangère) — B 12S — C 154 — POR xm. 12 et

i3 — BOS II, ix. i3 — FAU 11, 256 — HAV xvi, n — MOL 1, 25g.

— ' FAU sans sacrifices et sans idoles.

53-2. - - A 253 (Les \ i-3 d'une main étrangère) — B 128 — C i55 — POR xm. 2 et 4 - BOS 11. ix. 5 et 7 — FAU 11, 2.S4 — HAV xvi, G — MOL 1, j5y.

— ' A1 si Jérusalem et Israël sont. : 2 FAU qu'ils plaisent à Dieu et qu'ils

ne lui déplaisent. = 9 MOL sans loi.

[3] Il est dit, au contraire, que la loi durera éternellement [Lév., vu, 34] : que cette alliance sera éternelle [Gen., xvii, i3] ; que le sacrifice sera éternel [Lév., vi, 20 1 : que le sceptre ne sortira jamais d'avec eux, puisqu'il * n'en doit point sortir que le Roi éternel n'arrive [Gen., xlix, 10]. Tous ces passages marquent-ils que ce soit réalité ? Non. Marquent-ils aussi que ce soit figure? Non : mais que c'est réalité, ou figure. Mais les premiers, excluant la réalité, marquent que ce n'est que figure.

[4] Tous5 ces passages ensemble ne peuvent être dits de la réalité: tous peuvent être dits de la figure : donc ils ne sont pas dits de la réalité, mais de la figure. « Agnus occisus est ab origine mundi » Apoc, xiii. 8] Juge ,! sacrificateur.

Contradiction. — [1] On ' ne peut faire une bonne physionomie qu'en accordant toutes nos contrariétés, et il 2 ne suffit pas de suivre une suite de qualités accordantes sans accorder3 les contraires. Pour entendre le sens d'un auteur, il faut accorder tous les passages contraires.

[2] Ainsi 4, pour entendre l'Ecriture, il faut avoir un sens dans lequel tous les passages contraires 6 s'accordent. Il ne suffit pas d'en avoir un qui convienne à plusieurs passages accordants, mais a d'en avoir un qui accorde les passages même contraires.

[3| Tout auteur a un sens auquel tous les passages contraires s'accordent, ou il n'a point de sens du tout. On ne peut pas dire cela de l'Ecriture et des prophètes: ils avaient assurément trop bon sens. Il faut donc en chercher un qui accorde toutes les contrariétés. Le véritable sens n'est donc pas celui des Juifs: mais en Jésus-Christ toutes les contradictions sont accordées.

[4] Les Juifs ne sauraient accorder la cessation de la rovauté et principauté, prédite par Osée, avec la prophétie de Jacob7 [Osée, m, 4: — Gen., xlix, 10]. Si on preijd la loi, les sacrifices, et le royaume, pour réalités, on ne peut accorder tous les passages. Il faut donc par nécessité qu'ils ne soient que figures. On ne saurait pas même accorder les passages d'un même auteur, ni d'un même livre, ni quelquefois d'un même chapitre; ce qui marque trop quel était le sens

4 KAU ne doit point en - r> Ce paragraphe de la main de Pascal. e Supprimé

par HAV.

533. - A ^55 (d'une main étrangère) — B 127 — C 1 5 3 — POR xm. 1 1 — BOS II. ix, 2 — FAI! 11. 257 — HAV xvi. 10 bis — MOL 1. 838.

— ' A1 B Comme on ne peut faire. " .V B et qu'il ne sullit. ' I AI

concilier. = * A1 B Et comme pour entendre. \' tous les passages s'accordent.

(Contraire : en surcharge). == 6 FAU mais il faut en avoir. ' \[ Jacob, puisqu'ils

en avaient

de l'auteur : comme, quand Ezéchiel (Ci: . xx) dit qu*on vivra dans les commandements de Dieu, et qu'on n'y vivra pas.

