‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 22 sur 299 · LXXX1I · texte numérisé non relu

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serait évidemment absurde de ne pas réunir les deux tronçons de la pensée : lorsque nous en rencontrerons un. nous irons chercher l'autre ou les autres. el nous publierons, à cette place, la pensée dans son entier: après quoi, nous recommencerons à suivre l'ordre du registre.

Les mêmes règles s'appliquent aux pensées qui nous viennent soit des copies, soit des éditions; nous les prendrons au fur et à mesure qu'elles se présenteront, sans les classer, sans les souder, sans les séparer abitrairement.

Ainsi, la personne de l'éditeur s'efface, et le lecteur a sous les yeux les notes de Pascal, dans le désordre où il les a laissées l, et où les a trouvées Port-Royal.

Posséder toutes les pensées, et les posséder dans leur confusion originale, cela est donc indispensable à qui veut étudier et comprendre l'ouvrage de Pascal : mais cela n'est point suffisant : il importe encore d'en connaître exactement le degré d'authenticité. Et c'est bien clair. Si l'on veut prouver que telle ou telle idée a place dans son système, il serait fâcheux de s'apercevoir que la pensée où on la trouve nous a été conservée uniquement par l'édition de Port-Royal : on sait que Port-Royal, alors même qu'il ne l'eût pas voulu, a été obligé de supprimer ou d'atténuer un certain nombre de passages *: et d'ailleurs, de son plein gré, il a fait subir au texte original ces mutilations et ces transformatiorîs que Cousin a si vivement dénoncées : il y a même ajouté. 11 se pourrait donc faire que la pensée en question fût précisément une de celles qui ont été retouchées : et alors, nous serions exposés à prêter à Pascal les idées d'Arnauld. ou de Nicole, ou du duc de Roannez. Si l'on veut étudier le style de Pascal, il serait fâcheux de choisir un des morceaux que Bossut a publiés sans en indiquer la source : rien ne nous prouve qu'il ne les a pas lui aussi «corrigés»: et alors notre démonstration tomberait à faux et notre admiration se tromperait d'adresse. Pour éviter de telles erreurs, il ne suffit pas d'indiquer au bas des pages ou a. la fin du volume la source de chaque pensée : on peut oublier de s'y reporter. Il faudrait que l'aspect extérieur de la pensée même mit le lecteur en garde, et lui évitât jusqu'à la tentation de s'égarer. Je distinguerai donc les différents degrés d'authenticité par des caractères différents.

1 Si d'ailleurs on désire se reporter aux pensées qui traitent d'un même sujet, rien n'est plus facile. Les tables de concordance qui sont placées à la fin du volume indiquent quelles sont les pensées que les précédents éditeurs ont crues relatives au même sujet.

- Pour ne pas rompre la « Paix de l'Eglise ».

Mais il faut d*abord rappeler quelles sont les sources des Pensées de Pascal '.

A) Manuscrit.

i° La plupart (1-881) nous ont été conservées par le manuscrit autographe (Bibliothèque nationale, f. franc. N" g. 202) dont j'ai déjà parlé.

B) Copies.

2" D'autres se trouvent dans la première copie (Bibl. nat.. f. franc. 9,2o3). Cette copie a probablement été faite à Port-Royal même, pour préparer la première édition. Elle reproduit le ms. 9,202 dans un autre ordre qui n'est guère plus satisfaisant, avec les notes et les corrections de Port-Royal. Cependant, elle n'en contient pas tous les morceaux: en revanche, on y lit des fragments qui manquent maintenant dans le ms. original (882-960: et 174. § 2; 258. § 3: 388, S 3 : 428, § 2 ; 345, ^ 23-29 : 507, g 2 ; 546, § 8).

3° Une seconde copie (Bibl. nat., f. franc. 12,449) dérive vraisemblablement de la première, et suit le même ordre, sauf quelques transpositions de cahier. On a relié à la fin les copies de diverses pièces concernant la vie de Pascal (affaire Saint-Ange, polémique avec le P. Noël, etc.). Quelques-unes des pensées de la précédente copie (170, 451, 583, 913, 941) manquent dans celle-ci, mais elle contient quelques fragments qui manquent dans la première (396, 517, 656) ou même dans le manuscrit (961-963).

40 Faugère a a publié quelques pensées d'après le deuxième des manuscrits du P. Guerrier, qu'il a eus entre les mains (964-973).

-5" 11 en a pris une (974), dans les portefeuilles du médecin Vaillant (Bibl. nat., f. franc. 17,044-17,058).

6° Il en a emprunté une autre (975) à un manuscrit petit in-8", qui a appartenu à Sainte-Beuve.

7° Un manuscrit de Troyes (Mémoires sur la vie de M. Pascal) ne lui a fourni qu'une pensée (967) qui d'ailleurs lui était déjà connue.

Q Editions.

8° Les éditions de Port-Royal offrent quelques pensées dont le texte original et les copies sont également perdus (976-985).

9° L'édition Bossut en a ajouté quatre autres, sans en indiquer la source. qui reste inconnue (986-989).

10" L'édition Faugère en donne une (d'après « la copie ») que je n'ai pas retrouvée dans les manuscrits ni dans les éditions (990).

1 Cf. Y Introduction de l'édition Faugère, t. I, pp. \i\ \\\.

- Je reproduis d'après Faugère les pensées qu'il a tirées de cette copie, et des suivantes.

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