Les Juifs charnels ' tiennent le milieu entre les chrétiens et les païens. Les païens ne connaissent point Dieu, et n'aiment que la terre; les Juifs connaissent le vrai Dieu, et n'aiment que la terre: les chrétiens connaissent le vrai Dieu, et n'aiment point la terre. Les Juifs et les païens aiment les mêmes biens: les Juifs et les chrétiens connaissent le même Dieu. Les Juifs étaient de deux sortes : les uns n'avaient que les affections païennes, les autres avaient les affections chrétiennes.

Stoïques. - - Ils concluent qu'on peut toujours ce qu'on peut quelquefois: et que, puisque le désir de la gloire fait bien faire à ceux qu'il possède quelque chose, les autres le pourront bien aussi : ce sont des mouvements fiévreux que la santé ne peut imiter. Epictète conclut de ce qu'il y a des chrétiens constants, que chacun le peut bien être. |"Manuel. iv, 7.!

I [1] Les l principales forces des pyrrhomens (je laisse les moindres).

534. A 255 (d'une main étrangère) — B 149 — C 1 79 — - POR x, 21

et 17 — BOS II, vin, i5 et i3 — FAU n, 362 — HAV xv.~ 12 — MOL i, 266.

— l A1 Les Juifs tiennent (charnels : en surcharge).

535. A 255 (une petite croix en tête) — - B 62 — C 87 — POR xxi, 1

— BOS II, 1, 1 — FAU 11, 92 — HAV vin, 4 — MOL 1, i75.

536. A isur trois feuilles collées à la suite) 2bj (f 1-8) et 25.8 ($ 9-16)

et 261 (| 1 7-24) et 262 (% 24-28). Les % 2 bis, 5, 6, i5 1er, i5 bis, 16 bis, iq, 24. 25, 26, 27, 28 rayés. — B 48 — C 69 — POR xxi, 1 et 4 : et m. 5 et 6 et S : et xwui, 3o — BOS II, 1, 1 et 4: et II, v. 3 et 4 : et II. xvir, 2 3 — FAU it, 100 (§ 1-28); et 11. 1 58 (% 26-27) — HAV vin, 1 — MOL 1, 161 ($ 1-28): et 1, 292 (§ 26-27). FAI' (11, i58) et MOL (1, 292) ont reproduit les %% 26 et 27, d'après POR.

— I x La pensée, dans POR et FAU commence : Rien n'est plus étrange, dans la nature de l'homme que les contrariétés que l'on y découvre à l'égard de toutes choses. 11 est fait pour connaître la vérité : il la désire ardemment, il la cherche ; et cependant, quand il tâche de la saisir, il s'éblouit et se confond de telle sorte qu'il donne sujet de lui en disputer la possession. C'est ce qui a fait naitre les deux sectes de pyrrhoniens et de dogmatistes, dont les uns ont voulu ravir à l'homme toute connaissance de la vérité et les autres tâchent de la lui assurer ; mais chacun avec

sont : Que 2 nous n'avons aucune certitude de la vérité de ces principes n. hors la foi et la révélation, sinon en [ce] que nous les sentons naturellement en nous : or, ce sentiment naturel n'est pas une preuve convaincante de leur vérité,

[1 bis] puisque, la nature peut nous 2] puisque, n'y ayant point de les avoir donnés/aux, et puisque 4. certitude 6 hors la foi, si l'homme hors la foi r°, on n'est point assure' est créé par un Dieu bon 7, ou par ou qu'on est créé au hasard ... un démon méchant, ou à l'aven-

ture8, il est en doute si ces principes"

et que, les principes sont nous sont donnés

|3 I ou véritables, ou' faux, ou incertains, selon notre origine; de plus, que personne n'a d'assurance, hors de la foi, s'il veille ou s'il dort, vu que durant le sommeil on croit veiller, aussi fermement que nous faisons10 : on croit voir les espaces, les figures, les mouvements, on sent couler le temps, on le mesure, et enfin on agit de môme qu'éveillé : 4I de sorte que la moitié de la vie se passant en sommeil, par notre propre aveu, où, quoi qu'il nous en paraisse u. nous n'avons aucune idée du vrai, tous nos sentiments étant alors des illusions, -- qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir?

[5] Et qui doute que, si on rêvait en compagnie, et que par hasard les songes s'accordassent (ce qui est asseç 12 ordinaire), et qu'on veillât en solitude, on ne crût 13 les choses renversées ?

[6J Enfui, comme on rêve souvent qu'on rêve, entassant u un songe sur l'autre15, il se peut aussi bien faire que cette vie n'est elle-même qu'un songe.

des raisons si peu vraisemblables qu'elles augmentent la confusion et l'embarras de l'homme, lorsqu'il n'a point d'autre lumière que celle qu'il trouve dans sa nature.

" A1 sont que ces principes :1 A1 de ces principes sinon (hors la loi : en

surcharge'. ' A1 puisque, la foi étant "' A1 loi, on peut dire ou

,; A1 certitude si l'homme (hors la foi : en surcharge). ' A1 un Dieu véritable.

s A1 a l'aventure, qui ne voit que. selon l'opinion A- à l'aventure, suivant quoi

ces principes :i A1 principes peuvent être donnés. "' De on croit au g 6

surcharge en marge. " FAU écrit aveu, ou (oh bien) quoiqu'il nous. '' A1 ce

qui est ordinaire. I:l A1 qu'on croirait. " 1$ en taisant. '"' A1 un songe

dans l'autre, ne peut-il pas se faire que cette moitié de la vie où nous pensons veiller est

sur is lequel les autres sont entés, dont nous nous éveillons à la mort, pendant laquelle nous avons aussi peu les principes du vrai et du bien, que pendant le sommeil naturel 17 : ces différentes pensées qui nous y agitent n'étant peut-être que des illusions pareilles à l'écoulement du temps et aux vaines fantaisies de nos songes.

[7] Voilà les principales forces de part et d'autre.

[8] Je laisse les moindres 18, comme les discours que font les pyrrhoniens contre les impressions de la coutume, de leducation 19, des mœurs, des pays 20, et les autres choses semblables, qui, quoiqu'elles entraînent la plus grande partie des hommes communs, qui ne dogmatisent 21 que sur ces vains fondements, sont renversées par le moindre souffle des pyrrhoniens. On 22 n'a qu'à voir leurs livres, si l'on n'en est pas assez persuadé : on le deviendra bien vite, et peut-être trop.

[g] Je m'arrête à l'unique fort des dogmatistes, qui est qu'en parlant 23 de bonne foi et sincèrement, on ne peut douter des principes naturels. Contre quoi les pyrrhoniens opposent 24 en un mot l'incertitude de notre origine, qui enferme celle de notre nature: à quoi les dogmatistes sont encore à répondre depuis que le monde dure 25.

[10] Voilà la guerre ouverte entre les hommes, où il faut que chacun prenne parti et se range nécessairement ou au dogmatisme, ou au pyrrhonisme 2,; ; car, qui pensera demeurer neutre sera pyrrhonien par excellence. Cette neutralité est l'essence de la cabale : qui n'est pas contre eux, est excellemment pour eux 27. Ils ne sont pas pour eux-mêmes : ils sont neutres, indifférents, suspendus à tout, sans s'excepter.

"; A1 songe dont nous nous (sur ...entés : en surcharge). 17 A1 naturel, tous les

écoulements du temps, de la vie, et les divers corps que nous sentons ne sont

13 A1 les niaiseries. — A2 les moindres, comme les confessions... — B1 comme les discours qu'on fait contre les pyrrhoniens. - '" A1 de la prévention. '-'" 11AV,

jMOL du pays. : 21 A1 qui dogmatisent sur. '" La fin du § en surcharge, entre

les lignes, sans doute après la rature de la fin du § 8 {note 25). — - 2:' A1 qui est

que de - -4 A1 opposent l'incertitude. - ^ A1 dure. Qui voudra s'éclairer plus

au long des pyrrhoniens, voyez leurs livres, il en sera bientôt persuadé, et peutêtre trop. 2B A" pyrrhonisme. Qui pensera demeurer neutre sera pyrrhonien par excellence. Puisque cette neutralité est l'essence [de la cabale] qui n'est pas contre... — A2 pyrrhonisme : car la neutralité, qui est le parti des sages, est le plus ancien

dogme de la cabale pyrronienne : qui n'est pas... -' A' HAV pour eux; en quoi

paraît leur avantage.

II [n] Que fera donc l'homme en cet état? Doutera-t-il de tout? doutera-t-il s'il veille? si ] on le pince? si on le brûle? doutera-t-il s'il doute? doutera-t-il s'il est? On n'en peut venir là: et je mets en fait qu'il n'y a jamais eu de pyrrhonien effectif parfait. La nature soutient -' la raison impuissante 3, et l'empêche d'extravaguer jusqu'à ce point.

[12] Dira-t-il donc, au contraire, qu'il possède certainement la vérité, lui qui, si peu qu'on le pousse, ne peut en montrer aucun titre et est * forcé de lâcher prise ?

[i3] Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige5! Juge de toutes choses, imbécile6 ver de terre : dépositaire du vrai, cloaque7 d'incertitude et d'erreur; gloire et rebut de l'univers.

[14] Qui démêlera cet embrouillement ?

[i5 ter] Certainement [[5 bis] On ne peut j 1 5] La nature con-

cela passe le 8 dogmatis- être pyrrhonien ni fond les pyrrhome et [le] pyrrhonisme, académicien sans niens ll, et la raison et toute la philosophie étouffer la nature : on confond les dogmahumaine : l homme passe ne peut être dogma- tiques. Que devieni homme. Qu'on accorde tiste n sans renoncer drez-vous donc, ô donc aux pyrrhoniens à la raison. Qu'est hommes, qui cherce qu'ils ont tant crié : ceci donc? on ne chez quelle est 12 votre que la vérité n'est pas de peut éviter 10, en cher- véritable condition , notre portée ni de notre chant la vérité par par votre raison nagibier: qu'elle ne de- la raison, d'entrer en turelle ? Vous ne poumeure pas en terre, une de ces trois vez fuir une de ces qu'elle est domestique sectes, ni [subsister sectes, ni subsister du ciel, qu'elle loge dans dans aucune . dans aucune.

le sein de Dieu et que [16J Connaissez donc, superbe, quel

l'on ne la peut connaître paradoxe13 vous êtes à vous-même. Ilumi qu'à mesure qu'il lui liez -vous, raison impuissante. Taisez -vous. plait de la révéler. nature imbécile n. Apprenez que l'homme passe [16 bis] Apprenons donc infiniment l'homme, et entendez de votre

— II ' A1 s'il sent du mal ? - A1 soutient et défend. :1 A1 la raison et l'empêche. ' A1 et est obligé de lâcher sa prise. r' A" quel paradoxe. '' MOL ponctue imbécile (virgule). • \\ amas. n A, MOL passe le dogmatisme et pyrrhonisme. — FAU, HAV passe dogmatisme. " A1 dogmatiste par la force de la raison. — A- en excluant la raison. ,n A1 éviter l'une de ces trois sectes. "A1 les pyrrhoniens. et les académiciens. '-' A1 quelle est la vérité. " A' quel

idoxe que l'homme. " A1 imbécile : sachez que l'homme passe infiniment l'homme, et écoutez de votre — A- Sachez, etc., et apprenez de votre

de la vérité incréée et maître votre condition véritable que vous

incarnée notre véritable ignorez : Ecoutez Dieu.

nature.

17J Car15 enfin, si l'homme n'avait jamais été corrompu, il jouirait dans son innocence et de la vérité et de la félicité avec assurance. Et si l'homme n'avait jamais été que corrompu, il n'aurait aucune idée ni de la vérité, ni de la béatitude. [18] Mais, malheureux que nous sommes, et plus que s'il 16 n'y avait point de grandeur dans notre condition, nous avons une idée du bonheur, et ne pouvons y arriver; nous sentons une image de la vérité, et ne possédons que le mensonge : incapables d'ignorer absolument et de savoir certainement 17, tant il est manifeste que nous avons été dans un degré de perfection dont nous sommes malheureusement déchus !

[19] Concevons donc que la condition de l'homme est double. Concevons donc que l'homme passe infiniment l'homme et qu'il était inconcevable à lui-même sans le secours de la foi.

Car qui ne voit que 18 sans la connaissance de cette double condition de la nature de l'homme, on était dans une ignorance invincible de la nature

r2o] Chose étonnante cependant, que le mystère le plus éloigné de notre connaissance, qui est celui de la transmission du péché, soit une chose sans laquelle nous ne pouvons avoir aucune connaissance de nousmêmes ! Car il est sans doute qu'il n'y a rien qui choque 19 plus notre raison que de dire que le péché du premier homme ait rendu coupables ceux qui, étant si éloignés de cette source, semblent incapables d'y participer. [21J Cet-0 écoulement ne nous paraît pas seulement impossible, il nous semble même très injuste; car qu'y a-t-il de plus contraire aux règles de notre misérable justice que de damner éternellement un enfant incapable de volonté, pour un péché où 21 il paraît avoir si peu de part, qu'il est commis six mille ans avant qu'il fût en être. [22] Certainement, rien ne nous heurte plus fort que cette doctrine; et cependant, sans ce mystère,

15 A1 N'est-il donc pas clair comme le jour que la condition de l'homme est double ?

Certainement = "; A1 plus que si nous étions malheureux simplement. 17 La

fin du % en surcharge. ~ ls A' que, sans cette double condition. = in A1 blesse. '-'° A1 Cela ne nous — A- Cet écoulement ne nous est pas seulement inconcevable. '-'' A1 où il a si peu de part.

le plus incompréhensible de tous, nous 22 sommes incompréhensibles à nous-mêmes. [23] Le 2:! nœud de notre condition prend21 ses replis et ses tours dans cet abîme : de sorte que l'homme est plus inconcevable sans ce mystère, que ce mystère n'est inconcevable à l'homme.

III [24] D'où 1 il paraît que Dieu, voulant 2 nous rendre la difficulté de notre être inintelligible à nous-mêmes, en a caché le nœud si haut, ou. pour mieux dire, si bas, que ?wus étions :; bien incapables d'y arriver ' : de sorte que ce n'est pas par les superbes agitations de notre raison, mais par la 5 simple soumission de la raison, que nous pouvons véritablement ?ious connaître.

[2 5] Ces* fondements, solidement établis sur l'autorité inviolable de la religion ' nous font connaître qu' 26 il y a deux vérités * de foi également constantes : l'une '■', que l'homme, dans 10 l'état de la création, ou dans celui de la grâce, est élevé au-dessus de toute la nature n. rendu comme semblable à Dieu, cl partici-

'-'-' A1 de tous, l'homme est incompréhensible. n Le % 23 en surcharge. — A1 nousmêmes ; de sorte qu'il est encore plus aisé de le concevoir, que de concevoir la condition des hommes sans cette connaissance. — A- de sorte que l'homme présente en lui-même comme une merveille, qu'il ne connaîtra que par un mystère incompréhensible. — A.8 de sorte qu'il présente en lui-même un prodige, qu'il ne connaîtra que par un mystère inconcevable. — A1 de sorte que le mystère réellement incompréhensible, par lequel seul il peut être [compris] — A.6 de sorte que le mystère

réellement incompréhensible, par lequel seul il comprendra la nature

'' A1 condition y est caché.

— III ' A1 Certainement, Dieu aurait pu nous ôterà nous-mêmes... . -A1 Dieu pensant réserver à lui seulement le droit de nous instruire de nous-mêmes, en a

caché le nœud dans la chose du monde la plus B A1 que nous ne pouvions

pas ' A1 d'y arriver jamais. n MOL les simples soumissions. '■ A1 Ces

deux vérités inébranlables solidement fondées. 7 A1 de la foi. s A1 deux

points. '■' A1 l'une que toute la nature est — A'-' l'une que l'homme est le plus

grand ouvrage de la nature, que tout est fait pour lui. et lui pour Dieu : et l'autre

"' A1 dans la création a été. " A' nature : l'autre (rendu divinité : en

surcharge^ en marge).

peint de sa divinité: l'autre,, qu'en l'état de corruption et de péché, il est déchu de ecl état, et rendu semblable aux bétes.

[27] Ces deux propositions sont également 12 fermes et certaines.

L'Ecriture nous le 13 déclare manifestement, lorsqu'elle dit en quelques lieux : « Deliciœ meœ esse cum filiis hominum » [Prov., vin, 3i] ; « Effundam spiritum meum super omnem carnem » \ Is., xliv, 3] ; « DU estis, etc. »

Ps. lxxxi, 6] ; — et qu'elle dit en d'autres : « Omnis caro fœnum » [Is., xl, 6J; « Homo assimilatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis » [Ps. xlviii, i3 et 21 ; « Dixi in corde meo de filiis hominum... »

[Ecc, m, 18].

[28] Par où il parait clairement que l'homme u.par la grâce, est rendu comme semblable à Dieu, et participant de sa divinité, et que, sans la grâce, il est comme semblable aux

bétes brutes.

... Non pas1 un abaissement qui nous rende incapable de bien, ni une sainteté exempte du mal.

]- A1 aussi. - 13 FAU les déclare - = 14 A1 l'homme est capable de la grâce

de Jésus-Christ.

537. — A 265 - B 177 - C 209 -- POR m. 18 - BOS 11. v. 9 - FAU 11, 145 — HAV xii, i5 — MOL 1, 289.

— l FAU : non par. — B On ne trouve pas dans la religion chrétienne un abaissement, etc.

C'est être superstitieux, de l mettre son espérance dans les formalités ; mais c'est être superbe, de ne vouloir s'y soumettre.

539. ■ Membres. (Commencer par là). — Pour régler l'amour qu'on se doit à soi-même, il faut s'imaginer un corps plein de membres pensants (car nous sommes membres du l tout) et voir comment chaque 2 membre devrait3 s'aimer, etc..

540. République. — La république chrétienne, et même judaïque, n'a eu que Dieu pour maître, comme remarque Philon juif, (De la monarchie). Quand ils combattaient, ce n'était que pour Dieu;

ils1! n'espéraient principalement que de Dieu 2: ils ne considéraient leurs villes que comme étant à Dieu, et les conservaient pour Dieu. (I Paralip.. xix, i3.)

Les philosophes ont consacré les vices, en les mettant en Dieu même; les chrétiens ont consacré les vertus.

538. - - A 2Ô5 (en tête un signe en forme d'H) — B 179 — C 212 — POR xxviii, 57 — BOS II, xvn, 5o — FAU 11, 34ç, — HAV xxtv, 40 — MOL 11. 102.

— ' A1 de penser que le salut part des formalités.

539~540. — Sur une même feuille, A 265 (recto).

539. A 265 — B 1 80 — C 2 1 3 — Manquait dans POR, <; été insérée ensuite au chapitre xxix — BOS II, xvn. 70 — FAU 11, 377 — HAV xxiv, 60 — MOL ti. 36.

FAU, HAV y soudent la pensée 54.2, mais elle n'est ni sur la même feuille ni écrite de la même plume, et n'a aucun signe de renvoi.

— ' FAU de tout. == 2 A' chaque devrait s'aimer. ' FAU. HAV membre devait.

540. A 265 — B 180 — C 2i3 — FAU 11, 377 — HAV xxv, ig5 — MOL 1, 188.

— ' A1 pour Dieu : ils ne considéraient — A2 HAV pour Dieu, n'espéraient.

- A1 que de Dieu : quand ils (illisible).

541. — A 265 - B 182 — C 21 5 — FAU 11. <ji — HAV x\v, 3o — MOI. 1. 291,

Si les pieds et les mains avaient une volonté particulière, jamais ils ne seraient dans leur ordre qu'en soumettant cette volonté particulière à la volonté première, qui gouverne le corps entier. Hors de là. ils sont dans le désordre et dans le malheur: mais, en ne voulant que le bien du corps, ils font leur propre bien.

Prophéties 1. — Le sceptre ne fut point interrompu par la captivité de Babylone, à cause que le retour était promis et prédit. Gen., xlix. io ; Jér., xxix, 14.

Préface. — [1] Les preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes, et si impliquées, qu'elles frappent peu; et, quand cela servirait à quelques-uns, cela ne servirait que pendant l'instant qu'ils voient cette démonstration, mais, une heure après, ils craignent de s'être trompés. « Quod curiositate cognoveri[n]t 1, superbia amiserunt. » [Aug.]

[2] C'est ce que produit la connaissance de Dieu qui se tire sans Jésus-Christ, qui est de communiquer sans médiateur 2 avec le Dieu qu'on a connu sans médiateur; au lieu que ceux qui ont connu Dieu par médiateur connaissent leur misère.

542. A 265 — B 182 — C 2i5 — Manquait dans POR, a été ensuite

insérée au chapitre xxix — F" AU 11, 377 — HAV xxiv, 60 — MOL 11, 36.

Réuni par FAU et HAV à 53g.

543. A 2Ô5 tune petite croix en tétei — B 171 — C 204 — POR xvi,

6 — BOS II, xii, 6 — FAU 11. 274 — MOL 1, 1 88.

— ' MOL supprime le titre.

544. A 2Ô5 (sur un morceau de papier, coupé postérieurement en deux)

— B 85 — C 1 12 — POR xx, 2 — BOS II. xv, 2 — FAU n, 114 — HAV x, 5 — MOL 1, 1 3g.

HAV v joint arbitrairement la pensée gig (§ g à 1 /).

— ' A. MOL cognoverit. - A1 communiquer avec le Dieu (sans médiateur : en surcharge).

— HAV pour la citation renvoie à S' Augustin, /. v, p. 683,: >.< Quantum propinquaverunt intelliyentia, tantum superbia recesscrunt. »

La seule religion contre la { nature, contre le sens commun, contre nos plaisirs, est la seule qui ait toujours été.

Du péché originel l. Tradition ample du péché originel selon les JuifSc - [i] Sur le mot de la Genèse (viii [21]) : « La composition du cœur de l'homme est mauvaise dès son enfance. » — R. Moïse Haddarschan : Ce mauvais levain est mis dans l'homme dès l'heure où il est formé. — Massechet Succa : Ce mauvais levain a sept noms 2 dans l'Ecriture : il est appelé « mal », «prépuce 3», « immonde », «ennemi», «scandale», « cœur de pierre», « aquilon » ; tout cela signifie la malignité qui est cachée et empreinte dans le cœur de l'homme. — L2] Misdrasch Tillim dit la même chose et que Dieu délivrera la bonne nature de l'homme de la mauvaise. — [3] Cette malignité se renouvelle tous les jours contre l'homme, comme il est écrit Ps. xxvn : « L'impie observe le juste, et cherche à le 4 faire mourir, mais Dieu ne l'abandonnera point » : cette malignité tente le cœur de l'homme en cette vie et l'accusera en l'autre : tout cela se trouve dans le Talmud.

[4] Misdrach Tillim sur le Ps. iv : « Frémissez et vous ne pécherez point » :

frémissez et épouvantez votre concupiscence et elle ne vous induira point à pécher ;

- et sur le Ps. xxxvi : « L'impie a dit dans son cœur : que la crainte de Dieu ne

soit point devant moi », c'est-à-dire que la malignité naturelle à l'homme a dit

cela à l'impie.

[5] Misdrach el Kohelet : « Meilleur est l'enfant pauvre et sage que le roi vieux et fol qui ne sait pas prévoir l'avenir. » (Ecclés., iv, i3) : l'enfant est la vertu, et le roi est la malignité de l'homme: elle est appelée5 roi, parce que les membres lui obéissent, et vieux parce qu'il est dans le cœur de l'homme depuis

Page 1